POUR GAGNER PLUS, PAYEZ-VOUS VOUS-MÊME ! Les députés ont voté « la confiance » à Manuel Valls. Çà n’est pas un scoop, mais un évènement des plus ordinaires sous la 5ème République. « La majorité présidentielle », comme son nom l’indique, étant « majoritaire » à la chambre, transforme l’exercice « du vote de confiance » en une simple formalité. Sauf crise grave, ce qui ne s’est encore jamais produit, les choses sont en vérité écrites d’avance. Il n’y a que deux choses intéressantes à retenir de l’exercice. La première est que tous les députés « verts » n’ont pas votés la confiance. Ce qui veut dire tout de même que certains l’on fait au mépris de tous leurs principes. La deuxième est, et s’est probablement le plus important, que les dix députés du « parti de Gauche » ont refusé la confiance. Peut-être est-ce le début de la rupture, que « la voie des sans voix » appelle de ses vœux, entre le Parti de Gauche et le pouvoir prétendument de Gauche ? Lors de sa prestation Manuel Valls a promis une augmentation du SMIC, 42 euros mensuels. « Il est malade le fou, ça va déstabiliser le système et provoquer les faillites en chaine de nombreuses petites et moyennes entreprises. » Que nenni, restez serein ! Ça ne va rien provoquer du tout. Marchant toujours dans les pas de Sarkozy, Manuel Valls fait dans l’ordure et le cynisme. Comme une réplique à la célèbre formule de son Mentor : « travailler plus pour gagner plus », il vient d’inventer son propre « adage », « pour gagner plus payez-vous vous-même ! ». La masse salariale n’augmente pas. L’augmentation du SMIC est réduite tout autant à un leurre, une insanité ou une arnaque. Il ne s’agit pas en vérité d’augmentation du SMIC, le salaire brut reste le même, mais d’augmentation du « net » perçu par le salarié. La part, des cotisations sociales que paye le salarié, sera réduite. C’est donc avec leurs propres cotisations sociales que les salariés sont invités à financer eux même « la progression » de leurs salaires. « Payez-vous vous-mêmes ! » Mais ce que l’histoire ne dit pas c’est ce qui advient au bout du compte. Ils nous rebattent sans cesse les oreilles avec « le déséquilibre des comptes », voire « les trous abyssaux » de trésorerie de la Sécurité Sociale, et comme remède ils ne trouvent rien mieux que de réduire sans cesse les recettes que sont les « charges patronales » et voilà qu’à présent ils réduisent aussi les cotisations salariales. Mais qui donc va payer les dépenses de santé ? Ils vont les réduire ? En renchérissant et limitant l’accès aux soins ? Et c’est qui au bout du compte qui en fera les frais ? Payez-vous vous-même avec votre santé. Mercredi 9 avril 2014.
