ÉTAT DE LÉGITIME VIOLENCE

ÉTAT DE LÉGITIME VIOLENCE Dans le climat actuel déjà tendu, il ne faut pas donner disent-ils un signal positif au développement de la violence.La violence, mais c’est quoi la violence ? C’est le système capitaliste la violence ! Jean-Luc Mélenchon, invité hier soir de David Pujadas, a parfaitement réagi à l’annonce de la décision de François Hollande, de suspendre l’examen de l’amnistie déjà votée par le Sénat, pour des faits en rapport avec les mouvements sociaux.. La violence qui est faite aux travailleurs, c’est la précarité, c’est le chômage, c’est les chômeurs en fin de droits, c’est la pauvreté, c’est des milliers de gens, précipités dans la misère, la désespérance, parfois jusqu’à la déchéance physique et morale, poussés au suicide. La violence c’est les accidents du travail….Justement, on a appris le même soir, qu’un immeuble de huit étages qui abritait plusieurs ateliers de confections, c’était effondré au Bangladesh, dans la ville de Dacca. 300 ouvriers et ouvrières, au moins, sont morts écrasés dans les décombres. « Accident du travail » ? Les travailleurs avaient signalé des fissures dans le bâtiment et ne voulaient plus y rentrer. Mais leurs patrons les y ont contraints. Aurait-on pu imaginer une illustration plus terrible et plus symptomatique de ce qu’est en vérité « la violence capitaliste » ?Vous allez chercher nous dira-t-on peut-être, vos exemples bien loin. C’est le Bangladesh, un autre monde. Il s’agit de « dérives » engendrées par la situation misérable et semi-arriérés d’un pays lointain où sévit une sorte de capitalisme sauvage des origines. Le capitalisme occidental « civilisé » n’a rien à voir avec cela. Un tel drame ne peut pas se produire chez nous et, par delà l’empathie que l’on peut ressentir pour les victimes bangladaises, ce drame ne nous concerne en rien.Voilà qui est vite dit et entièrement faux. La violence ordinaire capitaliste dont sont victimes ces travailleurs bangladais n’est pas celle d’un capitalisme autochtone retardataire, mais bien celle du système capitaliste planétaire. Wall Street, la City, la Bourse de Paris ont tout autant, voire plus, de responsabilités dans la genèse d’un tel drame que les petits décideurs locaux. C’est bien le capitalisme moderne de nos pays avancés, « la mondialisation » le leadership de la finance internationale qui est les premiers responsables de ce crime. Car il s’agit bien d’un crime, le bâtiment étant signalé dangereux, que d’obliger les salariés à y travailler quand même. Or ces ateliers, ces salariés travaillaient pour quoi et pour qui ? Pour de grandes marques occidentales de prêts-à-porter.« De nombreuses marques de vêtements européennes et nord-américaines font fabriquer leurs produits au Bangladesh, où près de 3,6 millions d’ouvriers travaillent dans l’industrie de la confection, ce qui en fait le deuxième pays exportateur de vêtements au monde derrière la Chine. En novembre dernier, un incendie dans une usine textile d’Ashulia, banlieue industrielle de la capitale bangladaise, avait fait 112 morts et 150 blessés. Face à de telles tragédies, plusieurs ONG mettent en cause les conditions de travail et l’exploitation des salariés du tiers-monde par l’industrie textile. Primark, une filiale du Britannique Associated British Foods a confirmé qu’un de ses fournisseurs occupait le 2e étage du bâtiment. Le groupe de grande distribution danois PWT, qui détient la marque Texman, a indiqué qu’elle avait recours à un de ces ateliers depuis sept ans. La compagnie canadienne Loblaw, filiale de George Weston fait fabriquer également un petit nombre de ses produits dans ce lieu. (Sources : « Yahoo actualités – France »).C’est de la sorte, en faisant travailler ces gens pour des salaires dérisoires dans des conditions misérables, que la haute finance internationale peut servir à ses actionnaires une « rentabilité » à deux chiffres. C’est le système financier qui impose sa loi, les commanditaires occidentaux en profitent pour réaliser eux-mêmes des marges abusives et au bout de la chaine, l’exécutant, le petit capitaliste local tire sur tous les cordages, mets à souffrir chaque boulon, oblige ses salariés à opérer dans des locaux vétustes et dangereux, parce que reloger les ateliers couterait trop cher et lui ferait perdre le marché.Alors Messieurs Dames capitalistes, propres et policés de nos contrées, cessez de prendre des airs de vierges effarouchées. Cessez « de botter en touche » la responsabilité de ce crime comme bien d’autres vous incombent entièrement. La violence des rapports sociaux est le fondement même de votre système. Aussi voudrez-vous bien souffrir, et si vous ne le voulez pas vous le souffrirez quand même, que les ouvriers bangladais du textile qui se répandent dans les rues de Dacca réagissent à la violence ordinaire par le recours à « la légitime violence ». La légitime violence, c’est celle à laquelle ont déjà et auront recours, davantage demain, tous les salariés d’Europe et du monde qu’au nom de « la compétitivité » vous entendez réduire à un avenir misérable. Les accès de colères de ceux de Florange de PSA ou d’ailleurs, ce gouvernement, pour entretenir la tromperie de sa proximité prétendue avec eux, aurait pu les protéger par une loi d’amnistie. Il s’y refuse. D’une certaine façon tant mieux, les dernières illusions seront balayées plus vite. Mais ne rêvez pas messieurs, amnistie ou pas, vous n’empêcherez pas l’éruption de « la légitime violence » populaire qui sourd dans les tréfonds de nos sociétésVendredi 26 avril 2013.

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