L’EMPIRE ATTAQUE

L’EMPIRE ATTAQUE Avec l’effondrement de l’URSS au début des années 90, on se souvient que l’on nous a annoncé l’avènement d’un nouvel ordre mondial. De quoi s’agissait-il ? D’un monde unipolaire fondé sur l’hégémonie Américaine. Rien moins en quelque sorte que « l’Empire américain planétaire ». Ce que les Guignols de l’info de « Canal plus » appelèrent fort judicieusement « La World company ». Mais « l’Ordre Nouveau », ne résulterait pas de la seule disparition de l’URSS. Certes cette circonstance laissait les USA seule superpuissance internationale. Mais le monde qui en résultait était toujours celui de la période antérieure, issu des deux guerres Mondiales, de la dislocation des Empires coloniaux, de la guerre froide. Il convenait de refaçonner ce monde-là selon les exigences de la domination américaine. C’est ce qui fut entrepris Sine die, dès 1991, avec la première guerre du Golfe. Elle en annonçait de nombreuses autres. Particulièrement une guerre d’abaissement de l’Iran, dès lors que l’Irak, puissance régionale arabe avait été elle-même rabaissée.. Les attentats de New-York de 2001, furent le prétexte approprié pour le déclenchement, sous le signe de la « guerre au terrorisme » d’une vaste offensive de « remise en ordre du monde » aux formats américains. « Les « Boys » dans leurs fourgons, allaient apporter la « démocratie occidentale » aux peuples barbares. Comme les régimes fantoches et les dictatures militaires avaient été les outils de la domination américaine aux temps de la guerre froide, « la démocratie formelle » allait devenir l’outil politique de la nouvelle domination américaine en ces temps bénits de « l’ordre nouveau ». Guerre en Afghanistan, guerre en Irak, poursuite de la colonisation Israélienne sous la haute protection des USA, les États-Unis d’Amérique étaient exécrés par la rue arabe. Le déclenchement de la prochaine guerre programmée contre l’Iran pouvait dans ces conditions tourner au désastre pour l’oncle Sam. D’autant que, l’Iran, par-dessus la tête des dirigeants arabes soumis à l’occident, en appelait à l’opinion arabe, en se faisant le plus ardent défenseur de la revendication nationale Palestinienne. Il fallait donc d’abord renverser la tendance, isoler la République Islamique d’Iran de la rue arabe, creuser entre ces deux mondes un fossé de haine infranchissable. Tel fut l’objectif politique assignés « au printemps arabe ». Mais ce n’était pas le seul, ni peut-être l’essentiel. Cette offensive avait des buts économiques et stratégiques. S’assurer le contrôle sans partage des réserves de gaz et d’hydrocarbures du Moyen-Orient et de la mer Caspienne. A quoi, la perspective de raréfaction des ressources mise en perspective sur l’explosion de la demande, procure une importance encore plus grande. Les chars, les navires de guerre, les avions de chasse militaire, fonctionnant à l’énergie solaire ou éolienne, ne sont pas pour demain. On ne devient pas la puissance dominante de la planète sans s’assurer la domination militaire. Nous avons écrit le 10 octobre 2011 dans notre article intitulé « Une autre bataille de Stalingrad » l’hégémonie planétaire, « ne peut se concevoir sans la prépotence militaire et le bouclage géostratégique de la planète. La détention des sources d’approvisionnement pétrolier « le nerf de la guerre » de toute armée mécanisée, en est l’une des clés » « Guerre en Afghanistan, guerre en Irak, alliance privilégiée avec Israël et le régime wahhabite, transitions démocratiques pilotées en Tunisie et en Égypte, gestion de la question palestinienne, agression contre la Libye, tentative de déstabilisation du régime syrien la république islamiste d’Iran en ligne de mire, tout cela fait partie du même plan d’ensemble. Faire main basse sur la totalité des réserves pétrolières et en gaz naturel de cette région stratégique, s’assurer de la sorte une rente sur l’économie mondiale, réduire la Russie au statut de petite puissance régionale, prendre la croissance chinoise à la gorge, s’arroger le contrôle des réserves stratégiques d’hydrocarbures en cas de conflit majeur, auquel cette politique agressive a tout lieu de conduire. » On voit que cette politique constituait déjà, en soi, une agression contre la Russie et la Chine dont elle entendait juguler les prétentions de grandes puissances. Mais alors précisément, que l’Empire Américain procédait ainsi à la remise en ordre du monde arabo musulman à sa main, deux autres phénomènes se produisaient dans le monde qui venaient hypothéquer ses rêves impériaux : l’explosion économique de la Chine qui ébranlait son leadership sur le marché mondial, et faisait de cet immense pays, avec ses 1 milliard 6 d’habitants, une puissance mondiale