IRAN, LA TÊTE SUR LE BILLOT ?

IRAN, LA TÊTE SUR LE BILLOT ? Un accord a été signé dimanche ….. Un « compromis » a été trouvé. L’Iran renonce à toute idée de développement d’un programme nucléaire militaire. Contre quoi l’Occident reconnait les droits de L’Iran au nucléaire civil et à enrichir l’Uranium à 5 % sur son sol et s’engage à alléger les sanctions économiques qui pesait sur la République Islamique. Dans la foulée de l’accord sur le contrôle et la destruction de l’arsenal chimique Syrien, et sachant l’imbrication étroite qu’il y a entre les questions syriennes et iraniennes, il semblerait que cet accord, dernier en date, soit de nature à faire tomber les tensions dans cette région du monde. Si le conflit majeur, occident/Iran, que nous annonçons depuis si longtemps, est évité ; Si un pays, ses richesses, son peuple, sont épargnés, échappent aux foudres de la barbarie impérialiste ; Si l’Histoire nous donne tort, croyez le bien, nous serons les premiers à nous en réjouir et à verser des larmes de bonheur. Nous nous sommes gardés cette fois d’une réaction immédiate. Nous avons pris le temps d’une réflexion plus longue. Il est encore trop tôt pour se réjouir. L’histoire, malheureusement ne nous a pas encore vraiment démentit. Un chroniqueur télé, nous n’avons pas noté lequel, a dit le lendemain de l’annonce de la signature, « que si l’Iran avait consenti à mettre ainsi la tête sur le billot, c’est parce qu’il se ressentait lourdement des sanctions internationales ». En fait, chaque « parties », on s’en doute, a ses propres motivations qui ne sont pas nécessairement celles portées à la connaissance de l’opinion internationale, dont toutes ne sont pas aussi évidentes, certaines sont probablement indéchiffrables dans l’état actuel de nos informations. Nous ne nous étendrons pas sur cet aspect de la question dont nous ignorons trop de choses. Ce que nous avons surtout retenu, du commentaire de ce journaliste, c’est cette image terrible. Signant un accord international de » nature à faire retomber les tensions internationales, l’Iran aurait donc « mis la tête sur le billot » ? Simple effet oratoire d’un journaliste en mal de métaphore ? Pas sûr. L’image est peut-être moins excessive qu’il n’y parait. L’Irak de Saddam Hussein, en son temps, avait lui aussi accepté les contrôles des inspecteurs de l’AIEA. Et l’on se souvient que cela n’a nullement empêché l’exécution de ce pauvre pays martyre. Les inspections furent au contraire un moyen de faire monter la pression, de donner crédit au mensonge d’état international qui justifia le déclenchement de l’offensive militaire américano-occidentale. Le nouveau président de la République Islamique, Mr Rohani, mettant à profits les questionnements ouverts par son élection, et les hésitations occidentales induites par le renoncement en septembre à des frappes militaires immédiates en Syrie, a tenté un rapprochement diplomatique avec l’Occident qui pourrait donner du temps et du souffle à l’Iran. Pour autant, privé de ses justifications interventionnistes en Syrie par le règlement de la question de l’arsenal chimique, sous l’égide de la diplomatie Russe, faut-il croire que le camp occidental, aiguillonné par l’Etat hébreu, entend vraiment se laisser ravir aussi le prétexte longuement élaboré, de guerre à l’Iran, que constitue la question du nucléaire ? La volonté occidentale, d’étriper la République Islamique d’Iran, ne date pas des revendications nucléaires de celle-ci et n’est en rien motivée par cette circonstance. Elle date du renversement du Shah la marionnette des anglo-américains, de la révolution de 1979 et de la nationalisation des pétroles Iraniens. La guerre Iran- Irak (1980 1988) qui fut une première tentative de lui tordre le cou, fut fomentée par les puissances occidentales, soutenue et financée par celles-ci avec l’aide et la bénédiction active des pétromonarchies. L’Irak avait été dressé contre l’Iran ». Engluées dans la boue des tranchées de Bassorah, ses deux puissances régionales moyennes qui payèrent un lourd tribu à la