ARRÊTE TON CHAR BEN-HUR ! Nous avons voulu dire avant-hier soir, notre indignation et notre colère en réaction à l’innommable réponse de François Hollande, à la sanction électorale des français. Nous vous livrons aujourd’hui une réflexion plus approfondie sur celle-ci, son sens réel et sa perversion nécessaire par le personnel du « système ». * Les électeurs du deuxième tour du scrutin municipal, n’ont pas voulu brouiller le message limpide du premier par « un sursaut électoral, comme disent « les spécialistes », qui eut permis aux responsables politique visés de « botter en touche ». Le message est donc cinglant : les électeurs sont fort mécontents, en colère, pourrait-on aviser même, contre le président de la République et le « parti au pouvoir » et de façon plus générale, contre le « système », c’est-à-dire le bipartisme l’alternance et tous les partis de gouvernement qui entrent dans ce moule. Le message est cinglant, est-il clair pour autant ? Bien sûr qu’il est, pour le commun des mortels. Mais pas tant que ça pour les politiciens véreux et félons dont l’art et la manière est de tout embrouiller, souiller, pervertir. Polluer l’eau limpide de l’expression populaire , c’est même à leur sens la première des exigences, afin de pouvoir, prétextant qu’ils ont compris et jurant leurs grands Dieux » qu’ils vont donner la réponse adéquate, aller exactement où ils veulent en se fichant des électeurs. L’opération d’embrouillaminis en ce cas, débute le jour même du scrutin, lors de la traditionnelle soirée électorale télévisée. Voici quelques exemples criant de ce travail dont l’objet est de souiller l’eau limpide du message des électeurs pour en faire un jus insalubre de la couleur du marc de café, dans lequel ils liront ce qu’il leur convient de lire : – Ségolène Royal :« à l’issue du 2nd tour des élections municipales. « Il faut un changement de rythme, il faut que les résultats soient au rendez-vous ». Ce qui traduit de la langue de bois signifie que l’orientation est bonne, que ce n’est pas elle qui génère le mécontentement, mais « ces fichus résultats qui se font attendre ». – Jean-Marc Ayrault :« Le président tirera les enseignements de ce scrutin, il le fera dans l’intérêt de la France. Ce soir, c’est bien l’intérêt de la France qui doit être la préoccupation de chacune et de chacun d’entre nous ». L’intérêt de la France ? Oui mais laquelle, celles des milliardaires et de la haute finance qui prospèrent ou celle du peuple qui geint ? – Manuel Valls ; « Ce soir, les Français ont dit leur attente de résultats, en matière d’emploi et de pouvoir d’achat ». Vous remarquerez l’extrême proximité entre la réaction du Ministre de l’intérieur et celle de Ségolène Royal. Elles sont du même tonneau. L’orientation n’est pas en cause. Ce sont les résultats qui se font attendre. Cela signifie qu’il faut aller toujours dans la même direction, plus vite et plus fort, pour obtenir des résultats – Pierre Moscovici, ministre de l’Économie a estimé que le gouvernement devait « mettre en œuvre le pacte de responsabilité » tout en entendant le « message de justice sociale » exprimé dans les urnes dimanche » Or, le pacte de responsabilité qui est une agression massive contre la masse salariale distribuée est précisément génératrice de la pire injustice sociale. La justice sociale dont parle « Pierre Faux-cul », n’est donc qu’un saupoudrage verbeux pour tenter faire oublier qu’il vient de revendiquer son contraire. – Jean-François Copé : « a estimé également que François Hollande devait « absolument changer de politique ». Ce changement doit porter sur « le plan fiscal, la lutte contre le chômage et (…) la précarité » et il faut aussi « qu’il retire la réforme pénale de Mme Taubira qui sera une catastrophe pour la délinquance, ainsi que la réforme des rythmes scolaires ». (sources, « les échos.fr ») Nous doutons fort que la réforme pénale de Madame Taubira, ni d’ailleurs les rythmes scolaires n’aient grand-chose à voir avec la sanction électorale des dimanches 23 et 30 mars. Quant au changement de politique dans la bouche de Copé, chacun devine aisément qu’il s’agit rien moins que d’une version aggravée de l’orientation actuelle. Toutes ces réactions laissent bien présager, elles la préparent, elles lui ouvrent la voie, ce que sera au final la sentence du « Deus ex machina » du « système politique Français, le Président de la république.Celle-ci est en effet tombée, lundi soir à 20 heures. Quand les électeurs populaires dans l’arène électorale hurlent à s’époumoner: « arrête ton char Ben-Hur ! » Ben-Hur répond dédaigneux et cynique: « j’ai bien entendu le message, il faut aller plus vite et plus fort ». Nous avons dit sur le vif toute notre indignation. Il nous eut sans nul doute adressé « un bras d’honneur », ou pourquoi pas « une quenelle », si ces gestes symboliques qui se font à deux bras ne l’avaient obligé à lâcher la bride à son attelage. C’est pourquoi il a opté pour le « crachat à la face des électeurs mécontents ». Vous savez que nous ne sommes pas pour autant surpris. Nous n’en attendions pas moins. N’avions-nous pas écrit : « 4) JE VOUS AI COMPRIS !JE N’EN AI RIEN A « BATTRE. Les équipes dirigeantes ne sont pas sourdes, elles entendent les messages des électeurs. Mais la réponse qu’elles leur font, sont rarement conformes à ce que ceux-ci seraient en droit d’attendre. » (Petit journal de la campagne électorale -27 mars 2014). Depuis, la déclaration de 20 heures de François Hollande, la nomination de Manuel Valls, la formation du nouveau gouvernement, l’ont confirmé au-delà de toute attente : Oui, ils se moquent de vous. Oui, ils se moquent de nous. C’est pourquoi nous ajoutions, le Samedi 29 mars : » Le changement c’est pour bientôt » Par ce vote sanction, les Français n’ont pas dit leur désintérêt pour les affaires publiques, au contraire. Ce qu’ils ont dit c’est leur colère contre le parti au pouvoir et plus généralement contre les partis politiques de gouvernement, et leur dépit à l’endroit du système de l’alternance et du bipartisme qui piège l’expression politique. Les Français n’ont pas supplié les dirigeants en place de « changer de politique », ils se sont mis en quête des moyens de sortir du piège. Et c’est ce qui présage d’une intrusion populaire imminente sur le terrain de la lutte politique directe. » Le vrai changement c’est celui que le peuple fera lui-même. L’heure de la révolte sociale sonne.. 2 Avril 2014.
