ILS NOUS EMMERDENT LES AYATOLLAHS DE L’ÉCOLOGIE(Dédié à Ségolène Royal) « Quand vous serez bien vieille au soir, à la chandelle, assise auprès du feu… ». C’est en feux que l’on recensait autrefois la population du royaume, et d’où croyez-vous que nous vient l’expression « la chaleur du foyer » ? L’âtre est un des ressorts essentiel de notre culture. C’est par le feu et autour de lui que s’est allumée l’âme humaine. Et il y a des gens assez fous, assez déshumanisé pour vouloir l’éteindre, interdire à leurs contemporains de se réchauffer corps et cœur au feu de bois Et les avez-vous écoutés ? Ce n’est qu’un début, ils ont des idées derrière la tête, après les cheminées à feux ouverts en région parisienne ce sont les feux d’écobuages qu’ils visent à interdire, et bien sûr un peu après, pourquoi s’arrêteraient-ils là, « tous les feux du royaume », et pourquoi pas les feux de la Saint-Jean et ceux de nos amis Gitans ? Voilà une économie capitaliste délirante qui bétonne et goudronne nos contrées, détruits nos petites routes ombragées, emprisonne nos rivières, pollue et pompe nos nappes phréatiques, épuise les ressources naturelles de notre bonne Cybèle, déverse une cataracte de déchets non dégradables, plastiques métaux lourds, qui « déforeste », rase les montagne à la recherche de Nikel de diamants ou d’uranium, fractionne les roches de nos sous-sols à la recherche de gaz de schiste, produit une masse titanesque de CO2 dans une frénésie de transports aussi inutiles que désordonnés, et c’est le feu de bois, l’âme crépitante du foyer qui est mis hors la loi. N’ont-ils vraiment rien d’autre à faire nos prétendus écologistes que de violer notre intimité et d’éteindre notre humanité ? Le feu de bois serait, est, admettons-le sans détour, producteur de particules fines » et responsable à 23 % de la pollution atmosphérique. Et alors ! Et la respiration humaine, et animale, et même végétale, ne produisent-elles pas du CO2, ce fameux gaz à effet de serre ? Pour autant doit-on arrêter de respirer et faire cesser toute vie animale et végétale sur la planète ? Sans compter que le bois est une énergie renouvelable, et du point de vue du bilan écologique global, il m’apparait mille fois préférable au nucléaire ».et même probablement au « photo voltaïque grand consommateur de métaux rares. Mais ils ont un argument massue, de ceux qui sont censés faire taire toute contestation : Ils sont parvenus semble-t-il à distinguer les particules fines des feux de bois des autres particules de la même classe et à évaluer l’incidence particulière de celles-là sur notre espérance de vie : Six mois de moins. Six mois de moins, non de vie, mais d’hypothétique « espérance » de vie. Mais que voulez-vous donc qu’on en fasse de votre gratification de six mois d’espérance d’une vieillesse que votre bêtise nous promet triste et glacée où nous n’aurions pas même la douceur de réchauffer nos vieux os à la chaleur d’un âtre familier, où nous n’aurions pas même la joie simple de faire encore un peu crépiter notre cœur à l’unisson d’un feu de bois, où nous serions interdits de faire briller encore un peu nos regards affadis aux reflets de la flamme chatoyante ? Les particules fines du feu de bois réduisent notre espérance de vie de six mois, mais n’avez-vous jamais songé, de combien plus la réduisent vos oukases délirantes, les cauchemars et l’anxiété que vous nous imposez ? On meurt d’accident du travail ou de la route, on meurt de nos plaisirs ou de nos passions en mer en montagne ou dans le ventre de la terre, on meurt d’amour, on meurt de manger de boire et de baiser, de chagrin, et parfois même de joie ou de trop rire. On meurt des guerres idiotes de l’avidité, on meurt surtout de faim et de soif, de misère de fatigue où d’anxiété. En peu de mots : on meurt de vivre. La vie, a dit très philosophiquement et fort judicieusement un humoriste, est une longue maladie dont l’issue est toujours fatale. Alors, messieurs les écologistes, vous avez déjà bien des sujets sociétaux vraiment sérieux à la solution desquels vous consacrer. Cessez de vouloir éteindre nos instants de bonheurs, de grâce « laissez-nous vivre en paix en attendant la mort. »* Mercredi 10 décembre 2014.* Saillie humoristique de Pierre Desproges
