LA SUPERCHERIE DE « L’ÉCHEC » Nous avons entendu ces jours-ci, la jolie petite musique du « mea-culpa ». Ce fut d’abord par l’organe du ministre du travail François Rebsamen : « Soyons honnêtes: nous sommes en échec », avait-il déclaré vendredi dernier lors d’un un entretien au Parisien. Il réagissait ainsi à l’annonce d’un nouveau record du chômage, 3,43 millions de demandeurs d’emploi, en septembre, en métropole. (Source Libération.fr) Ce fut ensuite par le relais du premier Ministre : « Il faut toujours dire la vérité aux Français ». « Quand on a plusieurs millions de chômeurs depuis des années, on constate malheureusement qu’on n’a pas réussi à changer cette donne », reconnaissait encore Manuel Vallsa ce mercredi 29 octobre sur RTL ». (Source HufigtonPost) Et voilà que mercredi, sur « France 2 » le « valet de pied syndicaliste » du pouvoir, pour le nommer, Laurent Berger, secrétaire Général de la CFDT, y est allé lui aussi de son petit couplet, comme ses maitres l’y ont autorisé : «On peut parler d’échec quand il y a 5 millions de chômeurs», « L’échec est d’autant plus incontestable que François Hollande avait lui-même promis, à de multiples reprises en 2012 et 2013, qu’il réussirait à «inverser la courbe du chômage» avant la fin de l’année dernière. Le chef de l’État avait même érigé cet engagement en totem et gage de la réussite de sa politique économique. Raté. L’inversion tant répétée ne s’est pas produite. » Telle est la conclusion en forme de sentence, dont nous laissons l’entière responsabilité à Marc Landré qui s’exprime dans « Le Figaro ». Serait-ils devenus humbles ? L’exécutif français reconnaitrait-il vraiment son échec en matière de « lutte contre le chômage » ? L’échec, c’est l’échec, cela peut arriver aux plus malins d’entre tous. Admettre son échec est dons une posture d’humilité qui vaut à ceux qui y sacrifie la bienveillance de leurs contemporains et disposent ces derniers à les absoudre de leurs fautes. Mais en la circonstance, cette nouvelle posture adoptée par l’exécutif à la mi-mandat du président de la république, pourrait bien être autre chose que ce qu’elle prétend être. Quand on mène une politique et que l’on reconnait véritablement son échec, c’est que l’on admet l’échec de sa politique. Or, dans le même temps, où pour s’attirer l’indulgence des Français, l’exécutif « reconnait son échec » il affirme pourtant, par la voix de son ministre du travail, que la même politique sera maintenue et poursuivit : François Rebsamen, qui a reconnu samedi «un échec» en matière de chômage depuis le début du quinquennat de François Hollande, « reste convaincu que la politique choisie est «adaptée à la situation économique» et «portera ses fruits» (HufintonPost) D’où il convient de conclure que «l’explication » de la hausse persistante du chômage par «l’échec supposé de la politique du gouvernement, à quoi Marc Landré apporte la caution du Figaro, n’est en vérité qu’une « posture », une supercherie, une ‘feinte » pour mettre la politique du gouvernement à couvert d’une critique plus radicale qui s’impose. Il n’y a pas la moindre ombre d’échec dans la politique de ce gouvernement. Au contraire. Cette politique produit au-delà de toute espérance, exactement les effets escomptés, ceux que l’on devait et pouvait en attendre, comme en a maintes fois prévenu « Le Front de Gauche », nous-mêmes et quelques autres. La politique de « compétitivité » qui implique la contraction de la part salariale dans le revenu national, est une politique « récessioniste » qui en provoquant la rétraction de la demande intérieure ne pouvait qu’induire la chute d’activité et la destruction massive des emplois. Ce n’est donc pas d’échec, mais bien de victoire que devrait se prévaloir le gouvernement, ou le Président. Mais ils devraient en ce cas reconnaitre ouvertement que « la lutte contre le chômage » est bien le cadet de leurs soucis. Qu’en prétendant mener pareille lutte, en déclarant à maintes reprises, contre l’évidence que la courbe du chômage allait s’inverser, ils ont délibérément voulu tromper les français, qu’il ont menti effrontément, qu’ils se fichent de nous. D’ailleurs, dans le temps même où il dit qu’il ne faut jamais mentir aux Français, ce que fait Manuel Valls n’est-ce pas récidiver et signer, qui énonce un nouveau mensonge en parlant « d’échec » de la « lutte contre le chômage » quand il sait pertinemment qu’il ne s’agit que des conséquences induites d’une politique pleinement assumée. ? Il est en effet plus aisée, et d’une certaine manière, plus valorisant, d’affecter de reconnaitre un échec, sans changer de cap par ailleurs, que de déclarer que l’on s’est comportés comme des goujats. Samedi 8 novembre 2014.
