DE "BRAVES TYPES" QUI N’Y SONT POUR RIEN

DE « BRAVES TYPES » QUI N’Y SONT POUR RIEN Leurs alliés et pourvoyeurs d’hier, ceux qui les ont recrutés, entrainés, armés, financés, pour porter la guerre et la désolation en Syrie contre le régime laïque de Bachar Al Assad, se sont retournés contre eux et jurent de les anéantir. Ils n’ont pas supporté semble-t-il que ces « supplétifs » puissent poursuivre leur propre dessein dans la guerre. Alors, acculés, les « chiens de guerre arabes de l’Occident » se rebiffent contre leurs maitres et les mordent durement. Une cinquième décapitation d’un ressortissant occidental a eu lieu récemment, et tout indique qu’il y en aura d’autres. Mais les « Maitres occidentaux », pas déstabilisés du tout, expliquent froidement qu’ils n’y sont pour rien si ces chiens ont la rage et s’il faut les tuer Une des raisons qui explique la radicalisation soudaine du triumvirat impérialiste (USA, France, Royaume-Uni) à l’endroit de l’Etat Islamique et des Djihadistes occidentaux, est certes la crainte de l’effet boomerang pour la sécurité intérieure de « nos Etats ». Mais attention, pas seulement tout de même. L’aubaine ainsi offerte de s’emparer à ce prétexte du contrôle d’une partie du territoire syrien, et laquelle, d’importante production pétrolière, zone tampon stratégique au demeurant, s’appuyant sur les frontières irakienne et turque, n’en est pas la moindre des motivations. Or, l’effet boomerang redouté a déjà commencé, ce sont ces décapitations qui se succèdent et qui finiront par déstabiliser les opinions occidentales qui pour l’instant ce sont serrées autour des pouvoirs. D’autant qu’il y a un autre boomerang qui nous revient avec des risques plus inattendus encore, car celui-ci est à double effet. C’est celui du retour des Djihadistes occidentaux dans leur pays d’origine. Boomerang double effet, le danger terroriste intérieur déjà bien identifié, mais aussi le plaidoyer des djihadistes, qui ne saurait manquer de mettre à mal les plus hautes instances politiques de « nos pays ». L’État laïque du Baas irakien, sous la direction de Saddam Hussein était plutôt puissant et prospère avant 1991. Lui aussi, qui avait rendu un insigne service à l’occident et aux monarchies arabes en tétanisant la révolution iranienne dans les marécages de Bassorah, avait eu tort de revendiquer le prix de ses sacrifices et d’imaginer pouvoir, à ce titre, faire valoir ses propres exigences. C’est pourquoi, quand elle n’eut plus besoin de lui la coalition des bandits occidentaux décida de l’exterminer.L’Égypte laïque nécessiteuse vivait sous la férule d’un régime autoritaire, allié des États-Unis, dont la justification essentielle, tant à l’interne que sur le plan international, était la nécessité de garder sous contrôle « les frères musulmans ». Confrontée aux inimités extérieures et devant assurer la cohésion d’une « nation puzzle » héritage d’un passé tribal, le régime avait sans nul doute acquis des travers autoritaires. La Libye prospère n’en vivait pas moins en paix sous le régime de la « Jamahiriya » création de la révolution de 1969, conduite par « son guide » Mouammar Kadhafi. La Syrie Laïque, prospère et stable vivait également en paix et brillait par son passé historique millénaire et l’équilibre multiconfessionnel qui la caractérise. Pires que les éléphants d’Hannibal Dévalant les Alpes en direction de Rome, Plus terrible que les huns d’Attila frappés de grâce devant la sainteté de Rome, les ostrogoths de l’Occident « démocratique » d’aujourd’hui, ont fichu « le souk partout », renversés, humiliés ou tués les chefs d’États, leurs amis de la veille parfois, renversés les régimes bousculés les équilibres précaires, porté la discorde et la désolation partout, le feu et le fer de la guerre. L’Irak ravagé par la guerre américaine et la résistance à l’occupation puis la guerre civile, vit à l’heure d’une partition ethnique et confessionnelle de fait dans laquelle s’affronte les trois communautés Chiites, Kurde et Sunnite Après une parenthèse « démocratique » improbable l’Égypte qui en est revenu à ses fondamentaux vit à présent sous la schlague d’une dictature militaire bien plus dure et sanglante que la précédente. La Libye vit à l’heure du cahot politique administratif et militaire sans précédents. Depuis trois ans la Syrie est déchirée par une guerre extérieure repeinte en guerre civile, qui a occasionné déjà des centaines de milliers de morts et des destructions considérables. Alors, dans ce chaos, des hommes et des femmes se radicalisent, retournent leurs armes, leur foi et leurs haines contre les maitres qui les ont instrumentalisés et trompés Mais les dirigeants occidentaux, droits dans leurs bottes, vous le diront sans sourciller et sans honte, eux n’y sont pour rien. Ils ont stigmatisé le chef de l’Etat Syrien, lui ont intimé l’ordre de quitter le pouvoir. Ont contesté sa légitimité comme s’il leur revenait à eux de décider pour le peuple Syrien qui est apte à le représenter. Ils ont laborieusement « modelé » le CNS eux-mêmes ont investi leur créature de leur propre« légalité » internationale », l’ont reconnu enfin « comme seul représentant du peuple Syrien », et conséquemment frappé d’anathème le régime de Bachar Al Assad dès-lors réputé illégal. Ils ont qualifié le chef de l’Etat Syrien de criminel de guerre, d’assassin de son peuple, ont promis de le traduire devant le TPI, l’ont traité de « gazeur » l’ont menacé, souhaité ouvertement sa mort, attenté plusieurs fois à sa vie. Ont clairement soutenue la guerre et prêchée « la croisade » contre ce « tyran sanguinaire » dont ils avaient fait le portrait eux-mêmes, et pour la conduite de celle-ci n’ont pas rechigné à faire feu de tout bois, à enrôler les combattants Djihadistes réputés de facto « combattants de la démocratie ». De tout temps la jeunesse, émotive et sanguine, ce sont ses attributs, disponible pour embrasser les causes du moment, a été le carburant de tous les combats de l’histoire. Alors que penser de ces cyniques « faux-culs » qui ayant prêchée la croisade » anti Bachar, font mine à présent de s’étonner que de jeunes « croisés » un peu partout dans le monde, aient répondu à leurs appels ? Des jeunes gens se sont dressés contre « l’ennemi », qu’on leur avait désigné, se sont engagés dans cette guerre où les appelaient les voix du sang arabe, celle d’Allah et la caution morale de l’Occident « démocratique ». Dans toute l’Europe et ailleurs, garçons et filles ils ont entendues ces voix tonitruantes ou subliminales qui chantaient l’éloge du combat. Mais à présent les « va-t-en-guerre », les pousse au crime, les chefs d’États occidentaux qui ont justifié « la croisade démocratique » nient toute responsabilité dans cette affaire, voudraient nous faire croire à la seule responsabilité d’un Islam dévoyé, d’imams radicalisés, aux conséquences d’un phénomène hors contrôle « d’embrigadement sectaire » d’une jeunesse mentalement faible. Tel sera le plaidoyer des djihadistes, tel sera le second effet boomerang inattendu, tel sera leur système de défense imparable : Messieurs Hollande, Fabius et Bernard Henri Lévy, diront-ils, vous avez prêché la guerre « contre le tyran de Damas », nous sommes allé la faire. Aurez-vous vraiment l’indécence à présent de nous reprocher d’avoir prolonger vos paroles par nos actes ? Mardi 7 octobre 2014.

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