UNE INTERVENTION OCCIDENTALE EN SYRIE, POURQUOI ?

UNE INTERVENTION OCCIDENTALE EN SYRIE, POURQUOI ?NOUS VOILÀ LE 9 SEPTEMBRE DATE DE RENTRÉ DU SÉNAT AMÉRICAIN. IL SEMBLERAIT QU’OBAMA AIT PRESSÉ LES SÉNATEURS DE VOTER DÈS AUJOURD’HUI, LE PRINCIPE D’UNE INTERVENTION MILITAIRE OCCIDENTALE MASSIVE EN SYRIE. CELA, SANS MANDAT DE L’ONU, MALGRE l’ABSENCE DE PREUVES, MALGRE L’OPPOSITION DE LA RUSSIE DE LA CHINE ET DE L’IRAN, MALGRE LES PROTESTATIONS DE LE PAPE, MALGRE L’ISOLEMENT DE LA FRANCE ET DES USA DANS LEUR VOLONTÉ D’ATTAQUE, MALGRE LA CONDAMNATION DE LEURS OPINIONS PUBLIQUES. SANS ATTENDRE LES CONCLUSIONS DE L’ENQUÊTE DES INSPECTEURS DE L’ONU, SANS DONNER AUX SÉNATEURS AMÉRICAINS LE TEMPS D’UN VÉRITABLE DÉBAT NI D’UNE MURE RÉFLEXION. POURQUOI DONC CET ACHARNEMENT ? POURQUOI CETTE PRÉCIPITATION QUI VA PLONGER LE MOYEN-ORIENT DANS UNE GUERRE RÉGIONALE MEURTRIÈRE ET DESTRUCTRICE ET RISQUE MÊME DE PRÉCIPITER L’HUMANITÉ DANS UNE TROISIÈME GUERRE MONDIALE. ?Il y a quelques mois, le journal « le Monde » apportait déjà ses preuves d’attaques chimiques du régime contre la rébellion syrienne. Une partie de la presse française dans ses pas, la diplomatie de notre pays, le gouvernement, la présidence de la République, mettaient Barak Obama au pied du mur. N’avait-il pas dit lui-même que l’usage d’armes chimiques constituait une ligne rouge qui exposerait ceux qui la transgresseraient à de lourdes représailles. Il s’agissait alors de d’inciter l’exécutif américain à décider une intervention militaire directe dans la crise syrienne. Voilà plusieurs mois en effet que le président des USA semblait trainer les pieds. Un lobby, je vous laisse deviner lequel, voulait le tirer de « sa torpeur » et l’obliger à passer à l’action. Mais des photographes non protégés qui prennent des clichés durant une attaque chimique et sont épargnés par celle-ci, ça fait désordre. La « provoc » était trop mal ficelée. Obama ne voulut pas y aller au risque, selon certains, de paraitre se dédire. Non, il y aurait simplement « des livraisons d’armes non létales » aux forces de la rébellion. Ca, s’était pour la façade, en vérité l’engagement américain allait beaucoup plus loin, en particulier avec des manœuvres militaires conjointes, fort opportunes, en Jordanie en juin, qui furent l’occasion d’acheminer sur place un armement sophistiqué lequel finalement resta en Jordanie les manœuvres terminées. L’objectif était alors la création d’une zone tampon, au nord, à la frontière syrienne. Quoi qu’il en soit, l’administration américaine, qui paraissait encore ne pas vouloir d’intervention directe semblait avoir opté pour une guerre prolongée, prenant le régime syrien en tenailles, l’attaquant de toutes parts, du nord, du sud et de l’intérieur.Puis il y eut le 21 août. Nouvelle « attaque chimique » d’une plus grande ampleur, des images-chocs, et tout à coup la décision d’intervenir illico. D’où venait l’attaque ? Des soupçons pèsent à nouveau quant à une possible provocation de « l’opposition ». Les USA, La France et l’Angleterre veulent pourtant frapper sans attendre, ils le disent, ils en sont sûrs, c’est Bachar Al Assad le responsable. Les opinions y sont majoritairement hostiles. Qu’importe. L’action enclenchée elles basculeront. Quant aux preuves, qu’importe aussi, quand ce qui doit être fait sera fait, il n’y aura plus à revenir en arrière. On a vraiment le sentiment alors que le trio impérialiste est pressé d’agir vite, comme s’il voulait devancer les conclusions de l’enquête de l’ONU. Craindrait-il que celles-ci lui soient après un obstacle insurmontable.Mais voilà un os dans le potage, David Caméron se prend à son propre piège démocratique. Il consulte la Chambre des communes, sûre que « l’anglais » dominateur ne saurait se priver d’imposer sa loi quelque part dans le monde. C’était sans compter le « syndrome de la guerre d’Irak », quand Georges W Bush et Tony Blair mentirent effrontément au monde entier pour justifier leur expédition criminelle. Le parlement anglais lui inflige un camouflet. Dès lors, tout semble vouloir aller de mal en pis pour la troïka impérialiste. Obama qui la veille encore attaquait immédiatement, décide le lendemain de consulter le Congrès américain en vacance jusqu’au 9 septembre. «Hollande se retrouve ‘Grosjean comme devant ». Cet autre grand démocrate, soi-disant socialiste, prétendument de « gauche », sera-t-il le seul des trois compères à ne pas en référer à sa représentation nationale ? On verra alors des membres du gouvernement, des responsables socialistes, venir à sa rescousse article 35 brandit, ils en appellent à