ÉCHO PARLANT QU’EN BRUIT ON MÈNE

« ÉCHO PARLANT QU’EN BRUIT ON MÈNE »* Ce gouvernement, comme le précédent, pratique la manipulation des chiffres, et n’hésite pas à user de la rumeur et à exploiter la fausse nouvelle, à des fins de propagande.François Hollande a « promis » « croix de bois croix de fer, si je mens je vais en enfer » d’inverser la courbe du chômage, d’ici à la fin de l’année 2013. Et bien que chacun sache que cette promesse est aussi grotesque qu’acadabrantesque, tous, chacun à sa place et selon son statut, se prêtent au jeu de la fausse vérité, et apporte leur pierre à l’édification de celle-ci. Alors, quant au tout début de la rentrée, l’INSEE annonce une spectaculaire chute du nombre des demandeurs d’emploi (moins 51 000, soit 1,5%), au mois d’août, personne ne conteste vraiment, « C’est une bonne nouvelle, mais qui mérite d’être relativisée » disait simplement Cécile Crouzet dans « Home ECONOMIE Flash Eco » « Figaro.fr » le 25/09/2013. Ce qui ne l’empêchait nullement d’en rajouter une couche : « Cette baisse, de 1,5%, est la première depuis avril 2011. Mieux, lorsqu’on élargit la focale en incluant les demandeurs d’emploi ayant eu une activité réduite et, à ce titre, inscrits en catégorie B et C, la tendance est identique : le nombre de personnes inscrites à Pole Emploi en catégorie A, B, C a diminué 62.700 en août. ». Certes, on temporise un peu. « Michel Sapin, le ministre du Travail, veut rester prudent : « les résultats d’un mois ne font pas un retournement » a-t-il déclaré, dans un communiqué. Pis, « une baisse en août ne permet pas d’exclure une hausse le mois suivant ». On évoque même une possible erreur « Mais les chiffres montrent surtout qu’en août – et c’est la principale raison de la baisse de 50.000 affichée – un nombre plus important de personnes (77.000 de plus qu’en juillet – soit une hausse de 40% sur un mois et un an) ont « oublié » d’actualiser leurs données à Pole Emploi, ce qui a conduit à la suspension temporaire de leur inscription ». « L’inversion de la courbe du chômage, promise par François Hollande à la fin de l’année, se serait-elle produite avec quelques mois d’avance ? ». Les nuances troublantes qui incitaient pourtant à la temporisation n’avaient pas, on le voit, empêché Cécile Crouzet de se prêter au jeu de l’optimisme de commande. À son instar, tous ou presque préférèrent enfourcher la monture de la fausse nouvelle pour distiller la vérité officielle. Journaux, magazines, ministres et médias, tous y allèrent de leur petit couplet. Cela prouvait que le redémarrage économique était proche ? François Hollande était peut-être en passe de gagner son pari ?Mais, fin septembre, on apprend, « Erreur de Pôle emploi dans les chiffres du chômage en août ». Ce ne serait pas 51 000 demandeurs d’emploi en moins, mais seulement 22 à 31000, 0,4 ou 0,6 %. Comme personne, ni à l’énoncée de « la bonne nouvelle », ni à la « révélation » du mensonge, n’a pris en compte les variations saisonnières liées aux emplois spécifiques de l’été, on imagine que c’est à peu de chose que se réduit en vérité la petite variation des chiffres gonflés comme une baudruche par l’effet de la mauvaise foi gouvernementale et médiatique.Qu’à cela ne tienne, l’optimisme étant de rigueur, « Les Echos.fr » persistent dans cette tonalité.. Le 3 octobre, il intitule « Croissance : l’éclaircie se confirme » l’article à la fin duquel ils font part pourtant de la nouvelle suivante « Un « bug » de SFR » « En effet, on sait depuis plusieurs semaines que la baisse annoncée de 50.000 demandeurs d’emploi au mois d’août tenait essentiellement à un bug de SFR dans l’envoi des SMS de relance des chômeurs . Et que le recul du chômage a sans doute été moitié moindre et portait plutôt sur 22.000 à 29.000 personnes. » « Dans ses dernières prévisions diffusées ce jeudi soir, l’Insee prévoit une stagnation du PIB au troisième trimestre, mais une hausse de 0,4 % au quatrième. Le chômage se stabiliserait à un niveau élevé fin 2013. » écrit ainsi Frédéric Schaeffer . Et il annonce que « La consommation des ménages va continuer à progresser » « soutenue notamment par le déblocage de l’épargne salariale et l’anticipation d’achat de voitures en amont du durcissement du malus au 1er janvier. » Ah donc, la bonne nouvelle que voilà. C’est en puisant dans leur épargne, ou réagissant aux injonctions de mesures incitatoires, que les « consommateurs » vont continuer de consommer. Pour notre part nous ne voyons en cela que de sombres présages.« Ce ne sera toutefois pas suffisant pour faire reculer le chômage comme François Hollande s’y est engagé. Il cesserait tout de même d’augmenter sous l’effet de la montée en charge des contrats aidés. ” Là encore, pas la moindre raison de se réjouir. Pas de création d’emplois, pas de « réindustrialisation », seulement des « contrats aidés » c’est-à-dire des manigances et manipulations pour masquer la réalité.Enfin, le 24 octobre « Remontée spectaculaire du chômage en septembre ». « Home ECONOMIE Flash Eco » « Le Figaro.fr » « Le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a bondi de 60.000 en septembre, à 3,295 millions de personnes (+1,9%), a indiqué ce jeudi le ministère du Travail. En incluant les chômeurs ayant effectué quelques heures de travail durant le mois (les catégories B et C), la hausse s’élève à 54.200 sur le mois (+1,1%, à 4,843 millions de personnes »Et dire que c’est « sur les résultats » que Monsieur Hollande prétend compter pour inverser la tendance actuelle à la désespérance sociale et contenir la montée électorale du FN qui s’en nourrit.Bien que l’adage affirme que tous les chemins y mènent, encore faut-il pour y atteindre, emprunter l’un de ceux-ci et le parcourir dans le bon sens. Nul, partant de Marseille, n’arrivera à Rome, qui se dirige vers Paris. La politique économique de « l’administration Hollande » ne peut ni inverser la courbe du chômage, ni soutenir la consommation des ménages, puisque les horizons vers lesquels elle chemine sont totalement à l’opposé de ces préoccupations, quoiqu’elle en dise pour « la galerie.Les résultats ? Mais quels résultats autres espère-t-on vraiment quand on pratique une politique de récession économique. Car, qu’est-ce « l’amélioration annoncée de la compétitivité des entreprises » sinon une politique de récession brutale et pleinement assumée. Améliorer « la compétitivité » cela signifie en clair, réduire la part salariale dans le partage de la richesse produite. Cela ne peut aller sans rétrécissement consécutif du marché intérieur, particulièrement celui lié à la consommation populaire, et la baisse d’activité des secteurs économiques, agricoles, distribution, industrie agroalimentaire, et industries des biens de consommation courants, avec à la clé, effet boule de neige, des fermetures d’entreprises et encore plus de pertes d’emplois.26 octobre 2013.* Ver de François Villon : « les dames du temps jadis ».

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