LE CHARLATAN A propos de l’appel de François Hollande aux «capitaux étrangers» S’était il y a de longues années, au temps où Jacques Martin officiait encore à la télévision, je ne sais plus guère dans laquelle de ses émissions, « le petit rapporteur » ou « par le petit bout de la lorgnette », lui et ses acolytes firent, plusieurs semaines durant, des gorges chaudes de l’Histoire d’un parking pour automobile, plusieurs millions d’investissements, mais qui n’avait pas été pourvu de rampe d’accès. L’absurde fait rire en général. Mais il donne à pleurer aussi. Il n’y avait pas d’agence pour l’emploi (le bureau de chômage, vous savez) à Clichy-sous-Bois. Eh bien, ça y est, il y en a une. Et le commentateur pas très futé de France 2 nous explique que cela va faciliter l’accès à l’emploi des « demandeurs » de cette ville de banlieue, où le taux de chômage est l’un des plus élevé » de France. Accès à l’emploi oui, mais auquel ? Des clichois lambda l’ont remarqué : « on aurait préféré des créations d’emplois », ont-ils geint. « C’est un mal Français, ils ne sont jamais contents » diront les énarques qui gouvernent. Preuve que les abrutis ne sont pas ceux qu’ils croient. Eh oui l’accès, mais à quels emplois ? La création d’une ANPE c’est comme un ascenseur édifié en rase campagne. Malheur à ceux qui voudraient en sortir, aux étages desservis il n’y a pas de paliers. François Hollande, décidemment, restera dans les mémoires comme le prince de l’illusion absurde. Vous voyez le genre, ces clowns qui prétendent se mesurer à David Copperfield et finissent par apparaitre comme des « charlots ». Non pas bien sûr Charlie Chaplin l’artiste magique, mais son personnage grotesque. Des « charlots » que dis-je, des charlatans. Leurs ficelles en effet sont si grosses qu’on les voit à l’autre bout de la salle. Tenez, par exemple, l’inversion de la courbe du chômage, sans créer un seul emploi, pire, en continuant à les détruire par milliers. L’illusionniste peut cela en effet, avec sa grosse ficelle bien grasse, de faux emplois subventionnés, baptisés pour l’usage « emplois d’à venir ». Et voilà-t’y pas qu’il nous monte à présent une grande opération séduction en direction des chefs d’entreprises étrangères. Cet homme qui n’est pas fichu de garder en France les entreprises et les emplois français, veut y accueillir les entreprises américaines allemandes ou d’ailleurs. De prime abord, cela pourrait n’être que grotesque. Mais il a un « truc », et comme faisait Gérard Majax, il le dévoile : « l’attractivité » que ça s’appelle. Surtout travailleurs, salariés, syndicalistes, mes frères, mes camarades, surtout n’applaudissez pas. A y regarder de plus près, cela en effet cache autre chose. Après le couplet lancinant de « la compétitivité », voici donc venu celui de « l’attractivité ». Les deux se font échos. Ce sont deux couplets de la même chanson Pour être « attractifs » il faut des salaires des charges et une fiscalité réduite, exactement comme « pour être « compétitifs ». Pour être attractifs et compétitifs à la fois les travailleurs de ce pays doivent accepter de travailler pour des salaires réduits, une couverture sociale détériorée, des retraites faméliques. Ils doivent accepter d’être « flexibles » (de l’échine), c’est-à-dire taillables et corvéables à merci. L’attractivité ? Ce n’est rien moins que le deuxième volet d’une offensive anti ouvrière brutale et sans précédent. Surtout, je le répète, travailleurs, salariés, syndicalistes, mes frères, mes camarades, surtout n’applaudissez pas. Vous pourriez être abusés par l’intention, L’illusion en la circonstance n’est pas où l’on croit. Nos entreprises s’en vont, il va chercher les leurs. C’est là précisément que réside le piège, la grosse et grasse ficelle. Supposez que cela marche, fusse de manière tout à fait symbolique, 10 000 emplois crées pour 400 000 perdus par les délocalisations, que diront-ils alors ? Que les emplois crées par des entreprises étrangères en France sont l’aspect positif de « la mondialisation », que l’on est bien content de les prendre, qu’on ne peut pas vouloir les aspects constructifs d’une politique sans en accepter aussi les aspects négatifs, etc. En fait, l’opération séduction de François Hollande en direction des chefs d’entreprises étrangères, est une simple opération de « Com ». Non ! Pas tant en direction de ceux à qui elle affirme s’adresser, qu’à des fins intérieures. Il s’agit de décrédibiliser, voire de faire taire, ceux qui protestent contre la désindustrialisation de notre pays et l’hémorragie des emplois (délocalisés), en tentant de piéger leurs critiques dans des contradictions inextricables. Mardi 18 février 2014.