émergeante susceptible de contrarier les desseins américains ; D’autre part, avec l’accession de Vladimir Poutine au Pouvoir à la tête de la fédération de Russie, le retour de ce qui restait de l’ancien empire soviétique sur la scène internationale. Certes, La chute de l’URSS avait mis fin au monde « bipolaire » de la guerre froide, et ouverte la perspective crédible d’un monde unipolaire sous hégémonie américaine, or c’est en vérité un monde tripolaire qui paraissait vouloir se dessiner. Il convenait donc de contenir les prétentions des deux grandes puissances internationales émergentes. Résolutions 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la Libye. La Russie et la Chine s’abstiennent, c’est dire qu’elles laissent faire. Mais lorsque les USA poussent la France et le Royaume-Unis, les deux sous-puissances supplétives, à intervenir en ses lieux et places, alors la Chine et la Russie se crispent. Elles n’avaient pas compris çà comme çà. Voilà vingt ans que d’abaissement en humiliation l’ensemble Russe s’affaissait sous les coups de boutoir et manigances de l’impérialisme occidental sous égide de l’OTAN. Si inversion de cette tendance il y avait un jour, il fallait bien qu’il prenne un prétexte, une occasion quelconque. Ce fut donc l’intervention militaire occidentale en Libye. Par leur protestation la Chine et la Russie signifiaient à l’Occident, que s’était fini. Qu’elles ne le laisseraient pas aller plus loin. Le prochain objectif de l’offensive occidentale était déjà programmé et les opérations de déstabilisation du régime Baasiste déjà fort engagées. Ce serait le test de vérité. On allait voir si véritablement la Chine et la Russie allait tenir tête à la troïka impérialiste occidentale (USA, Angleterre, France), ou si une nouvelle fois ils s’écraseraient, passeraient sous la table. Tout fut tenté, les pressions, la séduction, la provocation le complot et les manigances. La Russie et la chine ont tenu bon. Avec la conférence Genève 2 une tentative fut même faite de scinder l’alliance factuelle Chine/Russie/Iran, en soudoyant l’Iran avec la promesse de levée des sanctions internationales contre des concessions de sa part sur son programme nucléaire, et en lui faisant miroiter la reconnaissance de son statut de puissance régionale. Mais l’opération a tourner court. L’Iran n’a pas consenti à mettre sa tête sur le billot en livrant son allié syrien aux appétits impérialistes. Il ne l’a pas fait car il s’avait trop que faire cela s’était baisser la garde, se mettre à découvert, et que, foin de « puissance régionale » il eut été la prochaine victime de la liste des nations régionales à dépecer. L’offensive Moyen-Orientale de l’impérialisme occidental, entreprise sous le signe du printemps arabe, était stoppée là dans le désert de Syrie et allait devoir y languir un certain temps. Il fallait prendre le problème par un autre bout. C’est la Russie de Poutine, directement concernée, pour des raisons essentiellement géostratégiques, qui avait relevé le gant. La Russie voulait à nouveau jouer les grandes puissances ? Vladimir Poutine se prenait-il pour Pierre le Grand ? Il fallait l’abaisser à nouveau, l’humilier sur la scène internationale 1) Pour le punir 2) Pour le mettre en position de faiblesse et le contraindre à céder 3) A défaut, pour le décrédibiliser en le mettant ainsi en échec, et de la sorte le fragiliser politiquement. Les guerres et conflits qui se sont multipliés depuis la fin de l’URSS, étaient autour, à la marge, concernaient les présences et influences commerciales, en Asie en Afrique, en Amérique Latine ou au Moyen-Orient. Il s’agissait de contrecarrer, de grignoter, d’entraver. La scission de la Tchécoslovaquie, le démembrement de la Yougoslavie, même les bombardements de la Serbie par l’Otan, bien qu’aux « marches » de la fédération de Russie, n’étaient encore, eux-mêmes, que des conflits aux marges. Mais à présent, puisque la Russie stoppait l’Offensive impérialiste Occidentale par le sud, on allait la contourner, enfoncer le poignard dans son flanc ouest. On allait lui disputer l’Ukraine. L’Empire attaque!Nous venons de changer de dimension. En disputant sur le lien historique, économique, culturel, géostratégique, de l’Ukraine et de la Russie, – Kiev ne fut-elle pas le berceau de toutes les Russies ? – l’impérialisme occidental vient d’ouvrir des hostilités directes contre la fédération de Russie elle-même, son intégrité territoriale, son statut de puissance internationale. Cette agression, car s’en est une, n’est-elle pas la premières des hostilités directe de l’impérialisme occidental visant au démembrement de la fédération de Russie ? Samedi 22 février 2014.

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