LES ÉNARQUES PRENNENT « LE POPULAIRE » POUR DES BILLES Nous avons montré dans plusieurs de nos articles récents que le slogan de campagne de François Hollande : « le changement c’est maintenant », repris à son compte par le gouvernement de Jean-Marc Eyrault, ne s’appliquait pas à la politique étrangère de la France. Tirant à notre manière le bilan de la « Conférence sociale », nous sommes au regret de devoir dire que « le changement » annoncé ne s’applique pas davantage à l’action sociale.. Bien sûr nous savons que les « godillots » du gouvernement, confortés dans leurs certitudes de commande, par une nuée de doux et grands rêveurs ou de fieffés menteurs, nous dirons qu’il est trop tôt encore pour juger, qu’il faut attendre les mesures concrètes. Nous répondrons qu’il est largement temps d’aviser. La « philosophie » générale qui préside à l’action gouvernementale est en effet un « attendu » suffisant pour fonder notre jugement. Les mesures concrètes que d’autres attendront pour savoir que nous avions raison, ne seront-elles pas les simples traductions factuelles de cette orientation « principielle » ? Or, quelle est-elle cette orientation que nous avons appelée « philosophie sociale » du gouvernement : « financer la couverture sociale en allégeant les charges des entreprises ». Alléger les charges des entreprises, revoilà donc la même rengaine, le leitmotiv des « condottières » du libéralisme économique. Revoilà toujours la même vieille antienne répétée par maints gouvernements depuis plus de trente ans. Ne servait-elle pas hier encore, de « crédo » à la bande à Sarko ? Où donc est le changement en cette affaire ? Ils sont finauds les énarques « de gauche », ils vous montent à chaque fois toute une usine à gaz pour appliquer en définitive les pires recettes libérales. Croient-ils ainsi égarer le bon sens populaire ? Martine Aubry avec la loi sur les 35 heures parvint à vendre « la flexibilité » aux syndicats qui n’en voulaient pas. Michel Rocard inventa la CSG en 1990, comme outil dans la perspective de la fiscalisation de la couverture sociale des Français. On se souvient que Sarko voulait augmenter la TVA aux mêmes fins de financement de la couverture sociale et d’abaissement des charges des entreprises, et qu’il l’avait baptisée cela « TVA Sociale ». La grande idée du gouvernement Eyraujt serait donc de changer un impôt supplémentaire pour un autre impôt supplémentaire, l’augmentation de la TVA par l’augmentation de la CSG. Quel génie cet homme ! Une idée lumineuse veut-on nous persuader, qui peut rapporter gros, il est vrai, l’augmentation d’un point de la CSG génère 10 milliards d’euros de recettes. En vérité simple truchement des outils fiscaux. Encore une fois, où est donc le changement ? Diminuer les charges des entreprises, mais en gardant un bon niveau de couverture sociale. N’est-ce pas là la cadrature du cercle ? Non, pas tout à fait cela se peut, il faut prendre ailleurs en effet les sommes correspondants aux cadeaux que l’on fait aux entreprises. Ainsi, avec l’augmentation de la CSG, ont fait payer aux salariés eux-mêmes une part de la couverture sociale qui incombait aux précédentes. Le pouvoir d’achat des salaires est amputé d’autant. Pour que ce ne soit pas le cas il faudrait que le salaire nominal augmente en compensation. Mais il est aisé de comprendre que cela est totalement exclu. En effet, si l’on veut que baissent les charges, c’est pour faire baisser le coût du travail. Si la part du « salaire différé » servit par les entreprises diminue mais qu’augmente d’autant la part du salaire direct, le débours est le même et l’impact des salaires sur les coûts de production ne diminue en rien. Il s’agit donc en vérité rien moins que d’un transfert des charges des entreprises vers les salariés. Il existe une autre option, mais avec diminution des coûts et de la quantité des prestations servies. C’est-à-dire diminution de la prise en charge de la santé publique. Dans ce cas il n’y pas besoin de transférer sur d’autres revenus les charges que l’on ne prélève plus sur les entreprises. Pour les salariés ça n’en est pas moins une diminution de leur pouvoir d’achat puisqu’ils ne peuvent plus accéder à certains soins, ou doivent, pour y accéder, débourser davantage de leurs propres revenus Vous savez, que les gouvernements et les « réformes » se succédant, dans les faits l’on a déjà abouti à un mixe des deux types de solutions. A la fois diminution des charges des entreprises en multipliant les dispositifs d’allègements ou d’exonération et à la fois réduction et renchérissement des prestations servies : forfaits hospitaliers, déremboursements, etc. C’est-à-dire que tous, résolument de « droite » ou prétendument de « gauche », s’emploient par de multiples procédés à grignoter le pouvoir d’achat réel des salaires. TVA sociale ou CSG ? « Et patati, et patata, la vérité est de bon sens ». Les énarques du gouvernement voudraient nous enfumer avec leur jeu de bonneteau fiscal. La réalité est pourtant toute simple : « Faire baisser les charges des entreprises » -, cela veut tout bonnement dire « faire baisser les salaires », accroître la misère sociale. Paradoxe outrageant pour les couches laborieuses de la population. Alors que ces trente dernières années les termes du partage de la richesse produite, entre « Capital » et « Travail », n’a cessé d’évoluer pour le plus grand profit du capital et au détriment du travail, ce que proposent sans vergogne les gouvernements successifs en matière de refinancement de la couverture sociale, c’est un nouveau transfert des poches des salariés vers les coffres des capitalistes. Décidément non, le changement, ça n’est pas maintenant !
