FLAGRANT DÉLIT DE MENSONGE Vous avez entendu hier la réaction de monsieur François Hollande, président de la République française, à l’interview du Président Assad publié le matin même dans le quotidien « Le figaro ». Nous l’avons entendu, nous, et nous avons été choqués par son impudence. Il faut dire que nous avions lu ce matin-là, attentivement, l’interview de Bachar Al Assad par Georges Malbrunot, et que les menteries indignes, de monsieur Hollande, nous sautaient aux oreilles et meurtrissaient notre exigence de vérité.Il y eut d’abord cette « mise en bouche » où François Hollande paraissait regretter qu’un « grand journal national » ouvre ses colonnes à celui qu’il appelle un dictateur. Pour un peu il aurait reproché à Georges Malbrunot d’avoir fait honnêtement son travail de journaliste et au journal qui le publie d’avoir fait autre chose que relayer la propagande officielle. Pour ce « grand champion exportateur international de démocratie » cela l’eut fiché plutôt mal.Dans sa voix on entendait ce fameux petit trémolo caractéristique qui trahit ses grands moments d’émotion ou de colère. Qu’est-ce donc en l’espèce qui le provoquait ? La colère contre Bachar Al Assad qui lui tenait tête crânement ? Ou bien le stress que suscite les situations délictueuses où l’on se met parfois, en l’occurrence ici les mensonges dont il se rendait publiquement et consciemment coupable ?Mais le ‘clou » de cette brève intervention qui suscite à juste titre notre indignation et mérite tous les quolibets des honnêtes gens, c’est lorsque François Hollande, qui vient de regretter que « le Figaro » ait ouvert ses colonnes à un dictateur pour y débiter des mensonges, en enchaine lui même deux qui font frémir la France et honte à la fonction présidentielle :« Bachar Al Assad a menacé la France… Il a menacé le peuple de France » souligne par le ton François Hollande.Or Bachar Al Assad n’a formulé aucune menace contre quiconque. À la question de Georges Malbrunot » La France est-elle devenue un pays ennemi de la Syrie ? » Il répond : « Dans la mesure où la politique de l’État français est hostile au peuple syrien, cet État sera notre ennemi. » En quelque sorte la France n’est notre ennemi que parce qu’elle l’a choisi elle-même. Il tend même la main en signe d’ouverture, cette hostilité peut finir si l’État français le souhaite « Cette hostilité prendra fin lorsque l’État français changera de politique ». Et c’est à ce moment qu’il ajoute : « Il y aura des répercussions négatives bien entendu sur les intérêts de la France. ». Certes, on peut appeler ça des menaces, mais le mot menace a lui-même plusieurs sens. Lorsque récemment encore la France envisageait de taxer certains produits « made in china» « ne menaçait-elle pas ainsi les intérêts commerciaux chinois ?Il y aura des répercussions sur les intérêts français, a dit en vrai Bachar Al Assad. Mais sincèrement, ne me dites pas que vous en attendiez moins. Chef de l’État d’une grande puissance qui s’ingère depuis plus de deux ans dans les affaires intérieures d’un pays étranger, qui intime au président de celui-ci l’ordre de quitter le pouvoir, qui soutien et arme une rébellion sanguinaire, qui menace ce pays d’une intervention militaire, qu’elle dose d’indécence faut-il avoir pour affecter de s’indigner quand le chef de l’État du pays qu’il attaque lui signifie que cela ne sera pas sans conséquence sur les intérêts de la France. Excusez-moi du peu, mais à moi cela me parait-être la moindre des choses que Bachar Al Assad pouvait, et même se devait de dire à l’égard de la France.Or, il ne suffit pas à Monsieur Hollande de s’indigner à tort. Il lui faut aussi tordre le bâton, déformer le propos, mentir effrontément. Bachar Al Assad lorsqu’il a parlé « de retombées négatives » a précisé sur « les intérêts français». Il n’a jamais, comme l’affirme François Hollande, menacé le peuple français. Mieux même, subodorant peut-être l’usage insidieux que l’on voudrait faire de son propos, le président Assad avait pris la précaution d’être extrêmement précis. « Le peuple français, avait-il dit, n’est pas notre ennemi, mais la politique de son État est hostile au peuple syrien. Dans la mesure où la politique de l’État français est hostile au peuple syrien, cet État est notre ennemi. » Pouvait-on être plus clair ? Le peuple n’est pas notre ennemi, c’est l’État et sa politique qui est notre ennemi.Et là, Hollande s’abaisse carrément au niveau de la fange nauséabonde en déformant le propos d’autrui avec l’objectif évident de manipuler l’opinion publique.« Il (Bachar Al Assad) veut liquider tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, il aurait pu dire gazer. » Assène-t-il.Or Bachar Al Assad n’a jamais dit cela À la question de Georges Malbrunot : « Que proposez-vous pour arrêter le bain de sang ? » Il a répondu qu’il y avait au début une solution politique possible, mais que la situation avait changé aujourd’hui. « Nous combattons des terroristes. 80 à 90 % de ceux que nous combattons appartiennent à al-Qaïda. Ceux-là ne s’intéressent ni aux réformes ni à la politique. Le seul moyen de leur faire face est de les liquider. » Vous voyez que le propos est fort différent de ce que prétend François Hollande. Bachar Al-Assad parle, il est en guerre contre eux depuis deux ans et demi, de liquider des terroristes jihadistes qui se battent au nom de Dieu et pour l’avènement du « grand califat », et avec lesquels il est impossible de nouer un quelconque dialogue vu que les réformes, la démocratie, la solution politique ne sont pas leurs problèmes. Attaqué par ceux-là il n’a d’autres solutions d’autre recours que de faire face, de se battre, « de les liquider ». Ceux-là, et non pas tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui comme le dit impudemment monsieur Hollande.D’ailleurs, Bachar Al Assad ne tient pas particulièrement à les liquider, il y a une autre solution et il la suggère : « la solution aujourd’hui consiste à arrêter de faire venir des terroristes en Syrie, de leur fournir des armes et de leur apporter un soutien financier et autre comme le font l’Arabie saoudite en premier lieu, la Turquie, la Jordanie, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. »Au demeurant, il y a dans l’allégation mensongère de François Hollande, un aparté qui dit toute la duplicité malsaine de l’homme. Assad a dit liquider, « il aurait pu dire gazer » prolonge Hollande. La méthode rhétorique est ici tout simplement ignoble. Quand un grand nombre d’observateurs, jusqu’à de nombreux responsables des églises, s’interrogent sur les responsabilités réelles de ces attaques chimiques, quand l’analyse des constatations des inspecteurs de l’ONU sont en cours d’évaluation, lui a déjà tranché, jugé et rendu son verdict :« Assad est un gazeur !»Eh bien, nous lui répondons : Hollande aussi est un « gazeur », il « enfume» l’opinion publique.4 septembre 2013.
