SYRIE : COMMUNAUTARISME CONTRE DÉMOCRATIE OU, LA PREUVE DU GRAND DÉRAPAGE

SYRIE : COMMUNAUTARISME CONTRE DÉMOCRATIEOU, LA PREUVE DU GRAND DÉRAPAGE Nous avions écrit, voilà belle lurette, que « le printemps arabe » était sorti des clous. L’analyse de la situation syrienne dans les médias en donne une illustration accablante. L’avez-vous entendu le surprenant, le fallacieux, l’odieux argument ? C’était hier soir, au journal de 20 heures de la 2 : « En Syrie les sunnites sont très majoritaires et veulent renverser le pouvoir détenu par le « clan » alaouite ». Et ce sont ces prétendus démocrates, champions de la laïcité, disposés à nous « péter un câble » à propos du voile islamique, qui osent couvrir de leur crédit de pareilles aberrations, faire écho à de telles inepties, Où a-t-on vu que la majorité religieuse d’un pays était l’équivalent de sa majorité politique ? Où a-t-on vu que le pouvoir politique devait émaner de la majorité religieuse ? Quant aux Alaouites ce n’est pas « un clan » politique, mais une minorité religieuse (11%). Il y a aussi en Syrie des chrétiens (10 %) des chiites (3% ) des Druzes (3 %) la communauté confessionnelle sunnite est sans conteste la plus nombreuse (74 %) mais qui a dit qu’elle pensait et agissait comme une majorité politique, comme un seul homme, solidaire de la sédition armée ? Il y a des sunnites nombreux qui sont fidèles au pouvoir légal, le servent même dans les administrations l’armée et les cercles du pouvoir. Non ; la Syrie n’est pas un conglomérat de communautés religieuses, c’est une nation arabe contemporaine avec une histoire et un destin propre. Et la majorité de ses citoyens, qu’ils soient chrétiens, alaouites, chiites, Druzes ou sunnites, se définissent encore, ne vous en déplaise, messieurs les démocrates de mes …., avant tout comme Syriens. C’est ce ciment politique d’une nation moderne que les agresseurs veulent dissoudre à l’acide du communautarisme religieux. Encore une fois, cette approche médiatique de la « réalité syrienne », que nous venons de pointer du doigt, est révélatrice, si on la décortique un peu, de la vérité historique. Une minorité armée par l’étranger, tante par ses actions coups de poings de déstabiliser le pouvoir légal, en exacerbant le communautarisme religieux. Or, la majorité confessionnelle des sunnites, invoquée ici comme justifications aux menées bellicistes, n’est-ce pas le contraire précisément de la démocratie politique qui était, nous a-t-on dit, la motivation profonde « du printemps arabe » ? Le dérapage est patent.

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