J-L MELENCHON UN PIED DEDANS UN PIED DEHORSJean-Luc Mélenchon était jeudi soir l’invité de David Pujadas dans l’émission « des paroles et des actes ». Nous ne ferons ici, ni analyse exhaustive ni compte rendu de sa prestation. Nous voulons nous en tenir à trois discussions sur trois points :1) L’austérité et l’Europe (que nous traitons ci-dessous – dimanche 28)2) « Opposition de Gauche » ou « Majorité présidentielle » ? (Que nous publierons lundi 29 avril).3) La « sixième République ».(Que nous publierons mardi 30 avril)Volet 1 : « Europe, obéis-moi ! »La formule « mélenchonaise : « parler cru, parler dru ? » qui se donne des airs si menaçante, ne se résoudrait-elle en vérité qu’à « une formule cabalistique », quelque chose d’aussi désuet que « sésame ouvre-toi ! » ? C’est ce que nous allons examiner là. Jean-Luc Mélenchon veut que l’Europe change de cap. Le cap au bénéfice exclusif de la sphère financière, c’est L’Allemagne qui le donne. Il en déduit qu’il faut « une confrontation » (pacifique) avec celle-ci. Il fait un parallèle entre « dissuasion nucléaire » et « dissuasion budgétaire ». La France verse 2O. Milliards au budget de l’Europe, si l’Allemagne refuse le changement de cap que nous souhaitons, « Nous ne payons plus » et d’ajouter, « c’est tout le système c’est le monde entier qui s’effondre »… Nous avec. Jacques Attali lui a fait remarquer, et Benoist Apparu un peu après, que les armes de dissuasion, parce qu’elles sont suicidaires, sont faites pour ne pas servir. « Ce sera un grand éclat de rire » si vous menacez de l’usage d’une arme dont vous ne pouvez pas vous servir. » Nonobstant l’antipathie que nous inspirent les deux personnages qui l’ont interpelé, il faut bien l’admettre, ils n’ont pas tort. Au-delà de sa formulation tonitruante, la proposition, se mord la queue en vérité. Privé de « son arme », l’intention se révèle n’être que « paroles sans conséquences »La raison en est simple. Jean-Luc Mélenchon veut « lutter contre le système » avec les armes du système. Ou plus exactement, Jean-Luc Mélenchon ne veut pas lutter contre le système, mais seulement contre certains aspects pervers et dérives de celui-ci, contre la sphère financière. Mais la sphère financière n’est pas un corps étranger dont on pourrait réaliser l’ablation sans toucher au système. S’attaquer véritablement à la haute finance internationale c’est s’attaquer au système capitaliste lui-même, car celle-ci n’est que l’expression du niveau de développement actuel de celui-là. Or, on ne peut s’attaquer au capitalisme en restant à l’intérieur. Un pied dedans, un pied dehors, c’est la politique de ‘Monsieur Mélenchon ». Elle le condamne à un grand écart douloureux et à une posture ridicule. Elle pourrait bien à la longue s’avérer être son drame s’il persiste trop longtemps à ne pas vouloir mettre ses deux pieds dans la même paire de sabots.Dimanche 28 avril 2013.
