ATTAQUES CHIMIQUES ?LA PREUVE EST FAITEOui ; mais quelle preuve ?Nous avions déjà entendu John Kerry : « Nous avons la preuve qu’il s’agit bien d’une attaque chimique ». Les « preuves » que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault a daigné présenter hier aux parlementaires français, puis distillés à 20 heures pour le grand public, sont du même tonneau. Des photos horribles de personnes et d’enfants morts ou blessés, des photos satellites de « sites de production ou de stockage supposés d’armes chimiques, des « informations » chiffrées sur l’arsenal chimique syrien.Nous avons entendu ce matin la réaction de Jean-Louis Borloo, elle était édifiante, pas de preuve tangible.Toutes informations vieilles en vérité de plusieurs années, puisque cela date déjà de bien avant le début de la rébellion, il y a deux ans et demi, que l’on nous parle de l’existence d’un arsenal chimique syrien. Nous n’avions pas besoin de ce genre de preuves qui sont « hors sujet » eu égard à la question d’actualité : « y a-t-il eu ou non attaque chimique et qui en sont les responsables ? ».La preuve dont s’honorerait, en la portant à notre connaissance, l’exécutif français, qui prétend la détenir, c’est celle de l’origine de l’attaque et de ses véritables auteurs.Or, là-dessus toujours rien, sinon des supputations, des échafaudages virtuels faits de raisonnements approximatifs : « l’ampleur de l’attaque et les moyens de coordination qu’elle suppose qui dépasseraient ceux de la rébellion, le choix des cibles. « Ce ne peut-être que le gouvernement de Bachar al Assad ». Mais « ce ne peut-être » n’est qu’une proposition déductive, pas une preuve.« C’est trop vrai, ce ne peut-être » une mise en scène de l’opposition ». Eh oui, les images sont terribles, insoutenables. Mais cela non plus ne prouve rien. Qui ne se souvient « du charnier de Timisoara » ? Les images étaient morbides, insoutenables là aussi, entièrement vraies pourtant d’une certaine manière, il s’agissait de vrais cadavres pris à la morgue de l’hôpital, s’était horrible en effet, mais s’était avant tout un horrible mensonge. Mais revenons à Damas, qui n’a jamais insinué dans le cas d’espèce qu’il s’agissait peut-être d’une mise en scène. On veut nous égarer. Cette supposition n’a été faite par personne. Celle qui a été faite et à laquelle il convient de répondre, c’est que l’usage d’armes chimiques incriminées n’est pas été le fait de l’armée régulière, mais celui de la rébellion. Ont-ils répondu à ce questionnement en voulant le balayer avec l’inadéquation supposée des moyens des insurgés ? Absolument pas. Ceux-ci sont aidés, financés, armés entrainés par la Jordanie, l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie, les USA, La France l’Angleterre et même Israël. Ils ne manquent guère de moyens matériels et d’armes sophistiquées. De nombreux corps d’élite et services de renseignements opèrent sur place. Comment ne pas supposer que l’un de ceux-ci ait pu fournir aux rebelles, leurs alliés de terrain, des produits toxiques en quantité limitée afin de fabriquer « la preuve » dont l’Occident avait besoin pour justifier l’escalade militaire ? Certes, nous direz-vous, il ne s’agit là aussi que de vagues supputations. Soit, mais nous au moins ne prétendons pas en détenir la preuve.Les attaques chimiques supposées du 21 août, sont-elles le fait du régime ou celui de la rébellion ? Voilà la seule et vraie question, nous le répétons, qu’il convient de clarifier par l’établissement de preuves intangibles. Or, ces preuves, jusqu’à nouvel avis, ni les Américains ni les dirigeants français ne les ont produites à quiconque. Alors, à défaut, dans un fatras d’informations « hors sujet », ils instillent une dose d’horreur afin d’en appeler à l’émotion au détriment de la raison. Mais l’émotion qu’ils substituent à la preuve, afin une fois encore de piéger l’opinion, peu-elle vraiment remplacer la preuve ?Dans l’immédiat elle ne prouve qu’une chose. L’action prétendument « punitive » que les chiens sanglants de l’Occident veulent mener contre la Syrie de Bachar Al Assad ne s’appuie sur aucune preuve tangible du crime dont ils accusent celui-ci.Mais elle prouve aussi tout de même, autre chose. Lorsque l’on prétend punir un crime dont on ne détient aucune preuve, cela signifie en vérité que le crime imputé n’est qu’un prétexte et que l’on a d’autres raisons, inavouable d’agir.Mais pourquoi se casser la tête plus longtemps. L’aveu du mobile véritable de l’intervention occidentale envisagée, Barak Obama, relayé par Caitlin Hayden l’ont fait publiquement par inadvertance il y a trois jours : » ce sont les intérêts cruciaux des États-Unis. »En ce cas interrogerez-vous peut-être, pourquoi l’exécutif français tient-il tant à agir au nom d’intérêts qui ne sont pas directement ceux de la France ?Nous l’avons écrit récemment (« François Hollande, le proconsul de la Francie »), parce que la France est défunte. Notre territoire national n’est plus aujourd’hui qu’une province de l’Empire américain. L’Empire a donné mandat au proconsul Hollande d’agir en son nom. À défaut de défendre les intérêts véritables de la France, celui-ci espère par sa conduite servile se gagner les faveurs de l’Empereur et être invité plus tard à grappiller quelques restes somptueux à sa table.Oui ! La preuve est faite. Tout au moins celle de la conduite ignominieuse du Président de la République et du gouvernement de notre pays.3 septembre 2013.
