LAURENT FABIUSÀ LA CHASSE À LA COLOMBEÀ propos de la dernière réunion des amis-égorgeurs de la SyrieCeux qui se font appeler les «Amis de la Syrie», ses égorgeurs en vérité, se sont réunis à Londres, ce mardi 22 octobre 2013, avec l’intention de convaincre l’opposition de participer à la conférence internationale, Genève-2 « sur la transition politique en Syrie ? ». C’était tout au moins l’intention qu’ils affichaient.Onze pays, occidentaux et arabes, nous apprend l’AFP, « Seront représentés dans la capitale britannique : les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Turquie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, l’Égypte et la Jordanie. ». Vous pouvez compter, ça fait bien onze.Onze ?..Onze !..N’étaient-ils pas 114, le 12 décembre 2012 à Marrakech ?Donc, « onze pays arabes et occidentaux (dans laquelle de ces deux catégories faut-il classer la Turquie) vont tenter de convaincre l’opposition de se présenter unie et forte. » à la Conférence internationale Genève 2 qui pourrait se tenir en novembre. En réalité, ça commence bien mal en matière d’unité et de force, puisqu’un « groupe clé a décidé de boycotter » cette conférence. Un groupe clé en effet. Il s’agit rien moins que du « Conseil national syrien (CNS), groupe le plus important de la Coalition de l’opposition ». Or celui-ci, non content de faire faux bon menace en outre de faire scission « si la Coalition y assistait. » Imaginez, la conférence de la paix sans l’un des belligérants, c’est comme pas de conférence du tout. L’objectif est clair. Le CNS ne veut rien moins que faire capoter la conférence Genève 2..Les méthodes, les exigences démesurées du CNS, ressemblent, comme deux gouttes d’eau, aux exigences démesurées de la France à l’ONU, quand celle-ci voulait faire capoter l’initiative russe sur l’arsenal chimique syrien ? Il y a des similitudes qui ne trompent pas. C’est qui, c’est quoi le CNS ? Chacun le sait, c’est la marionnette, c’est la créature de la France. De là à penser qu’il s’agit en vérité d’un numéro de ventriloque, et que les mots que dit la marionnette sont ceux de la France, il n’y a pas loin.Vous connaissez l’histoire de Fernand Reynaud qui demandait au serveur du bistrot du coin un petit crème avec deux croissants. Je n’ai plus de croissant lui disait le garçon. Alors, donnez-moi un café noir avec deux croissants. Etc. C’est exactement ce que font, les diplomaties occidentales, France en tête, depuis plusieurs mois. Il n’est pas question de mettre Bachar Al-Assad à l’écart disent la Russie, l’Iran et la Chine. Bon, alors d’accord pour une résolution sur l’interdiction des armes chimiques, à la condition que Bachar Al-Assad soit préalablement écarté du pouvoir, dit Hollande à l’ONU (….). Proposition inacceptable réitère la Russie. Bon qu’à cela ne tienne, d’accord pour la conférence Genève 2, à la condition expresse que Bachar Al-Assad soit mis hors jeu. Insistent les marionnettes ventriloques du quai d’Orsay.D’ailleurs, ne l’avions-nous pas écrit dans les semaines qui ont suivi l’annonce de l’intention de réunir cette conférence « Genève 2 » consécutive à la visite de John Kerry en Russie (les 7/8 mai 2013) : « L’inimitable arrogance de la France » (29 mai 2013) « Engagée comme elle l’est, elle n’a d’autre issue que l’élimination du chef de l’État syrien. La France veut la guerre. Alors, quand on parle de « conférence » et de « solution négociée » la diplomatie française s’énerve, perd son sang froid. L’ultime façon, la plus sûre à son sens, d’éviter le camouflet c’est de faire capoter la conférence « sine die », ou pour le moins la condamner à l’échec. À cette fin, la France fera feu de tout bois. C’est dans ce contexte qu’il convient d’apprécier les prétendues révélations à point nommé des journalistes indépendants » du journal « Le Monde », qui se sont efforcés d’accréditer l’idée que l’armée syrienne légale faisait usage d’armes chimiques. ».. « C’est dans ce contexte et à cette fin également qu’il faut apprécier