NON PAS DES CASQUES BLEUS, DES ARMES POUR GAZA

NON PAS DES CASQUES BLEUS,DES ARMES POUR GAZA Chacun a en mémoire les interventions multiples de l’indigne BHL (Bernard Henri lobbies) réclamant que l’on donne des armes à la rébellion libyenne, à l’opposition syrienne ou aux putschistes pro-européen de la place Maidan de Kiev. Chacun se souviens que « la France » très officielle, celle des pouvoirs publics, le Président de la république en personne, ont justifié les livraisons d’armes, voire l’aide directe en conseillés militaires, couverture aérienne ou troupes au sol, aux insurgés de Benghazi, de Syrie et d’ailleurs. Mais les mêmes, que proposent-ils comme aide à la résistance palestinienne ? De l’aide humanitaire pour atténuer leurs souffrances en « crevant », des aides financières pour reconstruire partiellement leurs habitations que les Israéliens détruiront à nouveaux dans 6 mois ou deux ans. Le droit d’insurrection contre l’injustice et l’oppression est le droit le plus sacré et le plus inaliénable des peuples. Il n’est inscrit dans aucune loi sinon celle de la conscience humaine. Or, n’a-t-on jamais vu plus grande injustice et plus horrible sort que ceux que fait Israël avec l’appui sans réserve des USA, au peuple palestinien et particulièrement à celui de Gaza ? Chassés de leurs terres et de leur sol en 1947, étrangers, indésirables dans leur propre pays ou citoyens de deuxième zone pour ceux qui sont restés, humiliés, brimés. Niés dans leur existence nationale, reniés et insultés dans leur combat pour la reconnaissance et la dignité, maintes fois déboutés de leurs droits par une prétendue « communauté internationale », livrés sans armes à la disposition territoriale de leur ennemi, frappés, enfermés comme des bêtes dans le stalag de Gaza, sous la surveillance des miradors électroniques de leurs gardes chiourmes israéliens, sous le joug d’un siège inhumain, régulièrement écrasés sous le feu massif des armes les plus sophistiquées, eux qui n’ont pour armes que des pierres et des roquettes artisanales. Eh bien, que voit-on, qu’entend-on ? Le hurlement de douleur et de rage des hommes de bonne volonté qui réclament des armes pour ce peuple martyrs ? Non pas. Dans leur lettre ouverte, dont nous avons parlé hier, à l’indigne Président de la France, les trois ex premiers ministres, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon, lui suggèrent de demander par exemple : « la réunion sans délai d’un conseil européen extraordinaire, et proposer à l’ordre du jour de réaffirmer l’exigence d’un cessez-le-feu et d’un programme humanitaire pour les Palestiniens de Gaza, le déblocage immédiat d’un programme massif d’aide humanitaire aux populations déplacées en Irak, le soutien aux frappes américaines contre les djihadistes irakiens, une politique collective de fourniture d’armes aux combattants kurdes qui constituent le seul rempart contre le massacre des chrétiens d’Irak… » De l’aide humanitaire bien sûr, mais aussi, surtout, des armes pour les combattants kurdes. Des armes pour les kurdes, mais pas pour les palestiniens, pas pour Gaza. Ces derniers devront se satisfaire d’aide humanitaire et s’accommoder « d’un cessez le feu » éventuel. Qu’est-ce que le cessez le feu ? La cessation, ou au moins la suspension du juste combat de ce peuple. Notre trio de Premiers ministres exige ainsi que l’on donne aux kurdes les moyens de poursuivre leur combat dans le temps même où, le cœur plein de compassion et les yeux pleins de larmes ils veulent intimer au peuple palestinien l’ordre de cesser le leur. Or, le peuple palestinien a aussi des amis probablement véritables, mais inconséquents, qui s’indignent du sort qui lui est fait et veulent le protéger, non l’aider à atteindre les fins de son combat. De plusieurs horizons des pétitions circulent actuellement pour demander l’interposition des casques bleus. Les casques bleus ? Ces soldats sous mandat de l’ONU ? L’ONU, vous savez « ce machin » qui depuis soixante ans n’a jamais exigé le respect de ses propres résolutions par l’État d’Israël. Ce machin, qui a nié à chaque étape les droits les plus élémentaires du peuple palestinien. Cet organe à la disposition de ses pires ennemis, comment pourrait-il être tout à coup, et par quel enchantement, garant d’une solution équitable ? Demander l’interposition de l’ONU, n’est-ce pas demander l’introduction du loup dans la bergerie ? L’interposition des casques bleus, ça n’est pas le soutien à son inégal et pathétique combat, c’est vouloir le finir sans la satisfaction des revendications nationales palestiniennes. Le cessez le feu, les casques bleus, c’est du même tonneau. C’est vouloir interdire aux palestiniens la poursuite de leur juste lutte. Voilà pourquoi, madame Nassimah Dindar (*) je ne signerai pas la pétition que vous avez initiée. Depuis des mois on a vu des tas de gens de divers horizons politiques, de droite surtout, des philosophes crépusculaires, des responsables politiques de tous niveaux, jusqu’au plus élevé, revendiquer des armes pour les Djihadistes Libyen Syrien, les fascistes ukrainiens, et les kurdes plus récemment. Ceux-là auront ils l’outrecuidance de nous reprocher à nous d’en réclamer pour la Palestine ? Tout peuple a le droit de se battre pour son existence et sa dignité. S’il est un peuple, s’il est un combat actuel qui mérite qu’on le soutienne sans limite et qu’on l’arme, n’est-ce pas celui du « petit grand peuple de Palestine » ? Non Madame et messieurs les défenseurs inconséquents de la cause palestinienne ce ne sont pas des casques bleus mais des armes qu’il faut à Gaza. Patrick Seignon. Vendredi 15 août 2014. * Présidente du Conseil général de La Réunion. Présidente de la Fédération UDI de La Réunion

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