LEUR MORALE ET LA NÔTRE

LEUR MORALE ET LA NÔTRELes Français avaient souffert des extravagances du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Ils espéraient « un président normal » et une « République apaisée » à défaut d’être juste et égalitaire. Après les tripotages et magouilles de l’équipe précédente, ils eussent aimé pouvoir croire à la « rigueur morale » de la nouvelle. Le ministre du Budget qui fraude le budget de la France. Ils reçoivent la réalité comme une douche froide. Cela « fait tache » en effet et heurte à juste raison les consciences. Le premier gouvernement de l’homme qui se voulait le président d’une « République exemplaire » se retrouve en situation délicate.Le ciel nous est-il tombé sur la tête sans prévenir ? Il y a ceux qui généralisent : « tous pourris » et ceux qui voudraient au contraire réduire la question à son aspect individuel : « la brebis égarée ». La réalité est autre. La corruption des élus et grands commis de l’État, pas tous bien sûr, mais un nombre significatif tout de même, est le marqueur d’un problème récurent, celui d’une société mercantile décadente, entièrement livrée aux puissances de l’argent.L’affaire Cahuzac, cela n’est en vérité qu’une goutte d’eau croupie et nauséabonde, celle-là peut-être qui fait déborder le vase déjà plein de liquide fétide, mais seulement une goutte tout de même. La coupe est pleine depuis fort longtemps. Voilà en vrac un petit récapitulatif non exhaustif. Et nous nous en tiendrons aux années cinquièmes République et seulement depuis la présidence de Georges Pompidou. Au centre d’une controverse sur le renouvellement des flottes aériennes de combat de l’OTAN, il y eut la mort troublante du Général Paul Stehlin écrasé par un bus devant un dépôt de la RATP à 4 heures du matin (1975). Il y eut l’assassinat du prince de Broglie, resté dans les mémoires comme l’affaire de « la reine Pédauque » (1976). Il y eut les « diamants de Bokassa », (1979) L’affaire de Ramatuelle et l’étrange suicide de Robert Boulin (1979). La tuerie d’Auriol (1981), le scandale des hormones de croissance (1982/1986) L’affaire cocasse des « avions renifleurs » (1983). Le sabotage du Rainbow warrior (1985). Celle encore des délits d’initiés, Péchiney (1988). Le scandale du sang contaminé (1991) l’affaire Pelat – volet des affaires Péchiney et Urba – et le suicide de Pierre Bérégovoy (1993). « Les frégates de Taiwan » (milieu des années 90), L’affaire Elf (1994). Le suicide ( ?) de François de Grossouvre, dans son bureau à l’Élysée, ( 7 avril 1994). les emplois fictifs de la mairie de Paris »(débutant en 1999), et son volet, le rapport si chèrement rétribué de Xavière Tibéri. « Les ventes d’armes à l’Angola » (1993/1995) dans lesquelles étaient impliqués, Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand). Les affaires du Dauphiné news et de « Grenoble Isère développement », Alain Carrignon (1994 ET 1997). Le financement occulte du parti républicain, Gérard Longuet, qui sera inquiété et relaxé pour d’autres affaires, plus personnelles en 1998 et 2001). L’affaire Botton, Pierre, le gendre de Michel Noir, son beau-père, impliqué également (1990/1993); L’affaire « Patrick Balkany » alors maire de Levallois-Perret, condamné pour concussion (1996-1997), « la campagne nationale de vaccination H1 N1 », des sommes considérables engagé, pour rien, par l’État et les collectivités locales pour le plus grand profit des laboratoires (2009), « les gilets jaunes fluo et les éthylotests obligatoires », arrangements probables de copains et coquins (2008 et 2011). L’affaire des frégates d’Arabie Saoudite et des sous marins du Pakistan avec « des rétros commissions encore, qui financèrent certaines campagnes électorales » (1994), et en 2002, l’attentat de Karachi au bout. « Le financement d’une autre campagne électorale présidentielle, en 2007, par des fonds secrets consentit par un chef d’État étranger », que son débiteur, reconnaissant, fit assassiner en 2O11. Des laboratoires pharmaceutiques qui corrompent des médecins et l’agence du médicament (Scandale du Médiator). La crise de « la vache folle » (années 90). Scandales de l’amiante (années 90), Tromperie sur la viande de cheval garantie pur bœuf (2013). L’affaire Guerini à Marseille (2009), etc.La liste exhaustive de toutes les truanderies magouilles et tripotages serait trop longue à l’échelle d’un seul article. L’énumération, ci-dessus, pourtant déjà si accablante, n’est en vérité, qu’un court extrait (nous avons omis de citer par exemple, Clarstream et Bettencourt) de toutes les affaires, grandes et petites, qui se succèdent et s’entrecroisent sans cesse. Il y a les « Parisiennes » et les « Provinciales », les politico-financières et les scandales dit sanitaires, toutes tournent autour de la même question, le fric, l’appât du gain, la vénalité. Toutes témoignent du degré de corruption et de pourrissement de notre société et de son personnel