GÉRARD FILOCHE AU SECOURS DE FRANÇOIS HOLLANDE ?Dans « leplus.Nouvel Obs.com » et sous le titre : « Récession : la faute à Laurence Parisot, au Medef et aux grands patrons » Gérard Filoche, membre du bureau national du PS, porte une estocade verbale au patronat aux banques et autres décideurs financiers.« Ça suffit – commence-t-il – le grand patronat de donner des leçons, ça suffit Laurence Parisot. C’est votre bilan. Oui, à vous le patronat et à personne d’autre ! C’est vous qui licenciez ! C’est vous qui fermez les entreprises, de Pétroplus à Doux… ». Et ainsi, dans six alinéas successifs il enfoncera le clou de « son j’accuse » « J’aime ça » comme on dit sur « face book ». Bien entendu que nous partageons que nous approuvons et que nous voulons bien porter notre propre « bourrade » dans les côtes « de nos bons maitres ».Puis Gérard Filoche poursuit : « Ça fait dix ans que la droite chiraquienne puis sarkozyste vous a tout servi… » « Ça fait dix ans que vos impôts sur les sociétés baissent terriblement… » « Ça fait dix ans que pourtant vous licenciez sans arrêt et vous avez fabriqué 5,2 millions de chômeurs réels…. »Là, nous marquons une pause dans la lecture. Dix ans ! Dix ans ? Pourquoi dix ans ? Et la désindexation des salaires sur les prix, 82, et l’austérité 83, et les restructurations industrielles, celles du secteur automobile, le démantèlement de la sidérurgie 83/84. ? Et les dénationalisations 86, et le livre blanc sur les retraites, de Michel Rocard et la CSG, et la fiscalisation de la « Sécurité sociale », et les privatisations de 97 à 2002, et la première offensive de flexibilisation du travail dissimulée dans le cheval de Troie de « la loi Aubry » des 35 heures » ? Tout cela fait bien plus de dix ans, tout cela a commencé bien avant Chirac et Sarkozy. Cela a commencé dès 82, la deuxième année du premier mandat de François Mitterrand, cela c’est poursuivi depuis sans discontinuer sous le premier et deuxième mandat de Mitterrand, cohabitation ou pas, sous les deux mandats de Jacques Chirac, cohabitation ou pas, et bien entendu sous celui de Sarkozy et à présent sous celui de François Hollande.En limitant à dix ans en arrière le « droit de bilan » Gérard Filoche parait voudrait-il nous faire une passe de tauromachie ? Agitant la muleta voudrait-il esquiver le réquisitoire de l’histoire contre le PS et ce qu’il appelle toujours « la Gauche ». D’ailleurs, n’est-ce pas ce qu’il admet clairement quand il écrit : « Et ne nous dites pas que c’est la faute au gouvernement de gauche…. »Alors, certes, il ajoute « .hélas, hélas, au lieu de vous combattre, il vous concède tout ! Il vous a lâché des cadeaux aux pigeons,.etc.. » « La gauche vient aussi de vous accorder le refus de l’amnistie des syndicalistes… ». Quand on croit qu’il amorce une critique de l’action gouvernementale, ce sont des excuses en vérité qu’il lui cherche. « la Gauche », « le gouvernement », « le Président de la République » sont faibles selon Gérard Filoche, quand il convient de dire clairement qu’ils sont complices, voire même plus. Le lexique des mots utilisés est significatif : « Concéder », dans quoi il y a céder, « laché » dans lequel il y a le sous-entendu de tenir et de résister avant d’être contraint de « lacher », « La gauche » et non pas le gouvernement ou mieux, car plus exact encore, le Président de la République. La charge « antipatronale » de Gérard Filoche, ne serait-elle qu’une diversion ? Son objet serait-il avant tout de mettre la « Gauche » et le gouvernement à l’abri de la critique, et de la colère populaire qui croit, de venir à la rescousse de François Hollande en mauvaise posture dans les sondages d’opinion ?.C’est en tout cas ce que paraît confirmer la conclusion de son article : « Grand patrons,- termine-t-il – c’est vous le problème, Medef, vous êtes les fauteurs de récession, actionnaires et banquiers usuriers. C’est vous la cause de l’austérité, du chômage de masse, de la misère. François Hollande avait raison, notre ennemi c’est la finance, et la finance c’est vous, vous qui l’incarnez ! » Que pouvait espérer de mieux François Hollande que ce surprenant secours venu de l’aile gauche du PS ?Voilà les extrémités auxquelles on peut aboutir quand « la catégorie politique « la Gauche » se substitue aux repères de classes. Ainsi, advient-il ce stupéfiant paradoxe par lequel Gérard Filoche, un camarade pourtant, auquel je tiens a garder mon estime malgré son égarement, déclare sa « communauté de combat « contre la finance » avec le chef de l’État qui par son action c’est posé en chef de celle-ci et en général coordinateur de l’offensive anti ouvrière du capital. . 21 mai 2013.