ce que la constitution césariste de 58 a de plus critiquable, de plus antidémocratique. C’est ainsi que l’on a abouti à ce paradoxe cocasse. Voilà que ce Monsieur Hollande qui prétendait agir en toute indépendance et refusant de faire voter ses propres parlementaires, se retrouve dépendre, pour agir, suspendu à la décision du Congrès américain. L’Empire, vous disais-je. C’était déjà comme çà dans l’Empire Romain. C’était le sénat de Rome qui décidait pour la Palestine, la Narbonnaise ou la Syrie. Mais le Congrès américain rentre en session le 9 septembre, il serait fort étonnant qu’il puisse voter le jour même. Ne serat-il pas bien difficile, si proche de la date des conclusions des inspecteurs de l’ONU de justifier un vote de celui-ci sans attendre celles-ci ? Là-dessus, fichtre, c’est vrai il y a la réunion du G 20 prévue pour le 5 septembre, et pour comble de malchance à Saint-Pétersbourg, sur les terres de Vladimir Poutine. Et voilà t-y pas que le pape s’en mêle, qu’il écrit une lettre une bénédiction, pour celui que les médias occidentaux appellent quelquefois le« dictateur russe», qui est ainsi conforté dans son statut de protecteur des chrétiens d’Orient d’ultime recours pour la paix. Un camouflet pour Hollande et Obama les chefs de file de la terreur impérialiste.Tels Ysengrin dupés par Goupil, Hollande et Obama sont rentrés chez eux, la mine grise, et « la queue entre les pattes ». Pour autant ils ne veulent pas lâcher prise. Ils ont décidé qu’ils attaqueraient, et ils attaqueront. Bon ce n’est plus vraiment certain, mais c’est en tout cas la position à laquelle ils s’accrochent. Pourquoi ? Mais pourquoi donc cette obstination ?Dans de précédents articles, nous en avons déjà donné une explication. Les diplomaties françaises et américaines sont en quelque sorte allées trop loin trop vite, en exigeant le départ de Bachar Al Assad du pouvoir et en reconnaissant le CNS, leur créature, comme SEUL représentant du peuple syrien. Elles ne se sont pas ménagé de voies médianes, de solution de retraite. Si bien qu’une solution négociée par laquelle l’opposition reconnaitrait de fait la légalité du pouvoir existant, et renoncerait à la prérogative « de seul représentant du peuple syrien » équivaudrait pour l’impérialisme anglo-américain à une défaite en rase campagne et induirait un désastre diplomatique pour celui-ci. Ne pouvant reculer ils se sont condamnés à aller toujours plus avant. Oui, mais, voilà qu’un autre danger les guette par devant, l’isolement et la condamnation massive des opinions, et un revers militaire. Les voilà à ce stade face à un dilemme : reculer et s’exposer à un désastre diplomatique annoncé ou avancer et s’exposer au risque d’un désastre politique et militaire.Mais cette explication n’est pas la seule, il y en a une autre. On se souvient qu’il y a quelques semaines un débat eut lieu dans les cercles impérialistes occidentaux, sur la bonne manière d’aider l’opposition armée syrienne, sans sustenter les groupes jihadistes radicaux. Le problème, c’est qu’il n’y en a pas. Au point où nous en sommes rendus dans la guerre civile syrienne, les forces combattantes de l’opposition sont celles apportées par les groupes de l’Islam radical. Si les impérialistes voulaient s’en tenir à faciliter la victoire de l’opposition armée syrienne sans intervenir directement, ce qui était leur position il y a quelques semaines, cela signifierait qu’ils doivent s’appuyer sans rechigner sur ces groupes là. Une victoire militaire de l’opposition armée syrienne serait donc nécessairement celle d’al Qaîda et des groupes djihadistes recrutés par le Qatar et l’Arabie Saoudite. Pour éviter cela, une seule solution dès lors. Intervenir soi-même, leur voler la victoire.Or cela n’a que trop duré. Il faut arracher la décision sur le terrain rapidement. À défaut, tout l’échafaudage élaboré depuis le début 2011 dans la foulée des mal-nommés « printemps arabes », va se déliter s’effondrer. Il s’en suivra un basculement gigantesque des opinions arabes et bien sûr le désastre diplomatique que nous avons annoncé. La question syrienne apparait de plus en plus comme le brisant où le navire de la politique moyenne orientale de l’impérialisme anglo-américain risque de se rompre. Il faut en venir à bout. Voilà l’autre raison qui explique la fuite en avant et la folie meurtrière qui s’est emparée d’Obama et Hollande.Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». 7 août 2013.

Please follow and like us:
0
Tweet 20
Pin Share20

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

YouTube
LinkedIn
Share
Instagram
Retour en haut