QU’EST-CE QUE L’AUSTÉRITÉ ?

QU’EST-CE QUE L’AUSTÉRITÉ ?Il nous est arrivé d’entendre, vous les avez probablement entendu comme nous, certains, parmi ceux-là Jean-Luc Mélenchon, s’étonner, apparemment à juste titre que François Hollande qui a reconnu que l’austérité conduisait à la récession, promet encore plus d’austérité.Certes cela, qui est de nature à heurter le « bon sens », peut paraitre incompréhensible à qui croit que la récession est seulement une calamité. Qu’il conviendrait de tout faire pour l’éviter, particulièrement en remisant les politiques d’austérité qui foin de la juguler ne font en vérité que l’engendrer.Ceux qui raisonnent ainsi le font parce qu’ils pensent que la mission des responsables politiques est, ou devrait être, de veiller au bien-être du plus grand nombre. Mais n’est-ce pas faire abstraction du caractère de classe de tout pouvoir politique ? Les pouvoirs de la 5ème République, mis successivement en place dans le cadre de l’alternance droite gauche, ne sont que les commis, les serviteurs zélés du grand capital et de la grande finance internationale. Hollande comme Sarkozy ont pour mission de veiller aux intérêts de cette classe dominante. Ils s’en acquittent avec zèleCe constat fait, il convient d’en tirer toutes les conséquences. Et la toute première est que les dirigeants politiques ne sont pas du tout préoccupés du bien public qui voudrait que l’économie fonctionne pour le bien commun. Ce qui les motive, ce n’est pas que le pays produise suffisamment de richesse et que celle-ci soit redistribuée équitablement pour assurer le bonheur de tous. Mais que le « taux de profit », cette catégorie économique sans âme, soit suffisamment élevé pour être attractif aux investisseurs.Or, le taux de profit du capital, pour le rétablir ou l’accroître, il faut faire baisser la part des salaires. Tous les moyens sont bons à cet usage. L’austérité budgétaire en fait partie.Qui est désigné comme responsable du déficit budgétaire et de l’accroissement de la dette publique ? Les budgets des administrations, et en tout premier lieu « la masse salariale » de ceux-ci, qu’il convient alors de contracter, c’est-à-dire de réduire le nombre des emplois, des personnels de santé, des enseignants, des policiers, etc. Ce qui a pour conséquence de réduire la part de la richesse globale redistribuée aux classes populaires. Les dépenses sociales, santé, couverture sociale, retraites, allocations familiales, aides publiques, etc., toutes ces formes du revenu des classes populaires qui sont du salaire différé. Les amputer, les réduire par toutes sortes d’artifices, les rogner, revient également à faire baisser la part salariale dans la distribution de la richesse produite.On ne peut pas vouloir faire baisser la part salariale et les salaires sans réduire le pouvoir d’achat des salariés et conséquence mécaniquement induite, quand on veut faire baisser le pouvoir d’achat des salaires, on ne peut ignorer que cela implique une réduction de l’activité, voire la disparition de nombreuses petites entreprises et commerces. Autrement dit, qui veut l’austérité et la baisse du coût du travail veut aussi la récession de ce secteur de l’activité économique qui travaille pour la consommation des ménages. Cela signifie que les décideurs politiques et économiques qui font mine d’être surpris par le cours des choses sont en vérité de fieffés menteurs. Ce par quoi ils prétendent être surpris, ils l’ont sciemment voulu et préparé.La baisse massive du pouvoir d’achat des salaires, et en vérité une politique économique « Malthusienne » dans son essence, entièrement consciente et pleinement assumée par les décideurs, depuis Tatcher/Reagan, par les dirigeants politiques occidentaux.Si l’on veut augmenter le taux de profit du capital, c’est-à-dire la part de la richesse sociale que celui-ci capte et s’approprie, il n’y a pas de secret, il faut dans la même proportion, faire chuter la part des salaires dans le partage des richesses produites. N-avez-vous pas remarqué combien en ces temps « de crise », le, on devrait dire les, secteur du luxe se porte à merveille ?La récession est-elle une calamité « naturelle » qui s’abat sur les peuples ? Pas vraiment. C’est surtout une calamité consécutive aux dysfonctionnements du système fou de l’économie de marché. Mais, pas seulement. Ce peut-être aussi un passage parfaitement assumé par les dirigeants politiques et les décideurs économiques dans leur offensive de classe contre les salariés, pour un nouveau partage des richesses toujours plus favorable au capital.L’austérité généralisée en Europe est une politique de violente agression sociale des bourgeoisies européennes, contre les classes populaires.Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » 28 octobre 2013.

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