politique. Et encore, échappe ici à l’investigation, toutes les magouilles journalières, de pots de vin, d’attribution de marchés, de spéculations financières et immobilières, etc.Or, voilà qu’ils jurent leurs « grands Dieux » de faire du propre et de restaurer « la moralité » de la vie politique. Le président de la République, lui-même monte au créneau pour annoncer des mesures drastiques : « déclarations de patrimoine », …….Il ne faut pas être grand clerc pour savoir que ça n’est que de la poudre aux yeux.D’autres l’on déjà dit avant nous, aucune de ces mesures n’auraient empêchée l’affaire Cahuzac. Ils existe mille façon de tricher pour les corrompus qui le souhaitent, par exemple sur l’évaluation de la valeur des biens, ou par l’intercession de prêtes noms, de SCI, de sociétés écrans, d’enrichissement des descendants et des proches, etc.La mission, consciemment assumée, de ce personnel politique, étiqueté « Droite » ou « Gauche », qu’importe, est de garantir le bon déroulement du processus de l’accaparement capitaliste et même d’en améliorer les termes. Lorsque les équipes de « droites » et de « gauche » se disputent de savoir qui est le plus efficace, qui sont les meilleurs gestionnaires, ce n’est pas du bien public dont ils parlent, mais de la santé de la Bourse, de la rentabilité des entreprises du CAC 40, de la progression des dividendes des actionnaires. Où donc voulez-vous que se situe la « moralité » de gens qui ont pour mission de veiller à l’enrichissement d’une petite caste aux dépens du plus grand nombre. Où voulez-vous que ne se retranche jamais la moralité de gens qui justifient la réduction des revenus salariaux des masses laborieuse pour accroitre « la rentabilité » des capitaux. Où donc pourrait bien se cacher encore un résidu même infinitésimal de moralité chez des gens qui sans ciller condamnent des dizaines de milliers d’êtres humains, des hommes et femmes jeunes encore, à l’exclusion et à la déchéance, des millions à la précarité et à la misère, des « vieux » à la charité publique, des milliers au désespoir et au suicide. Et qui prétendent qu’on ne peut pas faire autrement. C’est la crise, il n’y a pas, disent-ils, d’argent pour les pauvres dans les caisses, mais en donne aux banques par millions. Il n’y a pas assez d’argent pour payer les retraites et la couverture sociale, mais ils tarissent les recettes en réduisent les charges des entreprises, alors que d’autres en vérité se gavent par dizaines de milliards d’euros ? (La fortune de Madame Bettencourt c’est accru de 4 milliards et demi d’euros en 2012 (32 %) et celle de Bernard Arnault de 39 % – (Selon l’indice «Bloomberg Billionaires Index»)Nous l’avons écrit dans un précédent article (« Le maitre scandale » 4avril 2013) ce système fondé sur la pourriture et la corruption sur le vol, car s’en est un, que l’accaparement capitaliste de la richesse sociale qui en est le fondement, est intrinsèquement amoral. Il n’y a donc rien que de très naturel à ce que les commis et les chantres de celui-ci aient des âmes d’escrocs et de bandits, et n’hésitent pas à mettre la main dans la caisse.Mais il faut bien, tout de même, c’est urgent, juguler la crise de confiance et calmer le « bon peuple », l’opinion publique. Un homme éclairé a écrit un jour cette réflexion que je vous livre : « La classe dominante impose ses fins à la société et l’accoutume à considérer comme immoraux les moyens qui vont à l’encontre de ses fins. Telle est la mission essentielle de la morale officielle. Elle poursuit « le plus grand bonheur possible » non du plus grand nombre, mais d’une minorité sans cesse décroissante. Un semblable régime, fondé sur la seule contrainte, ne durerait pas une semaine. Le ciment de l’éthique lui est indispensable. La fabrication de ce ciment incombe aux théoriciens et aux moralistes… »(1)L’éthique ? Une certaine éthique nécessaire à la cohésion sociale, au respect « du contrat social » comme se plaisent à le dire parfois des « lettrés » ou de prétendus « sociaux-démocrates » qui en sont restés à Jean-Jacques Rousseau. Voilà ce que « l’opération mains propres » de François Hollande a pour mission de restaurer. Voilà bien la seule chose à laquelle elle puisse prétendre.Quant à la moralité du monde politique, c’est peine perdue, c’est mission impossible, il n’est pas même utile d’y songer.Alors, ils nous amusent, ou plus exactement ils nous écœurent avec « leurs magouilles et affaires » et encore plus avec leurs déclarions fracassantes de probité et leurs manifestes de « moralisation de la vie politique ».Leur morale ostentatoire n’est pas la nôtre. La morale sociale véritable à laquelle nous aspirons ne peut aller sans changer les sous bassement de la société, sans la justice sociale, c’est-à-dire un partage nouveau, plus juste, de la richesse entre le capital et le travail sans lequel il n’y aurait pas de richesse.

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