PETITE CONTRIBUTION AU PROCÈS DE L’ÉCOLOGIE POLITIQUE.L’accès à la sensibilité écologique fut pourtant un progrès indéniable de la conscience humaine. Mais, l’économie capitaliste dont le moteur est le profit immédiat, n’a que faire des préoccupations écologistes. On le voit bien dans cette période de sensibilisation exacerbée sur la production de CO2 et le réchauffement climatique. Dans le temps même où les dirigeants politiques et économiques paraissent faire des concessions à la revendication écologique ils ne s’en précipitent pas moins, à corps perdu dans l’exploitation des gaz de schiste, ou des réserves pétrolières de l’Arctique. C’est pourquoi, de par l’essence des choses, l’écologie se devait d’être « anticapitaliste ». Or, l’Histoire a voulu que cette prise de conscience écologique se fasse et croisse dans le monde, précisément dans le temps où s’effondrait le « bloc soviétique » et où reculait considérablement l’espérance des peuples dans la transformation socialiste. Alors, l’écologie naissante, qui aurait du en toute logique, s’inscrire dans le combat anticapitaliste et contribuer à redonner du souffle à la revendication socialiste des peuples, a cherché, par défaut, à s’inscrire dans le paysage politique existant, non comme thème et motivation supplémentaire à la mobilisation insurrectionnelle des peuples, mais à titre particulier, autonome : « l’écologie politique »C’est dire que dès lors, elle avait pour dessein d’investir le système. En s’autoproclamant « politique » l’écologie faisait en fait le choix de l’intégration. Elle allait devoir gérer une contradiction insoutenable, celle de défendre la revendication écologiste dans un environnement sociopolitique autiste à celle-ci. Le « productivisme » est antinomique à la conscience écologiste. Or l’économie capitaliste est productiviste par nature. Refusant le partage de la richesse, elle ne consent à céder une part de celle-ci, nécessaire à la survit des travailleurs qu’à la condition expresse que ceux-ci, fassent, à la manière de la cage d’écureuil, tourner toujours et toujours plus la machine à faire du « profit ». Cette spécificité se traduit dans la conscience politique générale par la philosophie « de la relance », totalement partagée, de droite et de gauche. Pour créer des emplois, pour distribuer du salaire, il faut, selon elle, « relancer » la machine économique, faire tourner celle-là à plein régime. À défaut, les salariés (écureuils) « n’ont qu’à aller se faire voir ailleurs. » Cette manière d’aborder la question relève en vérité du refus obstiné de poser, l’autre, celle du partage de la richesse déjà fort abondante, même en période de ralentissement économique.Voilà pourquoi « l’écologie politique » ayant fait ce choix fondamental de l’intégration au système est tenue de balancer entre option productiviste et solutions économiques malthusiennes. Option productiviste : Le bonus écologique sur les véhicules est une illustration fort édifiante de la dérive productiviste de l’écologie politique. La finalité en étant surtout, à l’instar de l’antique « Jupette » et bien que sous le label «écologiste, de soutenir par des incitations « la production de véhicules ». Les nouveaux véhicules mis en circulations sont certes plus propres. Mais le bilan carbone de l’opération, devrait, pour être tout à fait juste, faire rentrer en ligne de compte ce que produisent de CO2 supplémentaire le recyclage des véhicules anciens et la production des nouveaux. Pas sûr, à cette aune, que l’argument écologique soit tout à fait justifié ?Solutions malthusiennes : les taxes. … taxe carbone, malus écologique, taxes supplémentaires sur le gas-oil, taxes sur l’élimination des déchets, la politique de « l’écologie-politique » peut être résumée par ce seul mot, « taxe ». Des taxes de toutes sortes. L’écologie politique parait être devenue une officine à inventer des taxes toujours nouvelles et la plupart du temps impopulaires. Celles-ci pèsent sur le pouvoir d’achat des couches populaires et participent du nouveau partage des richesses encore plus favorable aux riches. Les secteurs de la consommation populaires sont sommés de se rétracter, sous le poids de celle-ci. La politique tarifaire va dans le même sens. Les écologistes soutiennent la hausse des tarifs de toutes les énergies fossiles, de l’eau, du recyclage des ordures ménagères, etc. Les petites gens n’ont qu’à « moins » consommer, faire moins de déchets, moins rouler, moins se doucher, moins se chauffer, etc. Dans une économie raisonnée, on pourrait faire des choix stratégiques, consentis et harmonieusement pilotés. Par exemple celui de développer les transports ferroviaires (fret et rail/route) et fluviaux plutôt que le transport routier. Celui de développer les productions locales et le commerce de proximité afin de raccourcir les distances et la masse des transports, grands générateurs de CO2., etc. Mais en économie capitaliste on ne peut pas faire cela. C’est le marché qui commande et il est allergique aux velléités « dirigistes » des états. C’est pourquoi, à défaut, les taxes et politiques tarifaires restent les seuls leviers de pilotage possible. Tant pis si ce sont les classes populaires qui en font les frais, toutes les premières.« L’écologie politique », se vivait un peu comme une troisième voie entre capitalisme et socialisme. Il n’y a pas de troisième voie. L’écologie politique n’a pas de place véritable en ce monde. C’est pourquoi elle s’est reniée. Comme force de gouvernement elle n’est qu’un faire-valoir des politiques d’austérité aggravées et comme parti elle n’est que la justification des choix stratégiques de rétraction malthusienne de l’économie qui sont ceux, actuels, du capital financierLes écologistes, les vrais, s’honoreraient en enterrant « l’écologie politique» et en rejoignant le combat social des peuples.Vendredi 8 novembre 2013.
