HOLLANDE, UN SOT OBSTINE ou UN DANGEREUX AVENTURIER ?

HOLLANDE, UN SOT OBSTINE, ou UN DANGEREUX AVENTURIER ? François Hollande serait-il un « sot obstiné » ? C’est la question que l’on est en droit de se poser après qu’il ait déclaré hier à l’issue du sommet européen : « Si Genève 2 doit être la confirmation de la transition politique de Bachar el-Assad à Bachar el-Assad, il y a quand même peu de chances que l’on reconnaisse ce rendez-vous comme ayant été la solution politique pour la question syrienne ». (l’Orient le Jour, 22/12/2013) Nous nous Interrogions le 14 décembre, « Tournant or not tournant ? », dans un article où nous faisions état d’une information, subrepticement entendu, concernant la suspension de l’aide américaine et britannique à l’ASL (armée syrienne libre), et dont nous n’avions trouvé aucune confirmation. C’est donc bien vrai, « La prise de conscience du fait qu’une partie de ce matériel pourrait se retrouver entre les mains des islamistes radicaux a forcé les USA à suspendre l’aide technique au profit de l’ASL pour une durée indéterminée. » (Moscou, 13 décembre – RIA Novosti ) . « C’est – nous – dit l’agence Novosti – la prises récente de plusieurs bases de l’ASL par les combattants du Front islamique à la frontière turque, notamment le poste-frontière stratégique de Bab al-Hawa », qui constitue le « tournant dans le conflit syrien (qui) a mis l’Occident devant l’évidence : les radicaux islamiques pourraient saisir les armes les plus dangereuses. Ect…. » Le rôle et la place des combattants islamistes radicaux, dans le conflit syrien, n’est pourtant pas semble-t-il une nouveauté. Cette réalité n’avait pas été jusque-là de nature à apaiser les ardeurs guerrières des occidentaux. Alors certes, les évolutions dans les rapports de forces sur le terrain, ont certainement eu une incidence sur la prise de décision des anglo-américains. Mais ne serait-ce pas comme une justification opportune de la volte-face, à laquelle ils semblent s’être résolus. A l’appui de cette interprétation, viens la concrétisation du projet de conférence internationale sur la Syrie, qui à l’origine avait été projetée pour Juin 2013, et qui après maintes vicissitudes parait devoir se tenir enfin le 22 janvier 2014. Bon, la conférence se tiendra ailleurs, ce pourrait ne plus être « une conférence » mais « un sommet », ce ne sera pas Genève 2 mais Montreux 1. Qu’importe. L’important ici c’est que sa tenue prochaine pourrait bien être la raison véritable, plus, que les évolutions de terrain, prétextées, qui justifie le désengagement relatif Anglo-américains. Cela pourrait signifier la volonté sérieuse de donner au « sommet de Montreux » une chance réelle d’aboutir. Si tel est le cas, cela serait la confirmation d’un véritable tournant stratégique de la politique Américaine proche et Moyen-Orientale. Encore que, la grande versatilité de cette dernière nous invite à la prudence. Il semblerait que l’ASL ait subit, en l’occurrence, plus qu’un revers, une véritable déroute. Certains observateurs parlent d’effondrement. « Les espoirs de l’Occident de s’appuyer sur l’ASL pour former un gouvernement de transition sont devenus illusoires après l’annonce de la fuite de son commandant Salim Idris au Qatar, ». Or, sur le terrain l’armée régulière du gouvernement légal a enregistré de nombreux succès. Ne convient-il pas de négocier avant d’être acculé à la reddition ? Mais Hollande lui, persiste et signe. « À près d’un mois de la très attendue conférence de paix sur la Syrie dites Genève 2, prévue le 22 janvier à Montreux, le président français François Hollande a estimé hier qu’elle ne serait pas un succès si elle devait confirmer le président Bachar el-Assad à la tête de l’État syrien. » écrit l’Orient le Jour. (Dimanche 22 décembre 2013.) Cette obstination, nous savons pourquoi, nous l’avons déjà expliqué maintes fois. La France ayant ordonné à Bachar Al Assad de quitter le pouvoir et reconnu le CNS comme seul représentant du peuple syrien, ne peut plus battre en retraite au risque de se ridiculiser et de subir le plus cuisant revers de son histoire diplomatique. Ainsi contraint à la fuite en avant, l’inimitable président Français qui voulait, par