ISRAËLCHAUDRON DES SORCIERS DE LA GUERRE IMPÉRIALISTELe Président Obama, pris de court par le lâchage britannique, déstabilisé et en bute à une opinion publique très majoritairement hostile aux «frappes » annoncées, semblait tergiverser. C’est dans ce temps que survint l’initiative russe proposant la mise sous contrôle international de l’arsenal chimique syrien. Le président des USA ne pouvait guère faire autrement que de paraitre l’accueillir favorablement.Mais au Moyen-Orient, les USA ont un allié privilégié, qui même lorsqu’il opte pour la discrétion, n’en est pas moins un des acteurs principaux de ce « théâtre d’opérations », et qui, considérant sa situation géographique, se vit lui-même comme l’acteur principal, le premier concerné, celui sans qui rien ne doit se faire là. Cet acteur, paranoïaque et égocentrique, c’est le petit État l’Israël. Ayant répondu favorablement à l’initiative diplomatique russe, Obama s’est donc cru obligé de dépêcher John Kerry à Tel-Aviv pour « rassurer « les amis israéliens ».Mais au fait, rassurer Israël, de quoi, pourquoi ? Des frappes militaires envisagées contre un pays voisin n’auront pas lieu (en tout cas pas tout de suite), des destructions seront évitées, des vies épargnées, le risque inhérent de régionalisation du conflit évité, voilà nous semble-t-il qui était de nature à rassurer des gens normaux, qui aspirent tout bonnement à vivre en paix et en bon voisinage. Or, c’est précisément l’inverse qui est vrai pour l’État d’Israël. La guerre évitée, c’est ce qui l’inquiète et l’angoisse. « Plusieurs hauts responsables israéliens ont déploré les « hésitations » du président Obama sur le dossier des armes chimiques syriennes, craignant que son manque de fermeté n’encourage Téhéran à poursuivre son programme nucléaire. »(Home ACTUALITÉ international » « Le Figaro » 15 septembre 2013). « Vous n’allez pas frapper, détruire, tuer ? Non, rassurez-nous, ce n’est pas vrai. »En langage clair, Israël regrette que « les frappes » annoncées n’aient pas eu lieu. Plus même, il en profite, une fois encore, pour rappeler ce qui est et doit rester l’objectif ultime de cette guerre, l’abaissement de l’Iran. Israël a besoin d’être rassuré, car Israël a peur.Israël avait peur de Nasser et du nationalisme arabe, il avait peur hier de Saddam Hussein et de l’armée irakienne, « la deuxième armée la plus puissante du monde qui détenait un arsenal considérable d’armes de destruction massive». Il avait peur de Kadhafi « l’incontrôlable, soutien de la résistance palestinienne et de tous les terrorismes ». Il avait peur nous a-on-dit « des printemps arabes » qui déstabilisaient la région, puis de la montée en puissance de l’islam politique. Il a peur des armes chimiques syriennes. Il a virtuellement peur de l’arsenal nucléaire que l’Iran pourrait avoir, un jour, peut-être. Il a peur du Hezbollah Libanais lequel fut créé précisément pour se défendre des agressions israéliennes. Il a peur du Hamas et des Palestiniens de Gaza qu’il encercle pourtant comme des rats dans leur ghetto. Armé de chars sophistiqués, d’une aviation dernier cri, d’hélicoptères de combat, de missile guidé au laser, de bombes au phosphore, Israël a peur des roquettes artisanales. Il a peur d’Al-Qaïda et de l’intégrisme musulman. Mais alors, pourquoi diantre veut-il la mort du régime syrien de Bachar Al Assad qui sera la victoire de ces derniers ?. Israël a besoin d’être rassuré, car Israël à peur.C’est une de ces thèses mensongères que les médias occidentaux tentent d’accréditer, pour rentrer en résonance avec la culpabilité qui hante la mémoire collective des peuples christianisés d’Occident, afin de faire vibrer toujours leur fibre sensible, « le petit Poucet perdu dans la forêt hostile », ou héritée de la culture biblique, la vieille antienne de « David et Goliath. ».Mais Israël apparemment n’a pas peur de la guerre. La guerre, c’est sa complexion, son addiction, son crédo. Il a peur du partage de la Palestine, il la veut tout entière pour lui, il se lance dans une guerre de conquête et d’épuration ethnique (1947). Il a peur de Nasser, il prend part en 1956, 9 ans seulement après sa proclamation, à l’expédition franco-britannique de Suez. Il a peur des Arabes, il déclenche la guerre des Six Jours en 1967. Il a peur de la résistance palestinienne, il met le Liban à feu et à sang (1982). Il poursuit l’OLP jusque dans son exil de Tunis où il bombarde son QG, au mépris de toutes les règles internationales (1985). Il a peur de Saddam Hussein, il se fait l’avocat de l’option militaire contre l’Irak, deux guerres (1991 et 2003/2011) que fera pour lui, par délégation, « la communauté internationale », il a peur de la Syrie de Bachar Al Assad et pousse au crime contre celle-ci. Et au bout du bout de cette logique, qu’y a-t-il ? Deux objectifs ultimes, la réalisation du « Grand-Israël son fantasme et l’abaissement de l’Iran au prétexte d’un supposé programme de nucléaire militaire.Israël est le bras armé et le pivot de la présence américaine au Proche et Moyen-Orient. La politique américaine dans cette région du monde consiste a diviser, morceler « l’entité arabe», abaisser, tour à tour, les prétentions militaires et les aspirations régionales de tous les acteurs principaux du drame à telle fin qu’Israël reste en toute chose maitre du jeu, la seule véritable puissance militaire régionale. C’est à cette fin et afin de claquemurer un à un tous les arrières qui constituaient« la profondeur stratégique » de la révolution nationale palestinienne, qu’il leur fallait briser l’Irak, exterminer la Jamahiriya libyenne, briser le régime baasiste syrien. C’est à cette fin qu’il leur faudra, tôt ou tard, à leur sens, mettre à genoux la révolution islamiste iranienne. C’est à cet éclairage que s’explique l’aparté d’Avigdor Liberman (ancien ministre israélien des affaires étrangères) qui justifie à propos de l’arsenal chimique israélien, car ils en ont un aussi semble-t-il, «Nous affrontons plus de menaces que tout autre pays (ce qui) exclut tout changement de posture «tant que le Moyen-Orient ne ressemblera pas au Benelux».(Home ACTUALITÉ international, « Le Figaro » 15 septembre 2013).Tant que le Moyen-Orient ne ressemblera pas au Benelux !?Combien de meurtres, d’intrigues, de violences et de guerres sont contenus dans cette formule follement cynique ?L’État d’Israël est depuis 60 ans le foyer focal de toute l’agitation politique et militaire de cette région du monde. Tous les fils des intrigues et des conflits du Moyen-Orient (dans son acception élargie) partent ou reviennent à Israël. Toutes les guerres du Moyen-Orient sont à un certain degré, même lorsqu’elles ne le paraissent pas directement des guerres d’Israël.Revenu de chez Hadès.« Sion » Israël est le chaudron où se concoctent toutes les guerres méditerranéennes et moyen-orientales de l’impérialisme américain.24 septembre 2013.
