UN PLAIDOYER FACTICE Allain Jules informait le 13 mai 2014 : « Strasbourg, opération antidjihadiste autorisée. Syrie, opération antidjihadiste critiquée » « Des membres du RAID et du GIPN ont interpellé, mardi 13 mai, dans le quartier de la Meinau, à Strasbourg, entre cinq et dix jeunes hommes, soupçonnés d’avoir gagné la Syrie en 2013 avec l’intention d’y mener le djihad. Il aurait été préférable qu’ils restent sur place ? Sans doute. Comment peut-on interpeller ces combattants de la liberté ? Mystère et boule de gomme… » Si nous étions avocat, voilà ce que nous dirions au prétoire pour la défense de nos clients djihadistes. Monsieur le Président ! Autorisez-nous à souligner d’abord ce paradoxe : les autorités françaises tracassent ceux qui en sont revenus et n’a barrée la route à aucun de ceux qui y sont parti. Permettez-nous surtout, monsieur le président du tribunal de nous adresser depuis cette tribune, à un autre président « le président de tous les présidents », n’avez-vous pas dit vous-même qu’il fallait chasser Bachar el Assad du pouvoir ? N’avez-vous pas décliné les mêmes exigences insanes maintes fois sous diverses formes ? Vous l’avez dit, c’est donc bien que vous le souhaitiez, et comme ce n’est pas vous ni vos soldats qui alliez le faire, ne faut-il pas en déduire, si vous le disiez ainsi à son de trompes, que vous souhaitiez que d’autres vous entendent et s’en charge ? Mais alors, comment pouvez-vous après ça poursuivre ceux qui sont allé faire le « boulot » sur le terrain ? « Ce n’était pas à des éléments extérieurs, mais aux Syriens eux-mêmes de faire ce travail, ce n’était pas l’affaire des djihadistes mais celle de l’opposition démocratique syrienne. » suggéreriez-vous peut-être. Menteurs ! Horribles menteurs, serions-nous alors contraints de répondre indignés. Homme cynique, sans foi ni loi et ni sans cœur. Vous savez bien que sans nous, les djihadistes, la guerre allumée en Syrie se fut éteinte avant six mois. La guerre que vous vouliez, prêchiez, souteniez, armez, financiez, qui vous a justifier (à votre sens) de traiter Bachar al Assad de tyran ; d’assassin de son peuple, de gazeur, la guerre qui vous a permis de vêtir l’habit de censeur international et vous a donné l’occasion que vous n’avez pas prise en définitive d’intervenir militairement en Syrie, cette guerre a été faite par nous. Et c’est nous que vous poursuivez ? Honte à vous ! Mauvais employeurs, traitres, salauds. C’est nous que vous traitez de « Terroristes » ? Si votre prétendue opposition démocratique, la vue de votre esprit, avait fait le même boulot aurait-ce été moins du terrorisme ? Si vos soldats à vous et à vos complices Américains étaient allés finir le boulot à notre place, en quoi aurait-ce été moins du terrorisme ? Mais ne nous appelez-vous pas « terroristes » parce que vous craigniez surtout qu’après nous avoir manipulés et utilisés dans votre sale guerre nous ne retournions contre vous notre hargne, notre humiliation et notre savoir-faire militaire acquis en Syrie ? Monsieur Fabius, « ministre de la guerre », l’a dit avant-hier à la Maison Blanche, il regrette que l’intervention franco-américaine à laquelle vous aviez pourtant fourni le prétexte « béton » mensonger des prétendues attaques chimiques de Bachar Al Assad, n’ait pas eu lieu. Monsieur Fabius, l’homme aux apparences urbaines et polies, un foudre de guerre qui regrette que des destructions plus massives encore n’aient pas eu lieu, que des milliers d’autres victimes civiles n’est pas été ajoutées à la liste déjà longue des victimes de cette guerre honteuse, que le monde n’ait pas été précipité au bord du gouffre d’une conflagration régionale destructrice ? Bon, vous l’avez compris, il n’est pas en vérité dans nos intentions de prendre la défense de ces adolescents ou jeunes adultes immatures qui se sont faits les instruments d’une cause condamnable. Notre propos est surtout de mettre en accusation leurs inspirateurs, les « irresponsables » politiques, auxquels il ne faut pas permettre de se défausser, sur des exécutants et des lampistes, des fautes lourdes et des crimes qui leur incombent.Mardi 14 mai 2014.
