DIPLOMATIE LE CHANGEMENT, C’EST PAS MAINTENANT Nous l’avons écrit, dès que nous connûmes l’information de l’expulsion par la France de l’ambassadeur de Syrie, François Hollande, à l’instar de son prédécesseur, c’est totalement aligné sur la position de l’impérialisme anglo-américain. Son intervention hier soir au JT de 20 heures a parfaitement confirmé ce positionnement. Il se devait, dit-il de réagir au « massacre de Houla », mais à aucun moment le moindre doute ne semble l’effleurer quant à la responsabilité supposée du pouvoir syrien dans celui-ci. Ces massacres, il y en a eu d’autres, nul pourtant ne peut ignorer qu’ils surviennent toujours en parfaite coordination avec le calendrier de l’ONU. François Hollande se place d’emblée dans la perspective d’une intervention militaire. Certes il subordonne toujours celle-ci à un mandat du conseil de sécurité de l’ONU. Mais pouvait-il faire moins alors qu’il est à quelques heures de sa rencontre avec Vladimir Poutine ? Il ne pouvait tout de même pas dire que conseil de sécurité ou pas, véto russe et chinois ou pas, l’intervention aurait lieu tout de même. C’est après la rencontre avec le chef de l’État de la Fédération de Russie, et après la prochaine tentative au conseil de sécurité, dans le cas de maintien du véto qu’il faudra juger de la valeur de son attachement à ce qu’il nome « la légalité internationale ». François Hollande se place d’emblée aussi, dans la perspective de « chasser », il a utilisé le mot, Bachar Al-Assad du pouvoir. Sa seule prévenance en la matière est de savoir « qui le remplacera ». Peut-on dire plus insolemment l’ingérence politique de l’impérialisme dans les affaires intérieures des nations qu’il considère comme subalternes ? C’est lui qui décide qu’elle doit être la forme du pouvoir en Syrie et ailleurs, et qui doit l’exercer. Quelques instants au paravent, mais est-ce vraiment un hasard, Bernard Henri lobby, le philosophe crépusculaire du sang et de la haine, le chien hurlant de la branche française de l’AIPAC* appelait ouvertement à une intervention militaire en Syrie, nonobstant le véto russe et chinois au Conseil de Sécurité de l’ONU. Une réunion des chiens sanglants qui s’intitulent cyniquement eux-mêmes « les amis de la Syrie » doit se tenir dans les prochains jours à Paris. Reconnaissance officielle de l’opposition armée, appel sans nul doute à l’intervention étrangère, quel que soit le vote du Conseil de Sécurité de l’ONU. Elle pourrait bien être le prélude de l’agression impérialiste programmée depuis plusieurs mois. À quelques mois d’intervalle et avec des rythmes différents, nous assistons exactement au même scénario, « bis repetita » qui fut celui utilisé contre la Lybie. Et, au regard des positionnements du nouveau président français, il ne fait guère de doute que celui-ci marchera sans états d’âme dans les pas de Sarkozy, au service de l’impérialisme anglo-américain. *Lobby pro-israélien aux Etats-Unis
