FRANÇOIS HOLLANDE, LE PROCONSUL AMÉRICAIN DE LA « FRANCIE »Certains, impressionnés sans doute par le peu d’empressement de ses anciens alliés d’Irak à se joindre à la nouvelle coalition américaine, découvrent tout à coup dans l’obstination de la France, la réalité de son alignement sur les USA. Comme si cela était nouveau. Le tapis que la Chambre des Communes britannique vient de tirer sous les pieds des va-t-en-guerre a eu pour effet de jeter une lumière crue (elle), sur cette réalité. Alors bien sûr, l’équipe gouvernementale actuelle s’en défend, mal. Nous ne nous sommes pas alignés disent-ils, sur les USA, ce sont les USA qui ce sont alignés sur nous. Pensez un peu, ce serait donc la France qui donne le tempo de la politique internationale du camp impérialiste occidental ? Diable ! Quelle audace dans l’énoncé ! Quelle outrecuidance dans la prétention ! Qu’elle posture ridicule, enfin, pour cette pauvre France, même plus capable de préserver ses derniers intérêts territoriaux, prêts à sacrifier ses plus Anciennes Alliances historiques, pas même capable de défendre sa langue, pivot de la francophonie, qu’elle vend à l’encan dans ses universités.Mais faisons un instant mine de les prendre au sérieux. Barak Obama s’est rallié à Hollande ( ?). La France n’était-elle pas en effet aux avant-postes dans l’agression contre la Jamahiriya Libyenne, n’était-elle pas la première à intimer l’ordre à Bachar Al-Assad de quitter le pouvoir, à inventer et reconnaitre le CNS, à armer la rébellion syrienne ? Oui bien sûr, elle a fait tout cela. Les exécuteurs par nature sont aux avant-postes. Mais la vraie question qui définit la hiérarchie des pouvoirs est la suivante : qui sont les commanditaires ? Qui sont les donneurs d’ordre ? Qui sont les chefs véritables ? Tant va de soi la réponse que nous ne prendrons pas la peine de la formuler mieux. Nous avions écrit en avril l’article ci-dessous que nous gardions en réserve pour le temps où cela deviendrait plus compréhensible à tous. Ce temps est venu, nous vous en proposons la lecture.FRANCOIS HOLLANDE, PROCONSUL AMÉRICAIN DE LA « FRANCIE »IndignationCe qui nous étonne, et nous indigne même un peu, c’est cette volonté acharnée des politiques et des médias de nous faire croire, que Hollande et Caméron agissent de leur propre chef. Hollande ferait preuve d’indépendance politique et d’initiative quand il souhaite armer la rébellion syrienne alors que le président Obama et les USA, où le congrès c’est prononcé pour un soutien seulement humanitaire à celle-ci, seraient en retrait ou carrément opposés aux livraisons d’armes. Cette posture de « l’information » n’est pas nouvelle, elle est en vérité la règle depuis le début des crises dans le monde arabo-musulman, en décembre 2010.Ce sont les mêmes qui depuis vingt ans nous ont rebattues les oreilles sur l’avènement d’un nouvel ordre mondial après la chute de l’URSS, la fin du monde « bipolaire du temps de la guerre froide » et l’avènement consécutif du leadership planétaire américain, qui voudraient nous donner à croire, à présent, que nous en sommes revenu 90 ans en arrière, quand la France et l’Angleterre, alors maitresses du monde, se partageaient les dépouilles des empires austro-hongrois et ottomans. Eh bien non, mesdames et messieurs, nous n’avons pas remonté le temps. La fameuse machine n’a pas encore été inventée. Eh bien oui, le monde a bel et bien changé. Les USA sont et restent les maitres du jeu de la politique impérialiste du camp occidental, et l’action de la France et de l’Angleterre ne se conçoit que comme « mandataires » et exécuteurs de la volonté américaine. Vous savez bien qu’il ne peut en aller autrement.Mais voilà que « la vie » la réalité a décidé tout de même de leur apporter un démenti cinglant. Le 21 avril, Georges Malbrunot, écrivait, sous le titre « La Jordanie ouvre son ciel aux drones israéliens » : « Jusqu’à présent, la coopération jordano-américaine se limitait à la surveillance des armes chimiques détenues par le régime syrien et à la formation de rebelles de l’Armée syrienne libre par 150 membres des Forces spéciales US – aidés par une poignée de Britanniques et de Français – dans un camp près d’Amman. Mais devant le danger créé par l’instabilité qui gagne le sud de la Syrie, l’objectif serait désormais d’y créer une zone tampon. Celle-ci permettrait de relâcher la pression sur la Jordanie en renvoyant des milliers de réfugiés syriens du côté syrien de la frontière, mais également de protéger Israël. Autant de sujets qui seront évoqués vendredi prochain lorsque le roi Abdallah sera reçu à la Maison-Blanche par Barack Obama. » Ou l’on se rend compte que les USA sont en vérité aux premières loges dans la guerre d’agression contre la Syrie.Mais alors, pourquoi donc les dirigeants politiques et les médias à leur service, s’obstinent-ils ainsi à brouiller les cartes. Pourquoi s’acharnent-ils à nous faire croire à l’indépendance de la politique internationale de la France, dans le temps précisément où elle ne l’est plus du tout ? Parce que les USA veulent agir masqués, rester en retrait, pour ne pas subir de plein fouet l’impopularité et les retombées néfastes d’une politique agressive. Ce n’est d’ailleurs même pas un vrai secret, ils ont formulé cela eux-mêmes clairement. Ils envoient « au charbon », leurs chiens hurlants, les nations mercenaires que sont devenues la France et l’Angleterre, et eux « tirent les marrons du feu » recueillent gentiment les bénéfices dans la douceur oisive de leur sanctuaire. Mais pour que cela fonctionne, il ne faut pas précisément