L’EUROPE MILITE POUR L’ANSCHLUSS DE l’UKRAINE Accord sur la neutralisation de l’arsenal chimique syrien, accord provisoire sur le nucléaire Iranien. Qui croira que les tensions guerrières vont s’apaiser dans le monde, sinon ceux qui n’ont rien, ou ne veulent rien, comprendre à la nature de l’impérialisme ? Non ! Le camp occidental, et son chef de file l’impérialisme anglo-américain, n’a pas renoncé à la moindre de ses visées expansionnistes ni aux menées agressives et aux méthodes bellicistes qui servent cette politique. Non, pas le moindre renoncement, seulement un recalage de la politique internationale de l’impérialisme et de ses priorités. L’offensive impérialiste, qui eut nom « printemps arabe » comme d’autres furent baptisées « tempête du désert » est terminée. Elle s’est achevée dans le sang et les méandres du conflit syrien, par un revers diplomatique peu reluisant, l’occident se faisant confisquer le prétexte des armes chimiques dont il avait fait son « casus belli ». Cette offensive avait commencé avec en tête l’étendard de la démocratie, paradoxalement allié aux monarchies arabes les plus réactionnaires. Elle avait comme objectif de débarrasser l’impérialisme anglo-américain de quelques régimes arabes hostiles à lui-même et à Israël, d’ailleurs désignés dès 2001 par Georges W Bush dans son discours sur « l’état de l’Union » et regroupés sous l’appellation « d’axe du mal ». Son objectif ultime était de venir militairement à bout de la République Islamique d’Iran. Le plan de guerre génial a tourné court. Sur quel écueil s’est-il brisé ? Sur le véto russo-chinois au conseil de sécurité de l’ONU, mais au-delà sur « la fermeté » diplomatique et militaire de la Russie et de la Chine. Qu’est-ce que cette situation a révélé ? Que l’ère liquidatrice inaugurée par Boris Eltsine qui avait vendu l’Empire Soviétique à l’encan était terminée. La Russie, sous l’impulsion de Vladimir Poutine a retrouvé ses esprits. Elle jugeait qu’elle avait déjà trop reculée et s’était mise en danger. Ce sentiment était d’ailleurs partagé par la Chine elle-même confrontée en divers endroits aux manigances agressives des USA. Le point de non-retour avait été atteint avec l’usage malhonnête que firent les occidentaux de la résolution 1973, sur la Libye. L’affaire syrienne fut le butoir. Elle a démontré que russes et chinois ne céderaient plus rien. Or, les hordes de l’islamisme radical sunnite, recrutées par le Qatar et l’Arabie Wahhabite, sous le drapeau du « grand califat » contre l’Islam chiite, avaient comme feuille de route, passant par « la porte syrienne » de porter la guerre sur le sol de la république Islamique (chiite) d’Iran. Il ne fait aucun doute, que la Russie et la Chine auraient adopté dès lors, dans la défense de l’Iran, la même fermeté dont elles avaient fait preuve dans la défense de la Syrie. Sauf à aller tout de suite à une confrontation dont nul ne pouvait prédire les conséquences, l’impérialisme américain devait donc se raviser, prendre le problème par l’autre bout. Le renoncement aux frappes militaires immédiates sur la Syrie, et l’acceptation de l’offre diplomatique de la Russie d’un plan de mise sous contrôle de l’arsenal chimique Syrien, fut l’occasion de réaliser ce virage à 360 degrés*. Puisque la Russie et la Chine étaient si déterminées et fermes, ils allaient d’abord s’occuper de venir à bout de leur obstination. C’est sous cet éclairage qu’il faut analyser le survol récent de l’espace aérien de la Chine par des B 52 et l’offensive diplomatique anti russe de l’Europe via le sommet de Vilnius. La politique internationale de Poutine, consiste à restaurer le statut de puissance internationale de la Russie et à faire pièce aux prétentions hégémoniques américaines d’un monde unipolaire. Quand il s’applique à ne pas lâcher la Syrie et donc le port de Tartous qui est pour la Russie son unique ouverture sur la méditerranée, voyez à quel point serait désastreuse pour lui « l’annexion » par j’Europe occidentale de l’Ukraine ou de la Géorgie qui réduirait à la portion congrue sa façade maritime historique sur la mer noire qui lui ouvre les mers du sud, ou de l’Azerbaïdjan, Bakou ; la base historique de son industrie pétrolière. Un tel revers, son Waterloo, le condamnerait politiquement. Sa mise à l’écart résulterait de tels évènements ouvrant la Russie aux appétits occidentaux. Alors, bien sûr, nos diplomates occidentaux se targueront du caractère » pacifique et démocratique » de leur offensive de séduction. C’est en vérité d’un acte de guerre qu’il s’agit. Nous avons prononcé le mot « annexion ». Une annexion peu-t-elle être « pacifique ». Oui, bien sûr. L’Anschluss de l’Autiche en 1938 en est une illustration éloquente. L’occupation allemande ne fut qu’une formalité et l’annexion approuvée par plébiscite par 99 % des suffrages. Ca n’en était pas moins un acte belliqueux à l’égard du reste de l’Europe, qui préparait le déclenchement de l’opération « Barbarossa » L’Anschluss de l’Ukraine de la Géorgie ou de l’Azerbaïdjan seraient au même titre des actes que la Russie serait fondé à interpréter comme belliqueux à son endroit et de véritables « casus-belli ». Lundi 1er décembre 2013. PS) Nous avions