la vertu des armes, contraindre Bachar el Assad à se démettre, voudrait à présent, à défaut de victoire le lui confisquer tout de même par on ne sait qu’elles vertus de la défaite. Mais non, vous n’avez pas compris François, il s’agit de négocier votre propre retraite militaire et celle de vos acolytes, vous n’êtes pas en position de dicter vos conditions. Il n’y a pas de relève crédible à Bachar Al Assad. Après avoir imposé à la Syrie le drame sanglant d’une guerre civile de plus de deux années, voudriez-vous aussi, lui imposer un chaos politique pire que celui auquel vous avez réduit la Libye, en confiant le pouvoir à une opposition déchirée où dominent les islamistes radicaux et Djihadistes ? A moins, à moins, c’est peut-être après tout votre rêve secret, mais obsolète, que l’ONU à l’instar de son ancêtre la société des Nations place la Syrie « sous mandat français » ? Mais l’obstination de François hollande, en vérité, va plus loin que la simple réitération de ses exigences démesurées. C’est une dangereuse fuite en avant belliciste. Il s’obstine dans le camp de la guerre, auprès de l’Arabie Saoudite qui ne souhaite pas le règlement négocié du conflit. La récente offensive du « Front Islamiste » boutant l’ASL hors de ses bases s’explique de la sorte. Il s’est agi, puisque l’ASL paraissait être pressentie par les anglo-américains comme interlocuteur valable de Bachar Al Assad, de lui ôter toute légitimité pour parler au nom de l’opposition, de couper l’herbe sous les pieds des partisans d’une solution négociée. C’est ainsi que François Hollande peut dire : « Si Genève 2 doit être la confirmation de la transition politique de Bachar el-Assad à Bachar el-Assad, il y a quand même peu de chances que l’on reconnaisse ce rendez-vous comme ayant été la solution politique pour la question syrienne ». (l’Orient le Jour, 22/12/2013) Où l’on voit que le président Français qui parait admettre comme acquise la tenue de la conférence, à défaut de pouvoir s’y opposer encore, s’aventure dans la contestation préalable de sa légitimité et celles des décisions qu’elle pourrait prendre. Il nous dit en termes à peine voilés que dans ce cas la guerre se poursuivra tout de même. N’est-ce pas ce dont il va discuter à Riyad lors de sa prochaine visite prévue le 29 décembre ?. Il y a quelques semaines de cela, quand la France et les USA tonitruaient ensembles qu’ils étaient convaincus de la culpabilité du régime syrien et du président Assad dans les attaques chimiques de Damas, et qu’ils allaient punir les coupables, la presses française se réjouissait : « Barak Obama et François Hollande travaillent la main dans la main. ». On a vu ce qu’il en était vraiment. La chambre des communes a voté la défiance à David Cameron le premier ministre britannique et Obama enclencha aussitôt le décrescendo, sans en référer ni même informer Hollande qui se retrouva une première fois isolé et un peu ridicule, en « porte à faux. Quand enfin, le Royaume-Uni et les USA paraissent décider d’une réappréciation stratégique fondamentale de leur engagement au Moyen-Orient, ils le font de concert, entre eux, abandonnant Hollande à ses vociférations désuètes. On se souvient comment au début du » printemps arabe » la « classe politique française » et Sarkozy bien entendu, qui n’avait rien compris à ce qui survenait, avaient parus désarçonnés. Il avait fallu l’intercession de Bernard Henry Lévy, ambassadeur plénipotentiaire du président Obama et de l’AIPAC » le lobby juif américain », pour en expliquer le mode d’emploi. C’est alors que Sarkozy s’écria « j’ai compris ! » et n’eut de cesse dés-lors d’être à la tête de l’agression occidentale. Eh bien nous sommes revenus avec François Hollande à une situation équivalente à celle de Sarkozy aux premières heures du printemps arabe. Hollande n’a pas compris, ou plus exactement ne veut pas considérer, nous en avons dit les raisons, que ses alliés et maitres venaient peut-être de faire une volte-face. Il s’obstine pour le plus grand danger de la France et au risque de se ridiculiser. Alors, François Hollande, un sot obstiné ou un dangereux aventurier ? Dimanche 22 décembre 2013.

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