HOLLANDE SORT SA QUENELLE Non, bien sûr, pas la grande, pas la célèbre, pas celle qui fait rire. Pas, mais on s’en serait douté, « la quenelle antisystème », lui est en plein dedans. Dans le système. Il en a administrée une preuve supplémentaire hier, lors de sa conférence de presse en annonçant par exemple 30 milliards d’allègement de cotisations familiales au bénéfice des entreprises, sur le dos des allocataires et des contribuables. Donc Hollande a sorti sa quenelle, non pas bien sûr celle de Dieudonné qu’il veut faire criminaliser, mais la sienne, la petite, celle que la pudeur commande de garder dans son pantalon, celle qui n’amuse personne exceptées peut-être quelques actrices. Il a sorti sa quenelle à la une de « Charlie Hebdo », dans tous les kiosques, sous le crayon irrespectueux de Luz.35 Une de « Charlie Hebdo » à paraître mercredi 15 janvier. Capture d’écran Bon, alors on va nous objecter qu’il n’y est pour rien « le pauvre homme » que ce n’est pas lui qui offense la bienséance sociale, mais les « paparasi » de « Closer » et les « humoristes » de Charlie heddo. Nous prends-t-on en défaut ? Pas le moins du monde. C’est précisément là au contraire que nous voulions en venir. Dans sa conférence de presse d’hier, le Président de la République française (ce qui en reste) a adopté le ton tranchant de la fermeté pour nous dire, faisant allusion à Dieudonné qui n’est en vérité pas concerné, que « le racisme et l’antisémitisme seraient combattus partout et sans faiblesse ». Il a voulu, bien maladroitement, et pour cause, puisque la réalité est le contraire, nous affirmer qu’il ne s’agissait nullement de porter atteinte à la liberté d’expression ni de réunion. Mais-a-t-il ajouté, se retranchant derrière les termes de l’arrêt du « Conseil d’Etat » « celles-ci ont des limites, celles de l’atteinte à la dignité humaine et à la dignité de la personne. » Atteinte à la dignité de la personne, atteinte à la dignité humaine et qui plus est à la dignité de la fonction présidentielle ? N’est-ce pas le cas de cette odieuse couverture de Charlie hebdo ? Voilà un cas patent où il convient de faire usage de la toute nouvelle jurisprudence du « Conseil d’Etat ». Il faut interdire la parution de Charlie hebdo et ordonner son retrait des kiosques et maisons de la presse. Si cela avait lieu, comme cela se devrait en toute logique, et serai-je presque tenté de dire, en toute équité, l’évènement éclairerait de sa lumière crue le caractère dangereusement liberticide, quoique en ait pu dire François Hollande, du dernier arrêt du conseil d’Etat. C’est probablement la raison pour laquelle nos « combattants de la dignité humaine » s’abstiendront en l’espèce d’avoir recours à une telle mesure. Il y a une autre raison, Charlie hebdo, avec ses caricatures de Mahomet ne s’est-il pas acquis le droit d’entrée au « club de ceux qui peuvent rire de tout et dont on n’a pas le droit de rire. Quoiqu’il en soit voilà la sentence. Une fraction de l’électorat qui avait bien compris que François Hollande était le candidat du système et ferait la même politique fondamentale que Sarkozy, a toutefois fait la différence qui a permis au « challenger » de l’emporter sur « le président sortant ». Il y avait à cela trois raisons : La première tenait à l’exaspération provoquée par le sortant que beaucoup voulaient sortir à tout prix. Par son élection, devenant le Président « rentrant » François Hollande devenait aussi le prochain Président « sortant à sortir » gommant sa première différence avec Sarkozy. La deuxième, pour un nombre plus restreint d’électeurs, tenait à l’espérance d’un léger infléchissement de la politique internationale de la France, moins agressive, et qui lui rendrait un peu d’indépendance et de dignité. Mais à peine prenait-il ses fonctions que déjà il enfilait les « rangers » de l’impérialisme et adoptait la tonalité des maitres du monde, gommant la seconde différence avec Sarkozy. Il ne lui en restait qu’une seule, « être un président normal », ne pas humilier la France et les français avec les dérapages, coups de gueules et frasques dont « Nicolas le Petit » était coutumier. Eh bien voilà, c’est fini, cette dernière différence est gommée à son tour. Le président « normal » est mort. La France serait-elle condamnée à remettre son sort entre les mains « de Présidents finis à l’urine ? » « Un », ce pouvait-être un accident. Mais « deux », coup sur coup, n’est-ce pas inquiétant ? Ne faut-il pas y voir « un vice » du système ? N’est-ce pas le principe même de l’élection du Président de la République au suffrage universel, qu’il convient de contester ? Mercredi 15 janvier 2014.
