SYRIE,L’ABOMINABLE DOUBLE-JEU DE WASCHINGTONMercredi 08 mai 2013, la presse nous apprend que « La Russie et les USA redoublent d’efforts pour mettre fin au conflit en Syrie – La Russie et les États-Unis se sont entendus mardi à Moscou pour inciter le régime syrien et les rebelles à trouver une solution politique au conflit, et pour encourager l’organisation « au plus vite » d’une conférence internationale sur la Syrie. ». Cette évolution a eu lieu lors de la visite de John Kerry, le nouveau chef de la diplomatie américaine, en Russie. Voilà une bonne nouvelle, nous sommes-nous dit, d’emblée en apprenant cette information. Celle-ci en effet donnait à croire que le département d’état américain avait opéré un virage à 180° et adopté un « cours nouveau », celui de la recherche d’une sortie négociée au conflit syrien.Il n’en était rien.Depuis sa rencontre de Moscou avec Sergueï Lavrov, John Kerry n’a cessé de marteler l’exigence du départ de Bachar Al Assad, ce qui revient à infliger une « fin de non-recevoir » à l’offre de négociation, et à piétiner les résultats positifs supposés de sa rencontre avec le chef de la diplomatie russe.Depuis, les ombres ne cessent de s’accumuler qui confirme l’option belliciste choisie par les USA.Alors que nous voulions croire à un véritable changement de cap du « département d’état américain », la première information qui nous incita à la prudence fut celle des attentats Reyhanli à proximité de la frontière Turquo syrienne, lesquels nous invitèrent à envisager une autre grille de lecture de la situation. Cela se passait le 9 mai, lendemain de l’annonce du « nouveau cours supposé de la diplomatie américaine ».. Bien entendu, Erdogoran, le premier ministre turc, ne veut rien entendre des dénégations de la Syrie qui affirme n’avoir aucune responsabilité dans ceux-ci, et s’obstine à l’accuser. Alors que l’on sait la difficulté qu’il y a dans ce genre d’affaires à réunir des preuves tangibles qu’il faut couramment à cela plusieurs mois voire plusieurs années, n’est-il pas troublant que dès le 10 mai, lendemain des attentats, Erdogoran prétendît détenir les preuves de l’implication de la Syrie, N’est-il par étonnant que le 11, surlendemain, John Kerry en dise tout autant ?Ne serait-ce pas tout bonnement que le premier ministre de la Turquie, membre de l’OTAN, et son maitre et commanditaire, les USA, ont besoin du prétexte pour s’ingérer un peu plus encore dans le conflit syrien ? D’ailleurs, comment croire que la Syrie qui sait la volonté occidentale de l’attaquer, irait tout exprès fournir elle-même, à ces ennemis le prétexte de passer à l’action ? En vérité les éléments sont nombreux qui optent pour cette interprétation pessimiste. Pas plus tard que les 3 et 5 mai, l’aviation israélienne avait lancé des raids contre des objectifs à proximité de Damas. Cela faisait suite à « L’ouverture de l’espace aérien de la Jordanie à l’aviation israélienne.( Georges Malbrunot. Info Le FIGARO 21/4/2013). En effet, «Le roi Abdallah a décidé d’ouvrir son espace aérien à l’armée de l’air israélienne », révélait au « Figaro » « une source militaire occidentale au Moyen-Orient. C’est un geste fort et exceptionnel.» Connue seulement d’une poignée de services de renseignements occidentaux,. » Or, cette décision aurait été prise « par le souverain hachémite lors de la visite en Jordanie du président Barack Obama, les 22 et 23 mars, après son étape israélienne. ». Cela dément totalement toute volonté américaine de s’engager véritablement dans une approche nouvelle du dossier syrien. Les informations de dernières minutes selon lesquelles John Kerry pense détenir la preuve de l’usage d’armes chimiques par le régime syrien ne font que le confirmer. Mais alors pourquoi cette annonce à Moscou ?La bonne lecture des choses pourrait être la suivante. Les USA dans un premier temps se sont efforcés « d’envoyer la France au charbon ». Hollande et Fabius vociféraient exigeant (qui sont-ils pour se permettre cela), le départ de Bachar Al Assad, disposés qu’ils étaient à jouer les gros bras en Syrie comme l’avait fait Sarkozy en Libye. Mais l’attitude de la Russie et de la Chine posait, cette fois, sur un autre plan la question d’un éventuel engagement occidental, celui d’une agression contre la Russie et la Chine. Alors, « la France » cessa d’éructer trop bruyamment. Mais, contrairement à ce qu’auraient pu en déduire des observateurs trop naïfs, les États-Unis n’avaient pas fondamentalement changé de stratégie. Tout juste avaient-ils procédé à quelques ajustements tactiques. Ils entendent toujours poursuivre leur agression contre la Syrie, mais cette fois par une guerre d’usure qui finira bien par mettre le régime à genoux. Non plus l’intervention de « la France » puissance occidentale, mais celle d’autres intercesseurs, certes alliés régionaux des USA et de l’OTAN, mais qui paraitraient intervenir non en fonction de leurs appartenances stratégiques, mais du seul fait de leurs implications propres dans ce conflit. La Turquie par la question des réfugiés et du fait « des agressions » supposées à sa frontière, Israël, vieille litanie dans tous les conflits régionaux, du fait de « l’engagement de sa propre sécurité ».L’opération séduction de John Kerry, n’aurait à cet égard qu’un but celui d’embarrasser, voire de neutraliser la diplomatie russe. En effet, dans la perspective d’un infléchissement promis de sa position, l’Amérique qui pourrait prétendre n’être pas directement impliquée s’efforcerait de temporiser la réaction russe, cependant que ses sicaires (Turquie, Israël, CNS)), le prenant en tenaille tenteraient de faire la peau au régime syrien de Bachar Al Assad, 13 mai 2013.
