NICOLAS LE JUSTICIABLE, REVIENDRA ? REVIENDRA PAS ? C’était lui, souvenez-vous, qui dans les années 2006 2007 disait, plein de la morgue qui le caractérise et visant alors Jacques Chirac qui l’avait fait plusieurs fois ministre, qu’un président de la République devait-être un justiciable comme les autres. Juste retour des choses, le voilà à son tour accusé. Nicolas Sarkozy en garde à vue. C’est le seul bien fait que nous lui reconnaissons à cette heure où l’assommoir footballistique envahie les médias audio-visuels, d’avoir eu le mérite, bien indépendant de sa volonté il est vrai, de lui ravir la manchette deux jours durant. Quant à « l’humiliation » dont il se dit victime, c’est ainsi qu’il interprète « sa garde à vue », a t’il songé un instant aux milliers de citoyens qu’il a ainsi humiliés, lui, le ministre de l’intérieur sous les auspices duquel le nombre des gardes à vues avait explosé, avec à la clé des pratiques effectivement humiliantes et indignes. Lui a-t-on infligé le même régime : à poils jambes écartées et un doigt dans le cul ? J’en doute fort. Alors, de quoi se plaint-il ? « C’est de l’acharnement », voudrez nous convaincre ses sbires et lui-même. L’argumentaire nous laisse goguenards. Malgré les nuages qui s’amoncellent et lui promettent un grain pire qu’à Gravelotte pour le cas où il persisterait dans ses rêves de retour, ses sbires, sa garde rapprochée, et lui-même le confirme ce soir, semblent s’accrocher à ce rêve fou, il reviendra, c’est de l’acharnement, cela ne l’empêchera pas de revenir. Or, il suffit de se poser la question, mais qui donc ne veut pas du retour de Nicolas Sarkozy, qui s’acharne, qui lui dédie toutes ces peaux de bananes ? Ils insinuent eux, c’est une forme d’ultime politesse, qu’il s’agit de manigances politiques venues de l’Elysée ou du PS. Mais ils savent fort bien et chacun l’a compris, que c’est de ses propres rangs, au plus haut niveau, que viennent ces estocades. Elles viennent de ceux qui sont candidats eux-mêmes à la candidature et qui jugent que Sarko a fait son temps et que son retour éventuel serait une promesse de défaite en 2017 pour l’UMP. Et dès-lors que l’on a posé la question ainsi et qu’on lui a faite la réponse qui s’impose, il est aisé de se ranger à l’avis que son retour est d’ores et déjà exclu, et cela en vérité depuis bien longtemps. Ce sont à n’en pas douter, les Juppé Fillon et Raffarin qui entendent neutraliser ce chien fou dont ils ne veulent pas dans leur jeu de quilles. Comment voudriez-vous, avec de tels obstacles qu’il ne puisse jamais revenir ? A « lavoiedessansvoix » nous ne sommes pas le moins du monde décontenancés. Voilà bien longtemps déjà, à peine l’idée de son retour avait-elle été évoquée pour la première fois, nous avions écrit immédiatement que cela n’était que foutaise et ne se produirait pas (Sarko sauveur ou fossoyeur ?). Mais ils s’obstinent, ils insistent, il reviendra, en sauveur. Croyez-vous qu’ils y croient eux-mêmes vraiment ? Non, bien entendu. Ils font semblant de s’accrocher à cette idée en espérant que la perspective d’un retour et les conséquences néfastes qui s’en suivraient pour eux, soit de nature à tempérer les ardeurs des juges. En vérité, parlant du retour en politique de Nicolas Sarkozy ancien président de la République, ses défenseurs ne songent qu’à la défense juridique de leur maitre, Nicolas Sarkozy, le justiciable. 2 juillet 2014.
