« TOURNANT OR NOT TOURNANT ?’ Nous avons incidemment entendu, avant-hier soir, au 20 heures de « France 2 » Que les USA et le Royaume-Uni avaient décidé d’interrompre leurs aides à « la résistance Syrienne » à la raison qu’Al-Qaïda y avait pris l’ascendant sur l’opposition démocratique. Nous avons cherché en vain, sur la toile, une confirmation de cette information. Nous n’en avons toujours pas trouvé. A défaut nous devons rester prudents dans nos interprétations et nos commentaires. Si toutefois elle se confirme, cette information, pourrait bien témoigner d’un renversement total de la stratégie Américaine au Moyen-Orient. Nous allons nous livrer ici à un délicat exercice de prospective afin d’entrevoir qu’elles pourraient être les conséquences d’un tel tournant, et nous mettre en mesure de comprendre rapidement, s’il se confirme, les évolutions induites du contexte international. * Dans plusieurs de nos articles « la grande humiliation des arabes » 24/ 05/ 2013, « Adresse à la jeunesse arabe » 20 mars 2012), nous mettions en garde, les peuples, les régimes et la jeunesse sur le retournement de fortune qui surviendrait le lendemain même de leur victoire éventuelle sur « La Syrie » et « l’Iran », quand les anglo-américain qui se seraient servi d’eux, décideraient d’en finir avec le rêve « du grand Califat » et l’aspiration de l’Arabie Saoudite au statut de puissance régionale. C’est une histoire vieille comme la guerre. Pour conduire celles-ci, les pouvoirs font appel à des troupes supplétives ou mercenaires. Les buts de guerre atteints ou non ; quand vient l’heure de cesser les combats et de la démobilisation, il n’est pas rares que ces armées s’estiment mal payées de leurs service et cherchent à faire valoir quelques revendications et privilèges que la possession des armes, croient-elles, les met en mesure d’exiger. Mais c’est un leurre. Les pouvoirs, leurs anciens employeurs, les piègent alors et les acculent, puis les exécutent et les désarme. C’est ce qui advint des « SA » quand Hitler installé au pouvoir n’eut plus besoin d’eux, c’est ce qui advint de l’Irak quand les pétromonarchies et les occidentaux qui l’avaient instrumentalisé dans la guerre contre l’Iran, décidèrent d’amortir sa puissance militaires et ses prétentions régionales. C’est pourquoi écrivions-nous, dans un des articles cités : « les chantres du grand califat connaitront eux aussi « leur nuit des longs couteaux ». Cela bien sur valait pour le cas où les arabes sunnites sous le commandement de la famille Wahhabite et du Qatar, parviendraient aux fins guerrières qu’ils s’étaient assignées. Mais les choses trainent en longueur. Le régime baasiste de Bachar Al-Assad, non seulement résiste mais parait même reprendre la main sur tous les fronts. Atteinte par le syndrome de l’échec l’opposition syrienne se divise et se déchire, les combattants de l’Islam radical prennent de plus en plus le pas sur l’ASL, et se radicalisent dans leur fuite en avant. Dans le même temps, le règlement diplomatique de la question de l’arsenal chimique syrien, et l’accord sur le nucléaire Iranien, ont peut-être offert aux USA, l’opportunité d’aborder les questions du Moyen-Orient, sous un angle entièrement nouveau. Il se pourrait donc que la diplomatie US, versatiles, aient décidé de ne plus tous miser sur la victoire de plus en plus hypothétique des arabes enrôlés par les Wahhabites et le Qatar, pour donner ses chances véritables à un vrais rapprochement avec la République Islamique visant à scinder l’alliance stratégique « Russie/Iran/Syrie. Jouer une telle carte nécessite on le comprend de s’engager dans un « grand marchandage » qui ne peut réussir sans donner de part et d’autres de véritables gages de bonne volontés. La cessation de l’aide anglo-américaine à la rébellion syrienne pourrait en être un, qui en appellerait d’autres. Du côté Iranien aussi bien sûr. Il ne serait donc pas très étonnant d’apprendre dans les semaines à venir, le désengagement, par exemple des troupes iraniennes qui prêtent main forte à l’armée syrienne, ou celui du Hezbollah, ou toute autre nouvelle du même genre ? Bien entendu, ce changement de stratégie, qui liquiderait les derniers feux de la stratégie précédente de « subversion » baptisée « printemps arabes », n’aurai pas l’heur de plaire à tout le monde. L’Arabie Saoudite et le Qatar, tous les premiers, qui à juste titre se sentiraient trahis et floués, mais aussi Israël et la France. Israël qui se verrai priver de « sa guerre » contre l’Iran, et contraint de souffrir encore un peu une puissance régionale qui lui fait de l’ombre. La France qui redoute, après en avoir nié sa légitimité et appelé ouvertement à le démettre, que Bachar Al Assad se tire du piège par le haut. Ce qui serait pour elle une grande humiliation et surtout un désastre diplomatique, ainsi que « La voie des sans voix » en avait subodoré le risque depuis bien longtemps. C’est cette circonstance d’ailleurs qui pourrait-expliquer que plus rien n’ait filtré à ce sujet, depuis deux jours où l’information a été subrepticement lâchée au 20 heures. Dès lors, il conviendrait d’amortir tout de suite les prétentions de l’Arabie Saoudite et du Qatar, et finir sans plus attende » leurs rêves et revendications démesurées », par un changement fondamental de stratégie et un véritable renversement d’alliances. C’est peut-être ce qu’annonce l’information ci avant. Si cette information se confirme, Il va de soi, qu’elle préparerait l’imminence d’une grave crise diplomatique entre les USA et la famille régnante Wahhabite, son plus fidèle alliée arabe depuis 1931. C’est alors, « juste retour des choses » que cette dernière pourrait à son tour se trouver menacer par un « retour de flamme » inattendue et à contre temps, des « mobilisations populaires du printemps arabe ». Mais il y a peu de risque tout de même que les USA s’avisent de démettre la famille régnante saoudienne, ouvrant ainsi des risques d’instabilité dans la péninsule. L’Arabie Saoudite est en quelque sorte une créature de l’Oncle Sam, à la fois son instrument et son alliée depuis l’origine. Les Al-Saoud doivent leur pouvoir aux USA. Il ne fait guère de doute qu’une crise entre le « gardien des lieux Saint et « le grand Satan » se terminerait par un compromis bien terrestre. Une révolution de palais, par l’entremise de laquelle la famille conserverait le pouvoir en sortant de ses rangs un roi tout neuf (elle en possède une myriade) pour succéder au roi Abdallah, lequel nouveau roi devrait bien-sûr consentir à en rabattre quant aux revendications arabes. Samedi 14 décembre 2013.
