MANDELA/OBAMA, UN PARALLÈLE INDÉCENT Nous avions publié, c’était le premier juillet 2013, un article auquel nous avions donné le titre suivant : « La quête initiatique de Barak Obama en Afrique du Sud. » Celui-ci en effet, reniflant la mort prochaine « du héros » de la lutte anti apartheid, avait erré quelques jours autour « du mourant », espérant être reçu à son chevet afin de recueillir en héritage son âme et sa légende. Imaginez le « bon coup », le premier président noir des États Unis tenant la main de l’icône qui lui transmet, nous eut-on dit, son héritage spirituel. Mais le coup rata. Le vieux lion reniflait encore, aussi, ça puait la « Com ». Il n’a pas voulu recevoir Obama. Il ne voulait pour son adieu au monde serrer la main du président de la première puissance mondiale qui l’encensait à présent, mais qui avait, plus de trente ans durant, soutenu si fermement le régime de l’Apartheid. Il ne voulait pas serrer la main et faire un si somptueux cadeaux au président des USA, qui certes saluait en lui le combattant des droits nationaux et de la dignité du peuple noir d’Afrique du Sud, mais qui disposait à sa guise des peuples et des nations africaines, déniait les droit nationaux et à la dignité du peuple palestinien et d’autres. Mais il avait aussi un autre grief, plus précis, moins généraliste, presque personnel, dirai-je, contre Obama : la résolution 1973 du conseil de sécurité de l’ONU par la vertu de laquelle le camp occidental s’arrogea le droit de détruire la Libye de la Jamahiriya et de tuer le colonel Kadhafi. Son ami, un des plus ardent défenseur de la cause de l’ANC, qui fut l’un de ses premiers soutien en Afrique, un qui n’attendit pas pour l’aider qu’il fussent devenu une icône internationale, mais le fit aux premières heures du combat quand Mandela n’était encore qu’un « paria », un « terroriste », et que le soutenir équivalait à se ranger soi-même dans « le camp des pays qui soutiennent le terrorisme ». Alors, trois mois après, Hollande, a fait lui aussi un voyage d’État en Afrique du Sud, pour tenter la chance. N’est-il pas la France, la grande nation des droits de l’homme ? Il espérait être reçu à son chevet pour recueillir « dans une chasse d’or » le dernier souffle du mourant, relique qu’il eut cédée à son maitre, l’empereur du monde. Mais à l’article de la mort Nelson Mandela était toujours vigilant, qu’on ne lui fasse pas dire ce qu’il n’avait pas dit, qu’on ne lui fasse pas faire ce qu’il ne voulait pas faire. Poliment toujours, Mandela n’humilie pas son prochain, François Hollande, la France certes, mais le pays surtout qui a assassiné son ami, Mouammar Kadhafi, fut à son tour éconduit. Où va échoir l’âme du grand homme ? Qui en sera le récipiendaire en ce bas monde ? Il ne faut pas laisser dans n’importe qu’elles mains un héritage aussi précieux. Mandela n’a pas voulu le transmettre en bonne et due forme, il a voulu jouer « les mourant rebelles ». Alors tant pis on va se l’accaparer de force. Voilà que toute la machine médiatique occidentale se met en branle, aux ordres, pour faire de « la captation d’héritage spirituel ». Mandela, le premier président noir d’Afrique du Sud, Obama, le premier président noir des États Unis, tous deux « Prix Nobel de la Paix », et on multiplie les points communs, tous deux avocats, etc. et j’en passe. Oui mais l’un est le président noir d’un pays d’Afrique noire à majorité noire, qui n’a revendiqué que les droits nationaux élémentaires et la dignité de son peuple parmi les peuples de la terre. L’autre est le président, noir certes, mais d’une nation tortionnaire qui s’arroge le droit de mettre à l’aune de ses intérêts, la planète entière en coupe réglée. L’un a mené avec son peuple un terrible, long et sanglant combat de plusieurs décennies, subie la torture et endurée la prison. L’autre pour tout combat ne revendique que la participation à une seule manifestation contre l’Apartheid. C’est bien la moindre des choses pour un étudiant noir ? L’un eut l’insigne honneur d’être lauréat du prix Nobel de la paix, quant aux termes de sa longue carrière de lutte et de souffrance il eut le courage de « pardonner » aux tortionnaires du peuple noir, pour parvenir à la réconciliation nationale qui mettait fin à l’ignoble régime d’apartheid. L’autre a reçu le « prix Nobel de la paix », en sortant de l’œuf, nul ne sais vraiment pourquoi, alors qu’il venait d’être élu président des USA, alors qu’il n’avait encore rien fait qui puisse lui valoir une telle distinction. Prix Nobel au faciès, parce qu’il était noir de naissance ? Un grand coup de « Com menteuse » pour le président de la nation la plus agressive de la planète. Mandela/Obama ? Il n’y a en vérité, par-delà la couleur de la peau, pas le moindre point commun. Le parallèle que tante la machine médiatique est une insulte au bon sens, Une injure publique à la mémoire de Mandela et au peuple noir martyrisé d’Afrique du Sud. Ce parallèle est indécent. Dimanche 8 décembre 2013.
