« LA PAUVRE VIEILLE À 30 MILLIARDS »À propos de la mise en examen de Nicolas SarkozyL’UMP déboussolé par « la guerre des chefs » (Fillon/Copé) n’a toujours pas trouvé « le nouveau guide » qui l’incarnera. C’est la raison pour laquelle, ces dernières semaines, nous entendions de plus en plus fréquemment et fort, des murmures et des allusions sur le retour du « président sorti » lequel avait pourtant, selon ses propres dires, définitivement quitté la vie politique le 6 mai 2012. Décidément, ces gens-là ont en piètre estime leur propre parole. François Hollande est au plus bas dans les sondages, et il parait que lui, l’énergumène est au zénith dans son propre camp. Bon, nous allons vous le confesser, malgré cela, les rumeurs de retour de Sarko ne nous trouble pas plus que çà. Napoléon qui revient de l’ile d’Elbe, en mars 1815, lui qui avait laissé le souvenir des gloires de l’Empire, De Gaulle qui ressurgit à l’avant-scène, en 1958, lui qui avait marqué l’histoire de la résistance et de la renaissance de la France à la libération, voilà des choses qui ont du sens et tiennent debout. Mais un « histrion » qui a abaissé la place de la France dans le monde, qui a laissé en souvenir de son calamiteux passage tant de blessures, d’amertumes et d’accrocs à la fierté nationale, en vertu de quoi pourrait-il revenir vraiment ? L’effondrement de Hollande dans les sondages, les griefs que les français, « à gauche » compris, ont a adresser à celui-ci, ne suffisent pas à faire de nouvelles qualités à Sarkozy. À considérer que les électeurs, à l’horizon 2017, veuillent se débarrasser de Hollande dont ils considéreraient à juste raison que c’est le choléra, pourquoi diable rappelleraient-ils la peste dont ils se sont débarrassé cinq ans plutôt ?Il n’en reste pas moins que le contexte leur paraissait favorable. À défaut d’homme nouveau pour prendre la tête de l’UMP et le cœur de ses militants, ils avaient l’intention de nous mettre en scène « le retour du Jedi », les cent jours de « Naboléon ». Et là, patatras, pas même le temps de toucher au sable de Golfe-Juan, un juge s’avise de le mettre en examen. « Adieu veaux, vaches, cochons ». La mise en scène explose, le scénariste se prend les pieds dans le tapis, le « Jedi» ne reviendra pas de sitôt.Le retour en politique de Sarkozy, vous l’avez compris, il ne s’agissait que d’un fantasme, par défaut, du seul carré de ses derniers « soudards ». Mais ceux-là étaient tenus de faire semblant d’y croire vraiment, n’ayant rien d’autre à se mettre sous la dent. C’est pourquoi ils sont tellement en colère contre la décision du juge Gentil qui clôt leurs prospectives délirantes, c’est pourquoi ils en arrivent, à l’instar de Mr Guaino à dire des bêtises et des insanités.Donc, Nicolas Sarkozy a été officiellement « mis en examen » le 21 mars. Nous ne pouvons que nous réjouir. Notre satisfaction sera plus grande encore quand il sera mis en examen dans l’affaire de Karachi aussi et pourquoi pas, quelques autres magouilles (par exemple, le financement probable de la même campagne électorale par Kadafi), et autres affaires où il a trempé qui mériteraient quelques éclaircissements. Elle sera au comble quand il sera sévèrement condamné. Mais là nous ne nous faisons guère d’illusions, et nous savons que l’écrasante majorité des Français ne s’en fait pas plus que nous. Ce qui donne à juger du grand désappointement de ceux-ci à l’égard « de la justice de leur pays », et de sa réelle volonté d’aller au terme de son action.Nicolas Sarkozy est mis en examen dans l’affaire Bettencourt, au motif « d’abus de faiblesse ». Et là, nous sommes dubitatifs. Voilà un aventurier de la République, mandaté par les plus riches pour faire rendre sueurs sangs et larmes aux plus pauvres, accusé « d’abus de faiblesse » sur la personne d’une des femmes les plus puissantes du monde, qui a apporté son éco au financement de son accession au pouvoir, avec force valises pleines de billets de banque. « La pauvre vieille », de méchants larrons ont « abusé » de son grand âge pour lui « taxer » une partie de son magot. Alors, « abus de faiblesse » ? Bon, c’est « le chef d’accusation » approprié pour lui faire rendre gorge, soit, nous ne protesterons pas. Mais ça n’est que cela et ça doit le rester. Donner un autre sens, plus général, à cette formule ce serait vouloir « abuser » du bon sens des Français.La campagne électorale de Nicolas Sarkozy, de 2007, a été en partie financée par Madame Bettencourt, et probablement quelques autres milliardaires comme elle. Ceux-ci ont de la sorte salarié le mercenaire de la politique qui leur avait promis de mettre en œuvre une très lucrative réforme des retraites et quelques autres concernant la couverture sociale et la fiscalité des entreprises. Ils ont financé, c’est dire qu’ils ont comme à leur habitude « investi ». Et « ventre bleu » ils n’ont pas investi à perte. C’est par milliards que leurs fortunes se sont accrues. Consécutivement à la hausse du cours de l’action nous dit-on ? Mais à quoi cette accumulation tient-elle sinon à la hausse des dividendes escomptés ? Et cette dernière, à quoi tient-elle sinon à l’engrangement de tout ce que les réformes des retraites, de la sécurité sociale, etc., ont fait perdre au pouvoir d’achat et à la couverture sociale des travailleurs. Combien de millions d’euros Madame Bettencourt a-t-elle joués sur son bon cheval « Gnome de Neully » ? Sa fortune (sans compter bien sûr ce qu’elle a dépensé ou passé à l’as dans quelque paradis bien terrestre) s’est accrue de 6 milliards de dollars en 2012. L’investissement était juteux. Sarkozy et son escouade sont sans nul doute des aventuriers et des bandits, mais avaient-ils vraiment besoin d’abuser d’une pauvre vieille qui débloque un peu. N’est-ce pas elle qui leur a dit : « Osez donc messieurs, demandez, demandez plus, abusez de moi, vous n’abuserez jamais trop ». Elle et eux étaient en affaire, en intelligence comme on dit, ils étaient « larrons et larronne » ils étaient complices en toute conscience, qu’elle que puisse être par ailleurs la réalité de la dégradation des facultés cognitives de Liliane Bettencourt. La « pauvre vieille » à 24 milliards de dollars n’en avait tout simplement pas encore assez, elle en voulait davantage, toujours plus elle en a trente à présent. Elle, et quelques autre du même tonneau, avait passé « un deal » avec Sarkozy pour prendre l’argent là où il est, dans les poches et dans la sueur des pauvres. Il ne s’agit en vérité que d’un épisode de la dure et longue guerre des classes, sans pitié et sans merci. Du point de vue des classes laborieuses, et à notre sens, le véritable délit qu’ils ont commis, c’est « la réunion en bande organisée en vue d’actions de rapine dans la guerre sociale ». Voilà où sont le caractère vraiment criminel et le vrai scandale dans cette affaire. Mais il est en vérité fort improbable qu’ils ne fussent jamais jugés à ses motifs. Serait-ce vraiment un crime de voler les pauvres ?
