PETIT JOURNAL DE CAMPAGNE, ÉLECTORALE1) SYSTÈME : UN MENSONGE DE COMMANDE Les trois faits marquants et majeurs de ce premier tour des municipales sont l’abstention, le recul des candidats du parti au pouvoir, et la progression du front national. Or, Lise Luçet, lundi, au journal de la mi-journée et David Pujadas au 20 heures, s’ingénièrent à nous expliquer que la progression du FN masquait en vérité le vrai fond des choses qui serait la victoire de l’UMP. L’immixtion du front national dans le jeu réglé du bipartisme, menace de gripper la mécanique, pire, de la rendre totalement inopérante. C’est pourquoi il convient aux apologistes et serviteurs du « système » de rétablir à toute force le droit de l’alternance, sa légitimité, selon laquelle le recul de l’un des membres doit nécessairement se traduire par le progrès de l’autre ou inversement. Quand la gauche s’effondre c’est la droite qui doit en tirer bénéfice. Telle est la vérité nécessaire et intangible de l’alternance, et il appartient aux « journalistes patentés » de la faire respecter, fusse en bousculant ou contredisant les constats fondamentaux et le simple bon sens. Je ne l’ai pas entendu, mais on me l’a rapporté, il parait que Jean-Pierre Rafarin a refusé d’abonder dans ce sens. Il aurait dit lui que la sanction électorale visait « le système » et donc aussi l’UMP. 2) CE QU’IL NE FALLAIT PRÉCISÉMENT PAS FAIRE Le « Front de Gauche » s’allie à la liste PS à Avignon, pour faire barrage au « Front National. Les électeurs sanctionnent le PS, et le « Front de Gauche » lui se solidarise avec le PS. Voilà pourquoi précisément le FN progresse. Ceux qui voudraient protester par un vote de gauche ne le peuvent pas, l’opportunité ne leur en est pas offerte. 3) TRAITRE, MENTEUR, SERVILE Et BELLIQUEUXFRAN9OIS HOLLANDE SERAIT-IL EN OUTRE IDIOT ? Ce n’est pas nous, nous ne nous permettrions pas pareille impertinence, ce sont les analystes politiques les plus « sérieux » qui soulèvent cette question. François Hollande nous disent-ils était préparé à un revers électoral aux élections municipales. Oui, bien sûr, vous savez, il connaît la règle, la tradition qui veut qu’à mi-mandat, etc. nous avons traité ce sujet avant-hier. Mais il a été surpris, ajoutent-ils, par le score du « Front National ». Le président de la République, un énarque, ne pouvait donc pas faire cette analyse simple que « la voix des sans voix » elle a faite dès avant son investiture « De nouveaux griefs cumulés, de nouvelles déceptions à l’endroit « de la Gauche » précipiteraient cette fois le FN au centre du jeu politique. »* et réitérée maintes fois depuis dans ces pages ? N’est-ce pas véritablement suggérer qu’il est idiot ? *« Lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon » (15 mai 2012) 4) JE VOUS AI COMPRIS !JE N’EN AI RIEN A « BATTRE ». Les équipes dirigeantes ne sont pas sourdes, elles entendent les messages des électeurs. Mais la réponse qu’elles leur font, sont rarement conformes à ce que ceux-ci seraient en droit d’attendre. Les élections municipales de mars 1983 « marquèrent l’inversion générale du rapport de force électoral. La droite reprit alors à la gauche toutes ses conquêtes des municipales de 1977. »*. Il y a donc trente ans exactement, François Mitterrand tirant à sa manière « les leçons » du premier tour de ce scrutin, disaient ceci ; « la politique engagée depuis le mois de mai1981 est-elle bonne pour la France ? Puisque j’en ai pris la responsabilité il m’appartient de vous répondre et je le ferai sans détour. Oui, cette politique est bonne… » et il ajoutait qu’elle serait maintenue. » * En peu de mots, je vous ai compris, je n’en ai rien « à battre », je continuerai sur ma lancée. Mais n’est-ce pas 30 ans plus tard, exactement ce que François Hollande vient de dire aux Français : « Le gouvernement doit tirer une leçon de ce scrutin municipal, celle de travailler au redressement du pays avec plus de rapidité, plus de force, plus de cohérence et de justice sociale », (Les Echos. 26 mars 2014) * Patrick Seignon, « Social-bonapartisme et classe ouvrière » pages 103 et 104. 5) REMANIEMENT = RE… MANIEMENT. MANIEMENT = MANIPULATION= TRIPATOUILLAGE POLITICIEN François Hollande, nous dit-on, réfléchit à la réponse qu’il doit faire à la sanction électorale. On entend des rumeurs de remaniement. Cette fois, pour sûr, ce ne seront pas que des rumeurs. Il y aura « un profond » remaniement ministériel, pour poursuivre le même cap, la même politique, comme nous venons de voir. Sous la Vème République, c’est ce à quoi ça sert un remaniement, à éluder le sujet, à faire diversion C’est donc avec un « tripatouillage politicien » que François Hollande entend répondre aux sidérales préoccupations et angoisses des français. 6) LES DÉCALÉS Le parti Socialiste appelle à « la mobilisation nationale pour faire barrage au Front National ». Ne serait-il pas mieux avisé, s’il veut vraiment endiguer la progression du FN, d’ appeler le président de la république issu de ses rangs, et le gouvernement dit de « gauche », à changer leur politique de service des intérêts du capital et de la haute finance, pour une politique entièrement tournée vers la satisfaction des besoins populaires. Bon, à la Voie des sans Voix, bien sûr nous ne nous aviserions pas à en faire-de semblables par crainte de passer pour des bénets. Nous ne proposerions pas d’avantage aux électeurs censés de croire en de telles balivernes. La proposition que nous faisons s’adresse, démarche pédagogique, aux militants de la seule base du PS dont la conscience est en décalage total avec le ressenti populaire. 7) « AUX URNES CITOYENS DE GAUCHE ! » « Pour faire barrage au FN. » Tel serait « l’appel » de David Assouline. Le mépris des électeurs et l’aveuglement politicien transpirent dans cette formule. Les électeurs de gauche vous ont sanctionné, parce que vous faites la même politique que la droite, vous êtes de ce fait bien mal qualifié pour en appeler à leur fibre identitaire. Agitant le chiffon rouge du « Front National » vous voudriez échapper au verdict. Gageons qu’ils vous feront payer cette impertinence, et que, si les électeurs que vous hélez ainsi, se rendent aux urnes ce sera pour faire battre au deuxième tour de ces municipales, le plus grands nombre possible de listes du PS. 8) UN CADEAU FISCAL ? Une rumeur se fait entendre depuis aujourd’hui, le Président de la République aurait mis à l’étude « un cadeau fiscal » pour les familles qui souffrent le plus. Comme ça, entre les deux tour des municipales. Une prime pour « acheter des voix » ? C’est honteux, c’est humiliant. « Tenez mon brave, si vous allez voter et mieux, si vous votez pour nous, il y aura 100 euros pour vous. » « Merci notre bon maitre ! » Nous ne voulons pas de cadeau, nous voulons une autre politique fiscale qui fasse payer les riches préférentiellement aux pauvres, nous voulons de vrais emplois et des salaires décents. Mercredi 26 mars 2014.
