REPONSE A YVAN BLOT (A propos de l’affaire Jouyet/Fillon)

RÉPONSE A IVAN BLOT (A propos de l’affaire Jouyet/Fillon) Ivan Blot qui s’exprime sur le site web de la radio « la voix de la Russie » échafaude un raisonnement extrêmement complexe et alambiqué pour en arriver à la conclusion que « L’opération Jouyet, en apparence tournée contre Fillon, qui est une victime « collatérale », est en réalité tournée contre Sarkozy. ».Analyse ou propagande ? Dans l’esprit compliqué d’Yvan Blot, l’affaire Jouyet/Fillon, devient donc, non pas un « coup à trois » comme nous l’avons-nous même caractérisé, mais à cinq ou six bandes. L’Élysée aurait piégé Fillon afin de l’éliminer pour que les électeurs fillonistes se reportent sur Juppé car en renforçant Juppé ils affaibliraient Sarkozy: « La présidence de la République avait toutes les raisons de vouloir compromettre Fillon. » Affirme l’auteur. Et sur le même ton péremptoire il poursuit « Éliminer Fillon, c’est renforcer Juppé », « Sarkozy le seul homme qui fait peur à l’Élysée ». Toutes choses qui restent à prouver. En commençant par la candidature de François hollande en 2017, à sa propre succession, qu’Ivan Blot tient pour acquise et qui est en vérité à l’heure présente une hypothèse bien improbable. Tout ce raisonnement ne tient pas debout. 1) Ainsi, la Présidence de la république, pour nuire à Sarkozy aurait commencé par dégager sa route vers la reconquête en éliminant un de ses adversaires les plus acharnés et pugnace ? 2) Si Elle voulait atteindre Sarkozy, qu’avait-elle à faire « la présidence » d’éliminer Fillon ? 3) Avec toutes les casseroles judiciaires que traine Sarkozy ce n’était diantre pas si difficile. N’avait-elle pas, la présidence, des moyens plus directs et tellement moins alambiqués d’atteindre « la cible », en accédant par exemple aux doléances que Jouyet prête à Fillon ? Il suffisait de poser les trois questions ci-dessus pour mettre en lumière l’absurdité de l’échafaudage « logique » d’Ivan Blot. Mais pourquoi, et comment, un intellectuel imminent en arrive-t-il à se fourvoyer ainsi ? C’est qu’Ivan Blot, dans l’article cité n’a pas fait œuvre de journaliste ni d’enquêteur, mais un travail de propagande. Il n’a pas analysé les faits, il a voulu leur faire dire ce qu’il lui convenait de dire. La discussion est close. L’essentiel a été dit et ceux qui n’aiment pas les articles trop long pourront s’arrêter là, ils sont suffisamment édifiés. Pour ceux qui souhaitent creuser le sujet d’avantage nous ajouterons les considérations qui suivent.Soyons sérieux Afin d’étayer ses improbables conjectures Ivan Blot recours à de simples présomptions : « Juppé étant UMP mais situé au centre ne peut guère prendre de voix à Marine Le Pen lors de la future élection » et, « si l’on part du principe que les électeurs de Fillon sont d’abord anti sarkozistes (ce qui n’est pas sûr), alors on peut parier que si Fillon disparait, ils se reporteront sur Juppé qui pourrait ainsi gagner la primaire de l’UMP ». Peut-être, ou peut-être pas. « Ce que souhaitent les socialistes ». Encore une fois, cela reste à prouver. Ainsi, toujours selon monsieur Blot, « le président Hollande a tout intérêt à ce que le Front National soit au plus haut et devant le candidat de l’UMP. Il peut rêver à un futur combat entre le candidat socialiste et Marine dont il sortirait vainqueur. Avec Sarkozy positionné plus à droite, disons « au centre de la droite », ce schéma ne fonctionne plus. » Cette construction à ce stade est « abracadabrantesque ». Ivan Blot fait « un copié-collé » de la configuration de 2002. Nous ne sommes plus en 2002. Si Marine Le Pen était qualifiée pour le deuxième tour en 2017, elle ne resterait pas comme son père en 2002 à son score du premier tour. Elle ferait 30, 35, voire 40 % des suffrages, ce qui propulserait de toute façon le FN à une place stratégique incontournable sur l’échiquier politique national, remettrait en question le fonctionnement de l’alternance politique en disqualifiant l’UMP dans ce rôle, et annulerait « le bipartisme » concomitant à celle-ci. C’est donc la constitution de la 5ème République qui s’en trouverait ébranlée. Je ne suis pas sûr (je suis même sûr du contraire) que ni Hollande ni quiconque des cadres de l’UMP ou du PS ne souhaite cela. Sans compter que la supposition même qu’un duel Hollande Marine Le Pen tournerait nécessairement à l’avantage de Hollande à l’instar de ce qui s’était produit en 2002 avec le duel Chirac Jean-Marie Le Pen, relève de la simple supputation et pourrait conduire à une prise de risque digne de l’apprenti sorcier. Nous le répétons, nous ne sommes plus en 2002. Le délitement social actuel peut produire des effets inattendus Comment ne pas envisager, au moins comme hypothèse de travail, qu’en entrant dans l’ordre des « probabilités réalisables » l’accession de Marine Le Pen à la Présidence ne serait pas de nature à rebattre totalement les cartes, suscitant un va-tout d’une fraction décisive du corps électoral ? Quant à la préférence supposée de l’Élysée pour Juppé contre Sarkozy qui serait sa hantise, elle est elle-même seulement fantasmé. Nous sommes en mesure de lui opposer d’autres arguments qui infirment totalement cette hypothèse, et sont même de nature à accréditer le contraire. Il se pourrait en effet que « la présidence », par-delà même le lieu « du déjeuner » et le secrétaire général de l’Élysée, soit impliquée dans cette affaire. Mais dans ce cas ce serait pour de toutes autres raisons que celles qu’invoque Yvan Blot. Il se serait agi, et c’est bien plus limpide ainsi, d’éliminer Fillon pour dégager la route de Sarkozy supposé apte, sinon à siphonner les voix de Marine Le Pen, à tout le moins à contenir l’hémorragie de celles de l’UMP vers le FN, limitant ainsi le risque que se reproduise une configuration semblable à celle de 2002. Mais d’autres considérations de politique internationale et de diplomatie pourraient également expliquer la volonté, en ce cas supposée, de remettre Sarkozy en selle. Il y a quelques mois, Fillon, Juppé et Raffarin firent connaitre leur différence en matière de politique internationale en regrettant le suivisme de la France à l’égard des USA, qu’ils attribuaient « malicieusement » à la responsabilité du seul François Hollande. Il est dès lors probable que l’administration américaine, afin d’assurer la continuité de la politique internationale de la France alignée sur la sienne, souhaitent favoriser le retour éventuel de « leur valet bien dévoué Nicolas Sarkozy » plutôt que de risquer la résurgence d’un positionnement « Gaullien » de la diplomatie Française qui pourrait tenter Juppé ou Fillon. Samedi 15 novembre 2014.

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