MANDELA AU PANTHÉON DE L’HUMANITÉ Nelson Mandela est mort, tous les flagorneurs du monde politique et des médias, se répandent en éloges émues et en biographies dithyrambiques. Les Flagorneurs, les mêmes, leurs semblables, ou leurs successeurs, qui, il y a 50 ans de ça l’eurent cloué au pilori ou carrément passé par les armes sans états d’âme. Car avant d’être « Grand » et universellement encensé, avant d’être « un grand résistant et un immense combattant » Mandela ne fut qu’un vilain petit homme noir qui osait se rebeller et défier le pouvoir blanc. Avant d’être « prix Nobel de la paix » et « père de la Nation », Mandela ne fut qu’un terroriste honni. De ceux que l’on jette en prison, que l’on humilie ou que l’on exécute. C’est d’ailleurs ce qui lui arriva, 27 années d’incarcération dont quinze dans un bagne à casser des cailloux. Et le régime tortionnaire, sud-Africain blanc de l’Apartheid qui le condamnait ainsi pouvait alors compter sur le soutien indéfectible des USA, la grande Nation démocratique et Israël « la seule démocratie du Moyen-Orient ». Et qu’on ne nous dise pas qu’il y a deux Mandela, celui d’avant et celui d’après, le paria et le notable, le terroriste et le saint-homme, celui qui s’insurge et celui qui pardonne. Il n’y en a qu’un, le même, un roc, et c’est ce qui fait sa valeur. Mandela « le terroriste » ne s’est pas repenti, ce n’est pas parce qu’il a renoncé à » la lutte armée » qu’il est devenu grand et fréquentable. C’est au contraire parce qu’il a relevé le gant de la révolte du peuple noir qu’il est allé en prison. Et c’est parce que son peuple martyr a poursuivi sa lutte inégale et sanglante contre un régime honteux, qu’il est devenu une icône. Aux temps de » la guerre froide », les USA craignaient l’émergence en Afrique du Sud d’une république socialiste apparentée « au bloc de l’Est » et c’est ce qui motivait leur soutien, et celui d’Israël, au régime des bourreaux. Mais depuis 1985 l’URSS était engagée dans l’ère « liquidationniste » de la « Glasnost ». En 1989 Sous l’action de Solidarnosc la Pologne échappe « au camp soviétique » entrainant peu après la chute du mur de Berlin et l’effondrement de « l’Union Soviétique ». Le socialisme humilié dévalorisé n’est plus attractif pour les peuples, il n’est plus une menace pour l’ordre capitaliste. Le contexte international change de fond en comble. Un à-venir « démocratique », hors de tout danger de dérive socialiste devient possible, le temps est venu de relâcher la pression de la marmite sud-africaine qui pourrait exploser à tout instant. Il faut piloter cette transition. Mandela devenu une icône nationale et internationale pourrait être l’homme de la situation. Mandela comprends, et c’est ce qui fait sa grandeur, il a compris presque instantanément la nature et la portée des changements en cours et des opportunités que cela ouvrait, dont il a su se saisir. Non ! Mandela ce n’est pas « un terroriste » devenu agneau, un combattant devenu conciliateur et réconciliateur. Ce n’est pas parce que le peuple noir a déposées les armes, renoncé à son combat que la réconciliation a été possible. C’est exactement l’inverse. C’est parce que Mandela était « un terroriste » qu’il fut mis en prison, devînt une icône et pu jouer le rôle historique qui fut le sien. C’est parce que le peuple noir à poursuivit sa lutte inégale et pathétique jusqu’au bout, que la fin négociée de l’Apartheid devenait nécessaire pour le pouvoir afrikaner, sauf au risque de tout perdre. C’est l’histoire qui fait les hommes dont elle a besoin. Cette constatation qui les rappelle à l’humilité, n’enlève rien de leur stature aux « grands hommes », au contraire. L’histoire a fait Mandela pour que Mandela fasse l’Histoire. Samedi 7 décembre 2013. N.B.) Nous reviendrons sur les « Flagorneurs », leur inanité, leurs audaces indécentes, dans deux articles à venir. Le premier ce soir avant minuit, intitulé « Elise Lucet ne connait pas son sujet » et le deuxième demain matin dimanche 8, intitulé « Obama : tentative de captation d’héritage ».