la décision de l’Union Européenne de lever l’embargo sur la livraison d’armes aux rebelles par la France et le Royaume-Uni. C’est avec le même dessein qu’elle entend faire obstacle à la participation de l’Iran à la conférence internationale en gestation. »Les exigences et motifs invoqués étaient de même nature, et au nombre de celles-ci il y avait bien sûr déjà, le départ du pouvoir de Bachar Al-Assad et sa traduction devant le TIP, pour « crime contre l’humanité ».. La France, devenue, par défaut depuis le vote de La Chambre des Communes, le premier allié des USA, ne peut ouvertement s’inscrire en faux contre une initiative diplomatique à laquelle parait souscrire son maitre. Elle est tenue de faire semblant d’acquiescer. Mais ce positionnement de façade ne lui interdit en rien de comploter librement contre le succès de celle-ci. Ne pouvant afficher elle-même ouvertement son intention de faire capoter Genève 2, elle a donc missionné en ce sens, sa créature, le CNS.Bon, la réunion s’est tenue mardi 22 octobre 2013, et, comme de bien entendu, la tonalité imprimée par la France s’est confirmée. « Dans (son) communiqué final ».. « le « groupe des amis de la Syrie » a ».. « insisté sur l’accord mutuel qui veut qu' »Assad et ses proches collaborateurs ayant du sang sur les mains n’auront aucun rôle à jouer en Syrie ». « Il faut que des comptes soient rendus pour des actes commis durant ce conflit », souligne le texte.Admettons. C’est la guerre. Assad, qui défend le gouvernement légal, a du sang sur les mains, soit. Mais, n’en ont-ils pas « du sang sur les mains » les dirigeants des oppositions dites démocratiques ou djihadistes, et les dirigeants du clan occidental et des pays arabes qui attisent le feu de la guerre ? Mais alors si à ce prétexte les uns et les autres s’exclurent mutuellement, qui donc va négocier avec qui ? Personne ! En tout cas pas vraiment. Un tel positionnement signifie surtout qu’en vérité ils ne veulent en aucun cas négocier, mais poursuivre la guerre.Et de fait, cette exigence préalable inacceptable de mettre hors jeu le président Assad, serait le consensus, auquel aurait abouti la réunion des « amis de la Syrie. » « Mais ce consensus, poursuit « le monde.fr », pourrait bien être le seul obtenu par le groupe mardi, » « Le projet d’une conférence de paix internationale sur la Syrie, baptisée « Genève 2 » est en effet dans l’impasse, l’opposition syrienne exigeant toujours comme préalable le départ du président Bachar Al-Assad. »« Le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, a tout de même jugé « positive » cette réunion en, estimant que les onze pays occidentaux et arabes présents n’avaient jamais été aussi « précis sur la préparation de Genève 2 ». Laurent Fabius a ajouté que le rendez-vous de Londres avait aussi été « positif du point de vue de la coalition ». « Nous leur avons fourni un certain nombre de réponses, et à partir de là, ils ont une réunion prochainement et ils prendront la décision nécessaire », a-t-il dit, sans plus de précisions. »Laurent Fabius, a jugé « positive cette réunion » mais en quoi, de quel point de vue, parce qu’elle a préparé le succès de Genève 2 ou parce qu’elle en a creusé le trou ? « Les pays occidentaux et arabes n’ont jamais été aussi précis » dit le ministre des affaires étrangères français dans le langage faux-cul qu’il affectionne. Mais précis, sur quoi au juste ? Sur la nécessité d’assurer le succès de Genève 2, ou sur la meilleure façon d’en préparer l’échec ? « Nous leur avons fourni un certain nombre de réponses», lesquelles à qu’elles questions ? « ..et ils prendront la décision nécessaire. » Celle de participer avec une véritable intention d’aboutir ou celle de boycotter ? Le propos de Laurent Fabius est volontairement évasif.Ce qui justifie la satisfaction de Laurent Fabius parait être surtout que « la colombe de Genève 2 » a du plomb dans l’aile, et que la France est en passe d’atteindre son objectif, celui de la tuer.Jeudi 24 octobre 2013.
