QUE FAIT VRAIMENT LA FRANCE EN CENTRAFRIQUE ?

QUE FAIT VRAIMENT LA FRANCE EN CENTRAFRIQUE ? « La Françafrique, c’est fini ». avait juré Nicolas Sarkozy à Cotonou, le 19 mai 2006. Finis les « réseaux d’un autre temps », les « émissaires officieux », les « complaisances » et les « secrets ». » Désormais, avec l’Afrique, « il nous faut construire une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé. » Or, à quoi assiste-t-on ? Côte d’Ivoire, Mali et reMali, Niger, Centre Afrique, c’est devenu monnaie courante, la France donne un coup de pied dans la porte et fait irruption dans l’appartement, à sa guise, où et quand elle le veut, avec l’arrogance du maitre des lieux. Cela ne parait même plus poser de problème d’éthique à grand monde. Les justifications humanitaires ou morales qu’elle invoque ou se concocte même parfois, paraissent quasi unanimement acceptées, de nature en tout cas à faire taire ou embarrasser les consciences. Alors, et c’est l’argument incontestable, à ce qu’ils croient, ils nous disent : il n’y a plus ou presque de présence militaire permanente de la France en Afrique. D’où l’insistance sur le caractère ponctuel et limité dans le temps des interventions multiples et successives. Pour en démontrer le caractère limité et circonstancié, loin de toute intention de tutelle coloniale. Mais en vérité cet argument est faux. L’évolution est seulement technique. Il n’y a plus besoin de présence militaire permanente sur le terrain lorsque l’on possède la capacité de projeter où l’on veut quand on veut, des forces d’interventions rapides. Les territoires concernés n’en sont pas moins sous le contrôle permanent de la menace militaire des métropoles. 7 ans après, l’intervention de Nicolas Sarkozy à Cotonou, à voir la France multiplier les interventions en Afrique comme en terre conquise, l’observateur superficiel aurait tôt fait de déduire que rien a changé, tout est semblable. Cette impression est pourtant fausse. « Construire une nouvelle relation décomplexée » ? Voilà qui est fait. Il y eu la colonisation d’abord, le « temps béni des colonies », ensuite, puis la décolonisation. Depuis les anciennes métropoles coloniales entretenaient avec les territoires des anciens empires, des rapports viciés et faux que l’on avait baptisé « néo-colonialisme », fondé sur la domination économique et militaire et non sur l’assujettissement permanent. » C’était cela La « Françafrique », les relations particulières, privilégiées et paternalistes que la France entretenait avec ses anciennes colonies d’Afrique noire, s’était le « le colonialisme complexé ». Eh bien, c’est vrai, cela est terminé. En ce sens Nicolas Sarkozy avait raison. La Françafrique c’est fini. Pour autant les pays africains concernés n’ont pas recouvré leurs droits à la dignité et à l’indépendance. Nous en sommes seulement revenus au colonialisme « Franc, brutal et décomplexé ». Pourtant, le changement véritable n’est pas celui-là. Il y a plus. Ce sont les maitres véritables qui ont changés et les modalités de la servitude de l’Afrique. Tout comme nous l’avons maintes fois répété au sujet des immixtions Françaises dans les affaires Moyen-Orientales, la France n’intercède que comme nation vassale de l’impérialisme Anglo-américain, comme force supplétive et nation mercenaire. L’inféodation de la France à la suzeraineté de l’impérialisme Anglo-Américain, ne saurait être circonscrite à la politique Moyen-Orientale, elle implique toute la politique extérieure de la France, et avant tout bien sûr son ancien domaine colonial. C’est cela qu’a vraiment voulu dire Sarkozy l’homme qui a consenti l’hommage de la diplomatie française à celle de l’oncle Sam : « La Françafrique c’est fini, vive « l’Américafrique ». La politique africaine de la France consiste depuis à se tirer elle-même des balles dans les pieds, à procéder de son plein grès à la liquidation consentie de son domaine colonial et à sa cession au nouveau maitre américain. En échange de quoi celui-ci lui dévolu le rôle de « fondé de pouvoir » dans ce qui fut son empire colonial. La politique que doit mettre en œuvre la France dans son ancienne-arrière cours est celle que les anglo-américains lui commandent. Celle qu’ils ont-eux même mis en œuvre, depuis une vingtaine d’années déjà, avec la collaboration étroite d’Israël, et que décryptait Pierre Péan, dans son livre « Carnages » « Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique » (2010 « Editions Fayard »). Il s’agit rien moins que du choc des civilisations. Dresser, artificiellement si nécessaire, une Afrique chrétienne contre une Afrique musulmane, consolider des régimes arc-boutés sur l’appui des fractions chrétiennes des populations, mettre en place partout les hommes de confiance des USA. Tel fut l’enjeu en Côte d’Ivoire quand Alassane Ouattara ( Étudiant de technologie de Drexel et diplômé de l’université de Pennsylvanie, fonctionnaire du Fonds monétaire international (FMI), vice-gouverneur puis gouverneur de la BCEAO Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.) accéda à la présidence de la République par la vertu du coup d’État, conduit par la France et fomenté de longue main par les bandits qui se font appeler « la communauté internationale ». Erythrée, Ouganda, Rwanda, Congo, sud Soudan, Darfour, la problématique est toujours la même. Des populations, majorités ou minorités chrétiennes suivant le cas, « brimées, ou prétendument brimées par des pouvoirs ou milices islamiques, et les puissances impérialistes qui au nom « du droit d’ingérence humanitaire » formulé par Bernard Kouchner, volent au secours « des opprimées » pour instaurer leur domination. Vous vous en souvenez, ce fut le schéma au Mali. Vous l’avez constaté, c’est le schéma en « Centrafrique. La France n’a pas volé en Centrafrique aux secours des populations. D’ailleurs ne serait-ce pas elle-même qui a fait croitre tout exprès des tensions confessionnelles qui n’existaient pas jusque-là pour se fabriquer un prétexte à son intervention ? Comme en Côte d’Ivoire, la France, grande nation démocratique, comme chacun sait, est allé en Centrafrique faire un « coup d’État ». La France intervient en Centre Afrique pour renverser le pouvoir du président Michel Djotodia, de confession musulmane et membre de la « Seleka », et installer aux commandes du pays un pouvoir « d’inspiration chrétienne » et, gageons-le, les hommes de confiance des USA. Nous le constaterons bientôt. Mardi 17 décembre 2013.

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