LES DINDONS DE LA FARCE A propos du référendum en Crimée. Un peuple vote en masse et émet un avis presque unanime, et que trouvent à dire les dirigeants occidentaux ? Que ce référendum est une farce ? Ils insultent le peuple qui vient de s’exprimer. Parce que la prise de pouvoir à Kiev par les fascistes Ukrainiens adoubés par l’Europe libérale et les États-Unis, ce n’était pas une farce ? Parce que le crédo démocratique qui tient lieu de profession de foi à ces clowns, ce n’est pas une farce ? Nous avons écrit ici, de nombreux articles regroupés sous le titre générique « L’Horreur démocratique ». Ceux-ci sont accessibles dans les pages « Forum » de « La Voie Des Sans Voix ». L’article que nous vous proposons aujourd’hui pourra bientôt y figurer en bonne place. Il advient parfois, en effet, que l’horreur tourne à la farce, chacun le sait bien, il y a peu du rire aux larmes, il existe des passerelles inattendues entre Molière et Corneille, entre la tragédie et la comédie. Cela n’est pas vrai d’ailleurs que dans les belles lettres, la vie réelle et l’histoire foisonnent de tels échanges. Les évènements récents qui viennent de s’écrire entre Kiev et Sébastopol nous en donnent un exemple, truculent à merveille. Voilà que le club impérialiste Occidental (USA, France, Royaume-Uni), Un douzième à peine de l’humanité, qui s’affuble lui-même, présomptueusement, du titre révérencieux de « communauté internationale », s’avisa il y a trois ans, de partir, drapeau de la liberté à la baïonnette et au nom de la démocratie, à la reconquête du monde arabo-musulman. Déjà la farce suait par tous les pores de la réalité. Songez que, par je ne sais quel subterfuge, cette « révolution démocratique » qu’ils avaient baptisée « printemps arabe » ne s’en prenait sélectivement, et fort paradoxalement, qu’aux régimes honnis des Anglo-américains et qu’elle épargnait, les alliés des mêmes, les monarchies arabes les plus rétrogrades. La farce, car s’en était une, tourna vite à la tragédie. Le tournant s’opéra en Libye, quand foin de mobilisation populaire c’est le coup de force armé, venu de l’extérieur et soutenu militairement par l’intrusion des puissances occidentales, qui fut investi du joli nom usurpé de « révolution démocratique ». La Russie et la Chine prirent conscience alors qu’elles avaient été flouées et que les prétentions expansionnistes de l’impérialisme américain n’auraient de fin que celle qu’elles y mettraient.Si la Russie et la Chine n’y prenaient garde, la Syrie allait suivre en effet, et l’Iran, le bouclage de la mer Caspienne par les Anglo-américains. Voilà 20 ans que l’impérialisme occidental a entrepris un mouvement de démembrement de l’Empire hérité des Tsars et de la Révolution Russe, et d’encerclement stratégique de la Chine. L’affaire Libyenne a été « la goutte d’eau qui fit déborder le vase de la patience de ces deux grandes puissances. De ce moment elles décidèrent de résister. C’est ainsi, que se heurtant à la fermeté Russe et Chinoise, alliés de l’Iran, la farce démocratique » « du « printemps arabe » devait se noyer définitivement dans le sang de la tragédie Syrienne. Mis en échec en Syrie la « troïka occidentale » dont l’agressivité est sans limites, refusa de s’avouer battue, jouant alors le coup risqué de « la diagonale du fou » elle résolut d’attaquer sur un autre front, en apparence éloigné du théâtre d’action initial. Nonobstant le blocage Moyen-Oriental, elle ouvrit les hostilités sur le flanc Est de la Russie, en Ukraine, en Ukraine de l’Est plus précisément, à Kiev pour être tout à fait exact. Tu nous tiens par la barbichette en Syrie disaient-elles de la sorte à Poutine, prends donc ce coup dans le foie. Car les puissances Occidentales personnalise le débat. Durant presque quinze années la Russie acceptait toutes les humiliations, toutes les agressions. Puis vint Poutine et la Russie voulu réaffirmer son statut de grande puissance. Alors c’est simple, c’est la faute à Poutine. Pour l’atteindre il faut le déstabiliser en l’Humiliant. Bon, et si le coup marche, on pourrait même pousser l’avantage plus loin se disaient-ils. L’Ukraine, c’est l’essentiel des emprises de la « fédération de Russie » sur la Mer noire, c’est Sébastopol, la flotte Russe. S’ingérer en mer noire sous le drapeau Ukrainien, c’est la possibilité de barrer les voies d’approvisionnements et de soutien logistique de la Russie à la Syrie. Et oui mais ! A peine Poutine vit-t-il le mouvement du fou adverse qu’il devina l’intention et protégea sa tour : La Crimée, ce gaillard avant de la Russie dans les mers du sud. Le camp occidental Hurle, ça n’est pas du jeu, ce n’est pas démocratique, c’est illégal, et en dernier ressort donc, « c’est une farce », etc. Je vous le disais, nous voilà revenu au mode de la farce. Mais elle n’est pas du côté que prétendent ceux-là même qui il y a quinze jours soutenaient ouvertement, au nom de « la démocratie », un coup d’État ultra minoritaire conduit par une milice fasciste. Ils hurlent à présent au « lèse démocratie » quand la Crimée, lors d’un référendum avec 86 % de participation, vote à 93,7 % pour son rattachement à la Russie. Le putsch armé serait-il donc devenu tout à coup plus démocratique que le référendum populaire d’auto détermination ? A les entendre, Woodrow Wilson lui-même y perdrait la raison. Où est donc la farce je vous le demande ? La farce c’est eux les clowns tragiques de l’occident, la farce c’est eux et tant pis s’ils en sont les dindons. Lundi 17 mars 2014.
