LES COMBATS DE LA DÉMOCRATIE RÉACTIONNAIRE. Place Tarhir, place Maidan, « quartier de l’Amirality » cela ne vous dit-il pas quelque chose ? Du Caire à Hong Kong en passant par Benghazi Damas et Kiev, le scénario est toujours le même. La main noire derrière toujours la même, celle de l’Amérique impériale. A l’heure où la Chine resserre ses liens politiques, économiques et militaires avec la Russie, l’Empire d’Occident lui fait connaître qu’il a à son endroit aussi des capacités de nuisance. Manière « élégante » de lui signifier de se « tenir » tranquille. Hong Kong, pensez, un ancien « comptoir » britannique, un siècle de présence anglaise ça laisse des traces et des liens, donc des moyens d’actions. « L’agrainage », comme toujours, une jeunesse « dorée » occidentalisée, des I-phones et internet. La revendication ? Non pas du travail, non pas de meilleurs salaires, non pas de bonnes conditions de travail et une bonne couverture sociale, non pas la réduction des inégalités, non pas la démocratie sociale qui associerait la plus large fraction possible du peuple à la gestion d’une économie raisonnée et d’une société solidaire, mais la démocratie tout court, la démocratie occidentale, la « DEMOCRATIE » quoi ! Un mot…. Un mot ! Un mot ? Un mot d’ordre en vérité, un slogan, une banderole, un étendard, un de ces machins quoi, derrière ou dessous lesquels on enrôle les peuples pour les conduire sur des chemins qui ne sont pas les leurs. Qu’y-a-t-il derrière le mot ? La démocratie est une méthode de gouvernement ce n’est pas un modèle social. La démocratie Athénienne était la méthode de gouvernement d’un modèle social fondé sur l’esclavage. Les démocraties dites modernes, sont les méthodes de gouvernement d’un modèle social fondé sur le capitalisme libre échangiste. N’est-ce pas un paradoxe, cette démocratie capitaliste dont le crédo actuel est généralement l’élection du chef de l’État au suffrage universel s’accommode très bien pourtant de la Monarchie qui en est l’antithèse, au Royaume-Uni ou en Espagne ? La démocratie capitaliste qui a connu des évolutions depuis deux siècles, de « parlementaire » est devenue la plus part du temps « Présidentielle ». Or, la « démos.. cratie » si l’on s’y fit, se devrait-être le gouvernement du peuple par le peuple. Le gouvernement ! C’est à dire la participation active du peuple à l’élaboration et à l’application de la décision politique. Pas seulement une consultation épisodique, par laquelle le peuple se défait en vérité de sa souveraineté supposée, pour élire un président ou un premier ministre qui gouverne, certes pas vraiment seul, pas sans contrôles, mais en tout cas pas sous le contrôle du peuple qui dès lors qu’il l’a élu n’a plus aucune prise sur lui. Cette démocratie « présidentialiste » qui est la véritable forme actuelle dominante de « la démocratie occidentale » s’apparente en vérité à « une dictature élective ». Et c’est pour ce « modèle politique », pour cette démocratie idiote que se mobilisent des fractions de la jeunesse en maints endroits dans le monde ? Cela n’a pas de sens. Les chevaliers de la « démocratie occidentale » sont en vérité, surtout et avant tout les chevaliers du capitalisme « libéral », ce modèle économique inégalitaire et mortifère, qui sont disposés à marcher sur les têtes de leurs frères et amis pour se faire leur place au soleil. Ceux-là ont bien compris que « la démocratie occidentale idiote » est le meilleur outil politique pour pérenniser l’état de chose existant. Leur lutte, leur engagement, qu’ils en soient conscients ou non, est dédiée au règne sans partage de la finance internationale sur la vie sociale et politique. Leur combat est un combat rétrograde pour la « démocratie réactionnaire » Est-ce à dire, en ce qui nous concerne, que nous sommes contre la « démocratie » ? Non ! Nous venons de le l’écrire, nous sommes contre « la démocratie idiote », nous sommes contre « la dictature élective qu’est en vérité la démocratie « présidentialiste ». Nous sommes contre la démocratie comme justification des desseins réactionnaires de certains groupes sociaux. Nous sommes contre, par exemple, cette prétendue démocratie qui entends faire prendre les vessies pour des lanternes, qui mobilise des peuples arabes pour leur faire abattre leurs trois seuls régimes laïques et se ranger sous l’étendard de l’Islam radical aux ordres des Monarchies pétrolières réactionnaires pour verser en définitive dans une guerre de religion archaïque ; Sunnites contre chiites. Mais nous sommes bien entendu pour la démocratie, la vraie, celle qui ne peut exister tant que les peuples ne sont pas devenus les maitres de leurs destins. Or, les peuples ne seront pas maitres de leurs destins tant que le capitalisme « libéral’, c’est-à-dire en l’état, la haute finance internationale, gardera la haute main sur nos sociétés. Il ne peut y avoir en effet de gouvernement de tout le peuple pour le peuple, dans une société dont la finalité est de servir les seuls intérêts particuliers de quelques-uns. C’est pourquoi le combat à l’ordre du jour n’est pas celui de la « Démocratie » avec un grand « D », celui-là est un combat réactionnaire, nous ne le partageons pas d’avantage à Hong Kong que nous ne l’avons partagé à Kiev ou Benghazi. Le combat à l’ordre du jour est celui de la révolution sociale qui rendra sa souveraineté au peuple en expropriant le capital financier. Dimanche 19 octobre 2014.
