DISCUSSION AVEC JEAN-CLAUDE MAILLY POURQUOI LES SYNDICATS DE SALARIES BOUDENT-ILS LE MOUVEMENT ANTI-FISCAL ?

DISCUSSION AVEC JEAN-CLAUDE MAILLY POURQUOI LES SYNDICATS DE SALARIES BOUDENT-ILS LE MOUVEMENT ANTI-FISCAL ? Nous avons noté le 6 novembre, « Bonnets rouges et bonnets d’âne » nous adressant à la CGT et « au Front de gauche, « nous constatons avec effarement que plutôt qu’appeler vos forces, tous les ouvriers, les salariés et les chômeurs de France et de Navarre à se joindre à la province finistérienne, vous faites sécession. Vous appelez à manifester séparément et sur d’autres revendications, au prétexte que des patrons se reconnaissent bien sûr dans la revendication antifiscale, que celle-ci est soutenue et encouragée par le patronat et la droite,, vous la dédaignez. Pire vous inséminez les germes de sa scission future, tracez en pointillés les limites de sa propagation. » Or, depuis, Jean-Claude Mailly y est allé lui aussi de son renfort au camp de l’ostracisme syndical à l’endroit du mouvement antifiscal. « Il juge que « le rôle d’un syndicat, c’est bien de défendre les intérêts des salariés », et non d’être dans une logique « toutes classes sociales confondues ». « En tant que syndicat, nous nous représentons les salariés, l’intérêt des salariés. Nous, on est sur les questions de salaires, d’emploi, on n’est pas sur autre chose. » (Le Point.fr 10/11/2013) Jean-Claude Mailly se repli là sur une définition fort restrictive de l’action syndicale : l’emploi et les salaires. Est-ce pour mieux faire oublier que lui-même et ses amis de la CGT qui avaient du temps de Sarkozy, réussit une puissante mobilisation contre la réforme des retraites, se sont bien gardés cette fois, de provoquer la moindre mobilisation, se limitant à accompagner le deuxième volet de cette réforme qui aggrave encore celle de Sarkozy/…. Mais nous ne sommes pas dupes, nous ne prenons pas au pied de la lettre la déclaration du secrétaire général de la CGT-FO. Les directions de la quasi-totalité des syndicats de salariés, bien au-delà des seules questions d’emploi et de salaire, s’inscrivent en faux, et nous le savons, contre la « politique d’austérité du gouvernement, qui est récessionniste et pèse au bout du compte très lourdement sur les plus démunis. D’ailleurs, Jean-Claude Mailly se dément lui-même aussitôt quand il ajoute « « Tout le monde a bien compris qu’il y a un vrai problème de politique économique au niveau national et au niveau européen », « le problème aujourd’hui n’est pas un problème breton et régionaliste parce que si on rentre là-dedans, autant dire qu’on n’a plus de République. Le problème se pose sur l’ensemble du territoire. Il dénonce une nouvelle fois la logique d’austérité en appelant à une « grande réforme fiscale » plutôt que du « touchisme fiscal » (dimanche 10, « Les Echos.fr ») Qu’est-ce en effet que « l’accroissement de la pression fiscale ? » N’est-ce pas précisément un des volets et non des moindre de la politique d’austérité. L’écotaxe, la TVA augmentée, se répercuteront nécessairement sur les prix des biens et des services. Qui les paiera en définitive sinon les petites gens, les salariés, les ouvriers, ceux qui parce qu’ils ne crèvent pas de faim sont aujourd’hui appelés « les classes moyennes » ? Nos syndicalistes ne protestaient-ils pas sous le quinquennat précédent, quand fut envisagée l’augmentation de la TVA, que s’était l’impôt le plus injuste ? Alors, Alors ! Comment peut-on à la fois dénoncer l’austérité, et refuser de se joindre à ceux qui s’y opposent par le mouvement antifiscal actuel ? Voilà que les salariés trouvent un renfort inattendu qui pourrait s’ils s’y joignaient, contraindre le gouvernement à changer de cap. Et ils devraient s’en priver, faire la fine bouche ? On pourrait gagner, mais on ne le veut pas avec vous messieurs les petits patrons. Nous préférons vous faire perdre et perdre avec vous, pour le plus grand profit des multinationales de la Banque et du capital financier. En voilà une logique imparable et qui fait froid dans le dos. Cela est-il aussi incompréhensible qu’il n’y a l’air ? Malheureusement non. Ces syndicalistes et responsables politiques de la « gauche de la gauche » qui font la moue sur le mouvement des bonnets rouge en se donnant des airs intransigeants « classe contre classe », ont en vérité perdu toutes références et culture de classe. Leurs références politiques, leurs repères, ce ne sont pas ceux « des classes sociales, ouvriers/salariés contre patrons, ce sont des « camps politiciens » « droite et gauche ». Ils sont « la gauche » ils s’identifient à elle, et pour ce qu’ils appellent « son succès » ils sont disposés si sa s’avère nécessaire à renier tous leurs principes et à trahir tous leurs mandants. Pourquoi refusent-ils d’unir leurs forces syndicalistes à celles du mouvement antifiscal ? Pour diviser le front de la contestation, pour tenter d’en enrayer la progression. Dans les mots ils critiquent l’action gouvernementale, mais au bout du compte, dans les faits, ils volent au secours du gouvernement. Leur « crédo reste « la réussite du gouvernement de gauche », même lorsqu’il est apparent que cette réussite «éventuelle est celle en vérité de la politique antisociale du capital financier son véritable donneur d’ordre. (notre article : « Bonnets rouges et bonnets d’âne » 10/11) 13 novembre 2013.

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