établir de liens directs entre les donneurs d’ordre véritables et les exécutants. La « France » » quand elle exécute les ordres de la Maison blanche ou du Pentagone, doit paraître agir de son propre chef en toute indépendance. C’est de la sorte que l’esclave adopte les expressions et les mimiques du maître. Et c’est à ce service, pour masquer cette réalité, que se plient si volontiers les commentateurs divers et les journalistes prétendument indépendants.La vassalisation de la FranceL’épisode célèbre de la résistance « Chirac/de Villepin » au diktat américain, qui voulait enrôler l’Europe, France en tête, dans l’aventure irakienne, fut la dernière manifestation de la volonté d’indépendance de la France, la dernière manifestation velléitaire de la vision gaullienne d’un certain « rôle international de la France ». « Guerre internationale au terrorisme », c’est de cette façon qu’avait été intitulée l’offensive américaine déclenchée par Georges W Bush après les attentats du 11 septembre 2001. Son but inavouable était en vérité de graver le leadership mondial de l’Amérique dans la carte politique du monde. Or dans celle-ci, le président américain du moment l’avait annoncé, dans la foulée de l’évènement et dans son discours de 2002 sur ‘l’état de l’Union », l’Irak ne serait pas la seule cible, il y en aurait de nombreuses autres (La Syrie ! L’Iran, la Libye, le Yémen, La Corée du Nord, le Hamas et le Hezbollah) cette guerre-là durerait de nombreuses années. L’enrôlement de la France dans l’entreprise avait été raté à la première étape, mais les USA ne pouvaient s’accommoder de cet échec. Une des préoccupations essentielles de la diplomatie américaine fut dès ce moment de trouver les moyens de soumettre la France. Ils ne pouvaient tout à fait se passer d’elle pour la suite, ils ne pouvaient surtout pas tolérer, qu’au prétexte d’indépendance diplomatique elle joue les chiens fous dans leur jeu de quilles. De longtemps Nicolas Sarkozy avait fait connaitre son allégeance à Georges W Bush. Quant au PS, enfanté par la vieille social-démocratie, morte en couches, son pro atlantisme pur et dur n’a jamais fait l’ombre d’un doute depuis la Libération. Qui que soit son candidat il n’y avait pas le moindre souci à se faire quant à leur allégeance. On se souvient d’ailleurs qu’effectivement, les deux candidats du deuxième tour des élections présidentielles de 2007 se révélèrent être des atlantistes et américanophiles convaincus. Sarkozy était allé à Washington comme on va à Canossa, critiquer ouvertement la politique internationale de la France dont il était un membre du gouvernement, regretter que cette dernière n’est pas pris part à la coalition internationale contre l’Irak. Quant à Ségolène Royal elle montait au créneau contre le nucléaire Iranien, allant au-delà des exigences de l’ONU et des experts de l’AIEA, en voulant interdire à cette nation l’accès au nucléaire civil, puis elle proposait d’embarquer la flotte aéronavale française sur les portes-avions britanniques. Le signal n’était-il pas assez clair ainsi ?Le gêneur, l’hypothèque, car il y en avait un, car il y en avait-une, le danger pour la politique américaine, l’empêcheur de gouverner le monde en rond, s’était alors Dominique de Villepin, ce brontosaure gaulliste, admirateur de Napoléon Bonaparte. C’était lui la pièce incontrôlable du jeu politique français, l’homme à abattre. N’est-ce pas à la lumière de cet éclairage qu’il convient de relire l’imbroglio de l’affaire « clearstream ?L’HommageAprès quelques atermoiements et hésitations, l’homme n’est pas une lumière, quand Sarkozy eut enfin compris ce qui se tramait vraiment au Moyen-Orient arabe, et ce que ses amis américains attendaient de lui, il s’empressa de répondre positivement à leurs doléances. Bien sûr, il tenta de s’attribuer au passage, avec la finesse qui le caractérise, les mérites de celui qui a compris vite et agit illico. En vérité, pour qu’il comprenne et agisse enfin, il avait fallu l’intercession très singulière et le décryptage de BHL, ambassadeur plénipotentiaire de « l’AIPAC » lobby israélien d’Amérique et probable chargé de mission du président Obama.Nous avons vu (articles de lavoiedessansvoix.fr : « Diplomatie – Le changement c’est pas maintenant » 30 mai 2012. 😉 que François Hollande (l’ex-compagnon de l’ex-candidate américanophile de 2007) devenu Président, s’est empressé de faire savoir qu’en matière de politique internationale, « le changement n’était pas pour maintenant ». En fait, il avait donné bien avant, les assurances nécessaires à son accréditation par les maitres américains, quand dans ses « propositions » de candidats et dans le cours de la campagne il avait annoncé, s’il était élu, le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.La France ne se connait plus. Avec Sarkozy elle a fait allégeance aux USA, son suzerain. François Hollande en renouvelant « l’hommage » consenti par son prédécesseur a définitivement scellé son inféodation aux maitres Américains et Britanniques. Notre pays, son peuple que les visiteurs étrangers trouvent pourtant hautain et fier,, marche à présent « au pas sous la férule du Yankee ». Qu’on ne s’y méprenne pas, l’indépendance politique prétendue dont fait preuve François Hollande en voulant armer la rébellion syrienne n’est qu’une apparence, un trompe-l’œil. La France n’est plus que l’ombre d’elle-même. Une petite province européenne du grand empire anglo-américain et celui qu’elle croit avoir élu « Président » n’est en vérité que le « proconsul américain de la « Francie ».23 avril 2013.
