DIPLOMATIE ET VULCANOLOGIE A propos de la lettre ouverte de 3 anciens Premiers ministres à un Président 1 – Satisfécit Nous ne pouvons être que satisfaits de la lettre ouverte que Messieurs Juppé Raffarin et Fillon viennent d’adresser à François Hollande, et qui a été publiée par le journal « Le Monde ». Satisfaits, puisque les trois anciens premiers ministres, faisant suite à l’initiative de Dominique De Villepin, autre ancien premier ministre de la France, y dénoncent le suivisme de la politique étrangère de notre pays. Que nous dénonçons nous même depuis 2007. 2 Réprimandes Depuis 2007 ?….. Messieurs Juppé Raffarin et Fillon, petite vacherie et grande mauvaise foi, écrivent-eux : « Depuis deux ans, la politique étrangère française oscille au Proche-Orient entre passivité et suivisme. » Ils ont raison, et nous venons de le dire, nous les approuvons, ils se grandissent, quand ils dénoncent le suivisme de la France. Mais ils rétrécissent et s’avilissent quand ils datent ce cours de deux ans seulement. Ils revêtent leur détestable costume de petits politiciens véreux, quand ils veulent ainsi mettre à l’abri de la critique, l’ère Sarkozy, et surtout l’UMP et eux même qui ont servi sa politique. Car l’alignement de la diplomatie Française, son suivisme, ne date pas de deux ans, date de l’élection de François Hollande, mais bien de neuf ans, date de l’élection de Nicolas Sarkozy. C’est lui, « la rupture » souvenez-vous, qui a rompu avec le cours gaullien de la politique internationale et surtout Moyen-Orientale, de la France, réintégrée celle-ci dans le commandement de l’OTAN, fait allégeance à l’Empire planétaire d’Occident. Messieurs Juppé Raffarin et Fillon, qui dénoncent avec raison, « le suivisme » de la France, se gardent pourtant, l’avez-vous remarqué, de préciser à l’égard de qui ou de quoi. Là aussi ils font preuve de frilosité à moins que ça ne soit de petitesse. La politique étrangère de la France a été alignée sur celle des Etats-Unis, et cela a commencé en 2006, lorsque Nicolas Sarkozy, alors Ministre d’Etat de Jacques Chirac et candidat à la présidence de la République, en voyage aux USA, c’est autorisé à regretter en public, en présence de « son ami » G W Bush, que la France ne se soit pas jointe en 2003 à la coalition américaine contre l’Irak. Par soucis de la stabilité des institutions de la 5ème république et de survie de l’UMP et du bipartisme à la française, notre trio de premier ministres a alors collé et soutenue, le « Président Sarkozy » ne rechignant pas à avaler les couleuvres successives. Est-ce la raison pour laquelle ils veulent faire l’impasse sur cette période ? Messieurs Juppé, Raffarin et Fillon, se rendent coupable d’une autre vilenie. Avec le « suivisme » ils dénoncent « la passivité » de la France. Or cela est une menterie inouïe. Certes en tant que Grande Nation indépendante exerçant une diplomatie singulière, la France ne s’est pas manifestée, mais cela est la cause de « son suivisme » non de sa passivité. Comme nation mercenaire aux ordres des Etats-Unis, çà n’est pas par sa passivité que la France c’est signalée, mais bien par « sa suractivité ». Intervention militaire en Côte d’Ivoire pour démettre le président Gbagbo, Action militaire en Libye pour détruire la Jamahiriya et assassiner le colonel Kadhafi, soutien très actif à l’opposition armée en Syrie, soutien actif et même initiatique au coup d’Etat fasciste en Ukraine, interventions au Mali et en Centre Afrique. 3 – Méritoire malgré tout La lettre ouverte de ses messieurs a un autre mérite dont nous nous félicitons. Quoique dans la foulée elle s’autorise une autre bassesse intellectuelle en oubliant celui ouvert en Libye, elle évoque « des cratères » ouverts « en Syrie, et « en « Irak », Des « cratères » un mot fort, une métaphore terrifiante qui évoque un phénomène catastrophique incontrôlable. La vraie secousse systémique qui allait activer toute la chaine des volcans du Moyen et Proche-Orient a eu lieu en 2003, ce fut l’expédition de la coalition américaine contre l’Irak de Saddam Hussein. Ce sont Jacques Chirac et Dominique de Villepin alors son ministre des affaires étrangères, en ce temps, qui eurent raison de refuser d’embarquer la France dans cette Galère. Et se furent Nicolas Sarkozy et à sa suite François Hollande, qui eurent infiniment tort de se départir de ce cours gaullien de la diplomatie Française pour adopter celui servile et dangereux d’auxiliaire de la politique internationale américaine. Mais en parlant de « cratères », en suggérant l’éruption, le Vésuve et « Pompéi » en danger, la troïka des ex recours à une dramaturgie qui met l’accent sur les réalités, et plus qu’à la diplomatie des valets de pied de l’Empire Américain, en appelle à la conscience des français pour stopper dans leur course folle en avant, ceux qui conduisent la France au banc des nations. Jeudi 14 août 2014.