guerre (1200 000 morts) s’étaient neutralisées l’une l’autre durant 8 ans. Le danger expansionniste de la révolution iranienne avait été contenu, mais la paix faite sans vainqueur C’est parce que leur politique avait sustentée la puissance Irakienne, exécutrice de leurs volontés, que les apprentis sorciers occidentaux se résolurent à briser celle-ci qui risquait d’échapper à leur contrôle. Mais en provoquant l’abaissement militaire et économique de la nation Irakienne, l’occident exhaussait sans le vouloir vraiment la stature régionale de la nation Iranienne. Le rôle de « profondeur stratégique » de la révolution nationale Palestinienne qui avait été celui de l’Irak, passa tout naturellement à l’Iran. La force messianique de la révolution Iranienne noyée dans le sang de la guerre fratricide, allait elle reprendre souffle dans le soutien à la revendication nationale Palestinienne ? L’abaissement de l’Irak inscrivait à l’ordre du jour l’abaissement prochain et dès lors « nécessaire » de l’Iran. Voilà comment s’explique les velléités guerrières de l’impérialisme occidental à l’endroit de la République Islamique. La revendication nucléaire de celle-ci n’est à cet égard qu’un prétexte venu plus tard (2001). C’est d’ailleurs l’inverse qui est vrais. Ce n’est pas parce que l’Iran souhaite se doter d’un arsenal nucléaire que l’occident le menace de ses foudres, c’est parce qu’il est sous cette menace permanente que l’Iran a peut-être résolut de se doter « d’une dissuasion nucléaire ». Ah les méchants Ayatollahs hurlent alors les puissances occidentales et tout le premier Israël leur Poucet tueur, ils se défendent, ils ne veulent pas se laisser égorger en silence. Les évènements de ces dernières années l’ont rappelé à maintes reprises. Malgré les discours lénifiants ou ampoulés sur les libertés, les droits de l’homme, la démocratie et les motifs humanitaires invoqués, les relations internationales ne sont pas faites de bons sentiments ni d’engagements désintéressés. Baisser la garde, pour un peuple, une nation, ne garantit nullement sa sauvegarde ni celle de la paix, mais peut au contraire, la livrer plus vite à ses exécuteurs. Arsenal nucléaire ou pas, l’Occident et Israël ne seront satisfait, que lorsque la guerre qu’ils souhaitent leur aura permis de détruire une bonne partie de la puissance militaire et industrielle de l’Iran, lorsque, venu à bout de ses prétentions à l’indépendance, ils l’auront à nouveau réduit à l’état de servitude, ornée ou pas d’une dynastie dispendieuse. Bien sûr, une autre solution pourrait exister, si la nation iranienne consentait à se livrer elle-même à la domination occidentale. Guerre destructrice ou capitulation sans combat telle est en vérité l’alternative qu’offre à la nation Iranienne l’impérialisme anglo-américain. Mais alors, pourquoi avoir entreprises ses négociations et conclu cet accord « provisoire » ? Nonobstant son scepticisme, l’occident qui a interprété l’offre de l’Iran comme un signe de faiblesse de celui-ci, et qui veut croire que ce sont là les fruits des sanctions internationales, souhaite tester jusqu’où le « régime des ayatollahs » peut aller dans la voie du renoncement. Au demeurant, l’élection d’Hassan Rohani à la présidence de la République a été interprétée comme la « victoire des modérés » sur les « conservateurs ». L’Occident ne rechignerait pas à exacerber, à l’occasion de ces négociations, les dissensions internes à la république Islamique concernant le dossier du nucléaire, et pourquoi-pas, rendre ainsi du souffle à l’opposition. Une troisième considération pourrait expliquer ce changement de cap radical de la diplomatie américaine. Ayant repris langue avec l’Iran, l’espoir, les sanctions internationale comme monnaie d’échange ou moyen de chantage, de découpler un temps les dossiers Iranien et syrien, temporiser le soutien Iranien à son allié syrien, marchander le désengagement du Hezbollah, isoler la Russie dans son soutien au régime de Bachar Al Assad. 27 novembre 2013.

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