L’HOMMAGE À PIERRE MAUROYDES MOTS QUI SONNENT FAUX, POUR DIRE DES CHOSES FAUSSESNicolas Sarkozy n’était pas énarque, il lui arrivait de parler avec son cœur phénoménal logé à la droite de son torse bombé. Et quand il lui donnait libre cours, il va sans dire, qu’il assénait des fadaises voire même de pures idioties ou pire, excusez-nous l’incongruité, mais elle le dépeint si bien, de véritables « conneries ». Ce genre de dérapage ne risque pas d’arriver à François Hollande. C’est un énarque lui qui parle « réfléchi », avec sa tête. Ses mots sont empruntés, empesés et glacés comme ceux de la voix électronique d’un Androïde. Cela pourtant ne le met pas à l’abri des pires lieux communs comme nous allons voir. Nous avons entendu que le fils du défunt « avait été très touché par les mots du président de la République ». Il ne peut s’agir là que d’une précaution de politesse ou alors, la douleur du deuil serait en ce cas, une explication recevable, il n’est pas allé sur internet depuis plusieurs jours. Car ces mots qui se veulent chaleureux, ses images « flamboyantes » et spontanées, ne sont en vrai que des clichés éculés, de la pâte à chewing-gum mille fois remâchée, depuis plusieurs jours sur un grand nombre de Sites de presse.Vous les avez entendus comme moi ces mots dissonants sortis de la bouche de François Hollande, président de la République.« L’enfant du peuple » comme pour faire un écho lointain au « fils du peuple » le livre autobiographique de Maurice Thorez, un garçon du nord lui aussi, fils de mineur et mineur lui-même. Mineur ? Vous savez, cette profession disparut que Pierre Mauroy a eu l’insigne honneur de rayer du paysage industriel de la France. Signe physique distinctif de cet enfant du peuple, retenu par l’esprit pertinent du Président en exercice, ses mains aristocratiques, « si longues et blanches, qui n’en finissent pas ». Les mêmes mots convenus que l’on utilise couramment pour évoquer les cuisses d’Adriana Karembeu. « Ces mains qu’il projetait en parlant comme des oiseaux ». Des mains de prestidigitateur en effet au bout desquelles s’envolaient les colombes de l’illusion et du mensonge : « Regardez là, 43 nationalisations, et hop, y’en a plus, ce n’était que mirage, , d’ailleurs, n’est-ce pas ringard les nationalisations ? »Et quand il n’a pas consacré aux lieux communs les plus plats, François Hollande a moins parlé du défunt que de lui-même, de sa politique. « la rigueur – a-t-il dit – c’était la condition pour poursuivre le changement ». « Pierre Mauroy « assuma le sérieux budgétaire, le blocage des prix et des salaires, les restructurations industrielles. Des décisions qui lui coûtèrent (…) Mais qu’il sut prendre parce qu’il les savait non pas inévitables, mais nécessaires pour reconvertir, redresser et repartir ». Ainsi François Hollande a-t-il instrumentalisé la cérémonie d’hommage pour faire l’apologie de sa propre politique.Mais en définitive, à quoi aboutit-on ? Pierre Mauroy était-il fils du peuple ? Qu’importe ! Le peuple il l’a trahi pour faire la politique convenue du capital financier international. François Hollande, fils de médecin, ne trahit personne. Évoquant de la sorte « le grand œuvre de pierre Mauroy, en bon exécuteur testamentaire, il entend seulement nous signifier qu’il assume pleinement l’héritage et se pose en continuateur conscient de la grande trahison fondatrice que fut la « première alternance de 81 » dont Pierre Mauroy fut l’artisan sous la direction de François Mitterrand. 12 juin 2013.
