SILENCE ON CRIE !

SILENCE ON CRIE ! Les cérémonies du centenaire, cela va durer un an. Une année durant laquelle ils vont nous répéter les mêmes antiennes avec deux objectifs, ne jamais allé au fond de la vérité et instrumentaliser la tragédie du passé pour faire taire les pétitions du présent. A leur instar, nous reviendrons souvent sur le sujet pour faire entendre le « cri du peuple », que ça leur plaise ou non. Il y en « des », qui se taisent, cois, sidérés, ou ignorants. Nous ne les en blâmons pas. Quoique nous en soyons désolés. Mais ceux qui savent et gardent leur libre arbitre, comment pourraient-ils se cantonner au silence devant tant de crimes et d’horreurs. Comment peut-on accepter le diktat des cyniques qui veulent l’imposer aujourd’hui. Anniversaires, Jubilés, Centenaires, sont des moments forts qui rythment et convoquent la mémoire. La mémoire c’est se souvenir, mais c’est expliquer aussi et comprendre et s’indigner. Aujourd’hui sous le joug « d’un prétendu respect mémoriel » comme hier sous celui de la censure de guerre, la mémoire active et la raison devraient-elles abdiquer ? Honorer les morts à notre sens c’est leur rendre raison. Quand nous pensons à « la grande guerre », comme ils disent, la nausée nous viennent et la colère, et celles-ci nous ordonnent de crier. Les « maîtres du silence » invoquent le respect des morts, l’admiration et le recueillement poignant à la mémoire des soldats qui se sont sacrifiés pour la France. Mais qu’est-ce donc le sacrifice des poilus pour la patrie, qui devrait tant nous contraindre au silence ? Sacrifice ? Oui bien sûr ils ont été sacrifiés, comme des moutons offerts en un holocauste géant « au veau d’or » sur les autels de la nation de « Douaumont » du « Chemin des dames » et d’ailleurs. Morts pour la France ? Pas seulement. Morts pour le Tsar, pour le Kaiser, pour Victor-Emmanuel, pour François-Joseph. Russes, allemands, Italiens, Français, Anglais ou Autrichiens, Ils ont tous étaient sacrifiés aux mêmes raisons de la cupidité sans limites des rois et des maitres de forges des patrons de la mine et de la banque. Nous honorons, oui, nous honorons ces millions de victimes, les morts de toutes les nations. Nos grands-pères ? Nos aïeux ? Histoire ancienne ? Non pas, ni grands-pères ni aïeux, nos frères, notre sang, notre géhenne, histoire brûlante. Ils étaient jeunes en ce temps-là, ils étaient la fleur des nations que « leurs marâtres Patries » ont broyée en boue fétide pétrie de terre d’eau de sang d’excréments et d’entrailles. « Morts pour la France » ? Allez donc ! Avez-vous seulement songé combien ce prédicat est à la fois abusif et exclusif ? C’est la formule imposée du déni d’Histoire. Elle dit qu’ils sont morts pour quelque choses de positif, elle reformule la justification de l’injustifiable. Ceux qui réclament le silence au nom de la mémoire des « morts pour la France », sont en vérité dans le présent et pour le futur les complices mémoriaux des bourreaux des peuples de ce temps. 15 novembre 2013.

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