LES MOUSQUETAIRES DE LA DROITE INVENTENT : « LA GAUCHE MALGRÉ ELLE » Le mécontentement grandit dans le pays et la côte de popularité de François Hollande est au plancher. A défaut d’une véritable opposition à la gauche du gouvernement, c’est le « Front National qui engrange les bénéfices électoraux de la grogne populaire. La situation devient dangereuse, alors on assiste à des grandes manœuvres politiciennes dont la finalité, au-delà de leurs affirmations propres, est de canaliser la colère qui monte dans les voies institutionnelles et de protéger la fonction présidentielle et les institutions de la 5ème République ? Le front de gauche englué dans ses contradictions internes peine à s’imposer comme une véritable opposition au gouvernement, cela ouvre une fenêtre au tandem Hamon/Montebourg qui tente dés lors d’incarner cette gauche de la gauche. Cela explique aussi le tonitruant retour des trois leaders de « la droite institutionnelle qui s’efforcent de restaurer, coute que coute, la « confrontation » « droite gauche » nécessaire au bon fonctionnement de l’Alternance. François Hollande a fixé l’objectif de 50 milliards d’économies ce qui implique une politique d’austérité sans précédent, et comme priorité celle de la compétitivité des entreprises. A ceux dans les couches populaires et à gauche qui seraient tentés de dire que cela est trop, les mousquetaires de la droite, arrogants et provocateurs, répondent « que nenni ! Ce n’est pas assez ». François Fillon veut 110 milliards d’économies en cinq ans, et la suppression de 600 000 fonctionnaires, la remise en cause « du droit du sol » et la mise en liquidation de la « loi des 35 heures ». Recul de l’âge de la retraite à 65 ans, dégressivité des allocations chômage, mais : augmentation de 3, 75 % des taux supérieurs de la TVA pour financer une nouvelle baisse de 50 milliards des charges des entreprises, augmentation de l’impôt sur les ménages et baisse de l’impôt sur les sociétés, la suppression de la taxe à 75 % et celle de « l’impôt sur la fortune ». Alors Sarkozy rentre en scène, et que propose-t-il le bougre ? « Le recul de l’âge de départ à la retraites, 63 ans rapidement », Ce qui signifie que ce n’est qu’une étape vers les 65 ans ou plus comme Fillon. Il « souhaite revenir au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite» dans toute la fonction publique, nationale, territoriale et hospitalière », ce qui équivaut à l’objectif des 600 000 postes à supprimer selon le même Fillon. Il propose que « d’ici à cinq ans, il ne soit plus possible de consacrer plus de 50% du PIB à la dépense publique. Ce qui est une manière « faux-cul » de fixer sans le chiffrer le même niveau « d’économies drastiques ». Et bien entendu la même méthode de liquidation de la loi des 35 heures par de prétendues négociations d’entreprises. Et voilà Zorro, l’homme providentiel que « le système est en train de nous fabriquer », Alain Juppé pour ne pas le nommer, qui va sauver « la droite » de la déroute, et la France de la banqueroute. Et que propose-t-il tant le troisième compère ? La même bouillie que les deux précédents bien sûr. »Sortir du carcan » des 35 heures », « réductions des dépenses publiques : arriver à 50% du PIB annuel en 5 ans, contre 55% aujourd’hui » Pour atteindre cet objectif il veut bien sûr agir « sur les dépenses sociales » et annonce qu’il veut réduire les allocations chômage ». Affirme qu’il ne remplacera pas un fonctionnaire sur deux. » (Source « Nouvel Observateur »). Cela ne ressemble-t-il pas, jusque dans la forme, aux « propositions » de Sarkozy elles-mêmes sœurs jumelles des « propositions » de François Fillon ? En fait chacun hausse le ton à sa manière. Ne se doivent-ils pas de prouver qu’ils sont, les uns et les autres, vraiment « à droite » quand « la gauche » fait de manière cynique, une brutale politique de droite libérale décomplexée ? Comme « la cohabitation politique » autrefois, la dérive ultra-libérale « de la gauche » d’aujourd’hui confine à « la confusion des genres » (comme disaitt Raymond Barre.). Il faut clarifier, différencier « le sexe des choses ». 50 milliards d’économies c’est sans le moindre doute l’austérité brutale, une vrai politique de droite agressive, une calamité sociale. Mais comparé aux 110 milliards qu’annonce Fillon, ne n’apparait-elle pas comme « une douce politique « de gauche ? N’est-ce pas leur intention cachée de rendre service au président de la République de leurrer la critique à sa gauche en la fixant sur les leaders de la droite ? N’est-ce pas rendre service à l’alternance politique et aux institutions, que de démontrer par la fuite en avant et la surenchère antisociale à quel point la politique de Hollande est encore « de gauche » malgré tout ? Lundi 6 octobre 2014.
