DEUIL, LARMES ET RECUEILLEMENT

DEUIL, LARMES ET RECUEILLEMENT Nous en avons donné les raisons, nous ne nous rendrons pas aux manifestations de « l’Union Nationale ». Croyez-vous pour autant que nous soyons moins affectés que la moyenne des français par les évènements de ces derniers jours ? Nous sommes resté chez nous pour pleurer et souffrir, graves dans le recueillement. C’est notre manière à nous de rendre hommage aux victimes. Nous sommes en deuil. Nous avons perdu des « amis ». Car oui, nous avions de la sympathie, fut-elle parfois agacée, pour ces dessinateurs et chroniqueurs qui nous ont bien fait rire parfois. Notre exigence de vérité est trop grande pour que nous la travestissions avec des formules dithyrambiques et des sentiments feints. Nous ne voulons pas compter parmi « les vivants » faux-culs pour qui « les morts sont tous des braves types » qui n’avaient que des qualités. Contrairement à ceux qui les ont projetés au Walhalla de la démocratie et de la « libre expression », probablement pour dissimuler dans l’ombres des géants proclamés, leurs petitesse à eux, nous ne leur reconnaissons pas le titre de héros. L’acharnement et l’obstination ne sont pas des qualités distinctives de la bravoure mais plutôt de la crânerie, les véritables « valeureux » ne sont pas ceux qui s’exposent inutilement au danger. La mauvaise évaluation du risque n’est pas une marque d’héroïsme. Mais pourquoi diantre aurions-nous besoin de les proclamer « héros » ? Serait-ce leur faire offense que de les préférer hommes ? Avec leurs grandeurs et leurs petitesses avec leurs illuminations et leur part d’ombre. S’étaient des hommes libres et irrévérencieux. Oui, ils « étaient Charlie » ! Non ils n’avaient pas toujours raison, non nous ne sommes pas obséquieusement Charlie. Ne suffit-il pas de dire que ce qu’ils avaient à dire avec leur humour et leur provocation, ils avaient pleinement le droit de le dire et que nul n’avait le droit de vouloir les faire taire, encore moins de les assassiner. Telle est notre part de vérité, simple, humaine et terrestre. Elle suffit à nous remplir d’ire pour les assassins et de sanglots pour nos « amis » morts sur l’autel de la connerie humaine. Notre humilité est trop réelle pour que nous prétendions détenir autre chose que cette part de vérité qui est une petite part de la vérité générale. Mais elle est bien assez grande pour nous garder d’adhérer à « la vérité officielle, qui enfle travestie et déforme la réalité pour s’approprier l’évènement et instrumentalise leur martyr ». Dimanche 11 janvier 2015.

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