LA SANCTION DU PREMIER « ROUND » DES ÉLECTIONS MUNICIPALE La sanction a eu lieu. Elle s’est manifestée par un taux d’abstention record, plus 5 % relativement à 2008, par le recul quasi général des listes et maires sortants PS, à Lille par exemple, bien qu’en tête, Martine Aubry perd 10 points comparativement à 2008. Nous nous réjouissons particulièrement du score médiocre de Jean Germain, maire sortant de Tours, avec 27 % des suffrages seulement. Certains au PS espéraient que le basculement de Marseille leur permettrait d’anesthésier la douleur, c’est une véritable déroute qu’essuie Patrick Mennucci, leur candidat, et il n’est même pas sûr qu’ils parviennent à conserver Paris. Certes, et ce n’est pas ce qui nous réjouit, La sanction, c’est aussi les bons résultats du FN, lequel remporte l’élection dès le premier tour à Hénin-Beaumont et fait des scores de 40 % et plus dans plusieurs villes d’importances, telle que Béziers, Forbach ou Fréjus. On a ouïe les uns et les autres s’alarmer de ces résultats du Front National. Pour les représentants de la majorité gouvernementale PS ce serait à les entendre, plus que leur propre recul électoral, leur véritable grande cause d’inquiétude. Ils entendent faire face de deux façons : 1) en appelant au rassemblement de toute la gauche 2) en appelant au « front républicain » pour faire barrage au FN, là où celui-ci est en mesure de l’emporter. Ce qui en raccourcit revient à appeler au rassemblement de toute la gauche pour voter à droite. Même les imbéciles ne disent pas que des bêtises, et c’est le privilège des gens éclairés de savoir reconnaitre la vérité qui sort de la bouche de l’ignare. Une telle vérité a été le fait hier soir d’Henri Guaino. « Le Front républicain, a-t-il rétorqué à Najat Vallaud-Belkacem, c’est une manière d’afficher son mépris et une fin de non-recevoir aux préoccupations qu’expriment les électeurs plus nombreux du Front National. C’est dire, votre vote ne sert à rien. » En effet, la réponse PS à la sanction électorale, c’est « le Front Républicain ». Ces gens-là ont-ils perdu la raison ? Qu’on en juge. Les électeurs ont émis un vote sanction. Que ? Quoi les électeurs ont-ils voulu sanctionner sinon la politique de la droite faite par ceux qui se disent « la gauche »? Et qu’elle réponse leur fait la prétendue Gauche, quel remède propose-t-elle ? Voter pour la droite. Ils tentent de se rassurer en évoquant le sursaut « traditionnel » du 2ème tour. Cela relève de la méthode Coué. C’est le premier scrutin intermédiaire depuis les « présidentielles-législatives » de 2012, c’est une tradition aux scrutins locaux à mi-mandat de sanctionner le parti au pouvoir ». Mais il y a toujours un sursaut tout aussi « traditionnel » au deuxième tour. Une tradition ? Mais pourquoi donc ? Pourquoi voudriez-vous que par « tradition », par « mode » les français sanctionnent une équipe dirigeante dont ils seraient satisfaits. Non ! S’ils sanctionnent ce n’est pas par tradition mais parce qu’ils sont mécontents. Et si cet état de fait se reproduit régulièrement à chaque demi mandat, c’est parce que à chaque fois, qu’elle que soit l’équipe au pouvoir, de droite ou de gauche, ils ont de nouvelles raisons d’être insatisfaits. Si les français sanctionnent ainsi c’est parce qu’ils élisent des gens qui les flouent et les trahissent systématiquement. L’on pourrait en déduire que ce n’est pas dans la sanction aux scrutins intermédiaires que réside la « tradition » mais dans la trahison systématique des électeurs par ceux qu’ils ont élus. « Je dis aux électeurs, vous vouliez nous sanctionner, c’est fait, nous avons entendu, maintenant mobilisons-nous pour le second tour » propose Benoitement le ministre délégué à l’économie sociale. Comme il y va le bougre ! Mais ce n’est pas comme ça que ça marche. On a qualifié ce scrutin de vote sanction, mais les électeurs qui vous ont sanctionné, ne l’ont pas fait au sens ou le maitre sanctionne le mauvais élève pour qu’il s’amende. Les électeurs qui ont choisi de vous sanctionner n’attendent plus rien de vous. Il ne vous demande pas de vous amender. Ils savent que cela est impossible, que vous êtes les chargés d’affaires des grands patrons et de la haute finance et que c’est aux injonctions de ceux-là que vous obtempérez. Les électeurs ne vous ont pas sanctionné pour que vous appreniez à être meilleurs, mais parce qu’ils sont à la recherche de solutions nouvelles et désirent vous chasser Vous Chasser ? Vous et vos « alter ego » de l’UMP. Ceux-là tentent de noyer le poisson il est vrai. Ils arrivent en tête, il progresse, j’ai même entendu prononcer sur la « 3 » le terme de « vague bleue ». Bon, c’est le PS, le parti au pouvoir qui est en la circonstance sanctionné en tout premier. Les autres voudraient en profiter pour nous faire accroire que la sanction de les concerne pas. Mais la sanction des électeurs ne se réduit pas à une sanction contre François Hollande et le PS, c’est une sanction contre le « système », contre le bipartisme et l’alternance, et donc contre l’UMP tout autant que le PS. C’est avec ce système qu’ils veulent en finir. Et c’est pourquoi, cette fois, il ne doit pas y avoir de « sursaut du deuxième tour ». La sanction cinglante du premier tour de ces municipales 2014 doit trouver son prolongement au deuxième tour, dans le taux d’abstention et par la mise en échec du plus grand nombre possible de listes PS tout d’abord, mais aussi UMP. Le Front National gagne des élus, des mairies, en implantation locales, en audience et en crédibilité. C’est un problème, bien sûr c’est un problème pour le militant ouvrier que je suis. C’est un problème, ce n’est pas le problème. Le problème, c’est la trahison depuis 30 ans des intérêts ouvriers et populaires et des idéaux socialistes. Le problème c’est l’enfermement, consenti par certain, dans le piège du bipartisme et de l’alternance. Le « Front de Gauche » pourrait être une alternative crédible qui chez les électeurs salariés et ouvriers, ferait pièce à la progression du FN. Mais le « Front de Gauche » ne veut pas se positionner clairement comme une opposition irréductible au PS, il reste relié à celui-ci par je ne sais quel lien indissoluble. Alors l’électeur las d’être pris pour une poire par l’UMP et le PS tour à tour, et qui souhaite en finir avec ce jeu pervers, s’interroge, je voterai bien pour Jean-Luc Mélenchon ou Pierre Laurent, mais la voix que je leur donnerai, ceux-ci s’empresseront de la verser, sous couvert « d’Union de la gauche », dans l’escarcelle du PS. Alors que me reste-t-il vraiment sinon l’abstention ou le vote Le Pen ? Lundi 24 mars 2014.