écrit le 10 octobre 2011, un article intitulé « Une autre bataille de Stalingrad » que nous ne résistons pas à la tentation de publier à nouveau à la suite de celui-ci. Une autre bataille de Stalingrad. Non, nous ne vivons pas dans un monde idyllique où prédomineraient des considérations démocratiques et humanitaires et dans lequel l’amour du prochain serait le crédo de la gouvernance du monde. Les préoccupations occidentales, sous la houlette de l’impérialisme anglo-américain, ne sont nullement démocratiques ou humanitaires. Leurs actions et ingérences diverses dans les affaires du monde font chaque jour bien plus de victimes que ne feront jamais la résistance opiniâtre des Kadhafistes en Libye ou la répression de la contestation en Syrie. Leurs motivations réelles sont, chacun le sait bien ou le subodore au moins, le contrôle des sources d’approvisionnement stratégiques en pétrole et gaz naturel. A la suite de l’effondrement du bloc soviétique dans les années 90, on nous a annoncé un « nouvel ordre mondial » fondé sur le « leadership » américain. L’avènement de la « pax américana » en quelque sorte ». Tirant parti de la nouvelle situation mondiale, les USA entreprirent immédiatement d’imposer et de consolider leur hégémonisme planétaire. La première guerre du Golfe (1991), la généralisation de la politique ultra libérale Thatcher/Reagan qui pris nom ‘mondialisation », en furent les premières manifestations. Cette hégémonie ne peut se concevoir sans la prépotence militaire et le bouclage géostratégique de la planète. La détention des sources d’approvisionnement pétrolier « le nerf de la guerre » de toute armée mécanisée, en est l’une des clés. Savez-vous ce que fut la bataille de Stalingrad, son ressort stratégique, pourquoi allemands et Soviétiques, pour l’issue de celle-ci sacrifièrent chacun des centaines de milliers d’hommes ? L’Allemagne ne pouvait espérer réaliser par voies maritimes l’approvisionnement en carburants de son armée, les Anglo-américains restant maitres des mers du globe. Stalingrad était le verrou sur la route de Bakou. Les Allemands devaient ouvrir celle-ci pour avoir libre accès, par les voies terrestres, aux gigantesques réserves pétrolières de la mer Caspienne. On comprend aisément que pour l’issue de la guerre, il était capital aux Soviétiques, de leur barrer la route. Eh bien, cet objectif que l’Allemagne nazie ne put atteindre, l’impérialisme anglo-américain se propose de le réaliser, non par les voies terrestres bien sûr, mais par les voies maritimes sur lesquelles il a traditionnellement la haute main. Guerre en Afghanistan, guerre en Irak, alliance privilégiée avec Israël et le régime wahhabite, transitions démocratiques pilotées en Tunisie et en Égypte, gestion de la question palestinienne, agression contre la Libye, tentative de déstabilisation du régime syrien la république islamiste d’Iran en ligne de mire, tout cela fait partie du même plan d’ensemble. Faire main basse sur la totalité des réserves pétrolières et en gaz naturel de cette région stratégique, s’assurer de la sorte une rente sur l’économie mondiale, réduire la Russie au statut de petite puissance régionale, prendre la croissance chinoise à la gorge, s’arroger le contrôle des réserves stratégiques d’hydrocarbures en cas de conflit majeur, auquel cette politique agressive a tout lieu de conduire. Voilà l’objectif poursuivi. Qui, peut s’étonner dès lors que la Russie et la Chine, voyant clairement venir les Anglo-américains avec leurs gros sabots, n’est pour dessein de leur faire barrage. La Syrie, dans l’agression « démocratique » de l’impérialisme occidental en terre d’Islam, est le dernier verrou avant la déstabilisation et l’offensive contre l’Iran. La chute de la république Islamiste et le retour de la domination impérialiste en pays persan finiraient le bouclage de la région de la mer Caspienne au profit des Anglo-américains, mettant les approvisionnements en pétrole et gaz, de la Russie et de la Chine, sous le contrôle direct de « l’oncle Sam ». Négociations, tergiversations, abstentions, votes contre, l’étonnant n’est pas que la Chine et la Russie aient fait usage de leur droit de véto, mais qu’elles ne l’aient pas fait avant. La question était : mais quand donc le feront-elles, à quel moment l’agacement sera-t-il suffisant, le point de non-retour sera-t-il atteint ? L’usage délibérément abusif que les Occidentaux ont fait de la résolution 1973 avec laquelle ils ont justifié leur ingérence en Libye en a décidé. La Chine et la Russie savaient dès lors à quoi s’en tenir. Le moindre signe de lâchage de Bachar el-Assad, les Occidentaux l’interpréteraient comme une permissivité offerte à leur agression sous l’égide de l’OTAN. Dans la nuit du 3 au 4 octobre, la Russie et la Chine, ont donc opposé leur droit de véto à une résolution pourtant édulcorée du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant les violences en Syrie. Les diplomaties, américaine et occidentales, ont fulminé. Mais paradoxalement, elles ont plutôt mis en sourdine très rapidement. Véto russe et chinois au conseil de sécurité de l’ONU, pour notre part nous disons : Ouf ! Enfin !… Ils ont parfaitement bien fait. P.S.
