DIPLOMATIE FRANÇAISE, APRÈS L’INVESTITURE DE FRANÇOIS HOLLANDE,LE TEST SYRIEN Le grand dérapage du « printemps arabe ». « Printemps arabe », « révolution du jasmin », ah les jolis noms « primesautiers » et poétiques dont la propagande américano-occidentale a voulu maquiller des réalités, plus souvent, sordides et sanglantes. Nous l’avions dit de longtemps, le « printemps arabe » transition démocratique pilotée, est sorti des clous. Le dérapage a commencé avec la résolution 1973 de l’ONU ouvrant la Libye à l’agression occidentale. Puis il s’est poursuivi avec le « deal » apparent, sous l’égide de l’Arabie, des courants islamistes modérés avec l’impérialisme. Il s’est poursuivi avec la répression à Bahreïn couverte par le silence médiatique, avec la répression sanglante en Égypte de ceux qui contestent le contrôle de l’armée sur le pouvoir, avec des répressions en Tunisie où le peuple s’est fait volé sa révolution, avec le chaos et la guerre civile en Libye qui a succédé à l’intervention de l’OTAN. Il se poursuit avec les tentatives de déstabilisation de la Syrie, par tous les moyens. Il y a quatre jours, deux explosions gigantesques se sont produites au centre de Damas, 55 morts. L’horreur, le sang, la violence aveugle, voilà dans quelle impasse sordide s’est fourvoyé le prétendu « printemps arabe ». « Quelle liberté veulent ceux qui se livrent à de tels actes », disait un témoin de la scène à Damas. Oui, de quelle liberté, de quelle démocratie revendiquée, ces hommes sont-ils les artisans ? Battue sur le plan diplomatique par le véto russe et chinois. Battue sur le plan politique, inapte à sortir de sa marginalité, battue à maintes reprises déjà sur le plan militaire, l’opposition armée syrienne persiste dans sa tentative de déstabilisation du régime. Ce Pitbull enragé, élevé par le royaume Wahhabite d’Arabie Saoudite et le Qatar, comptoir arabe de la finance internationale, dressé et excité par l’impérialisme anglo-américain, ne veut pas lâcher sa victime. La France attendue L’élection présidentielle en France explique probablement pour partie, la persistance des opérations intérieures. Les Anglo-américains attendent la France. Ill faut, durant cet intermède, donner matière tout de même à « la diplomatie » et à la meute médiatique des chiens hurlants à poursuivre leur offensive et à justifier l’escalade de l’agression. L’éventuelle réélection de Nicolas Sarkozy aurait assuré l’impérialisme anglo-américain de la collaboration active de la France. Le chien d’attaque international qu’ils se sont choisi et qui à leur sens doit permettre le règlement par délégation des affaires militaires arabes en Libye et en Syrie, sans mettre leurs « petites mains blanches à eux » directement dans le sang arabe. Pouvait-on imaginer une façon plus radicale et plus machiavélique, d’en finir avec le positionnement gaulliste de la politique arabe de la France, qu’en faisant de celle-ci l’exécuteur des basses œuvres de l’impérialisme ? C’est à quoi c’était prêté Nicolas Sarkozy, conseillé en cela par « Bernard Henri Looby ». Mais qu’en sera-t-il du nouveau président élu ? Dans le cours de la campagne électorale, celui-ci a répondu à « l’opposition armée Syrienne » qui l’interpelait : « une intervention française en Syrie oui, mais avec l’aval de l’ONU ». Cette réponse est ambiguë et ouvre plusieurs possibles contraires. Il faut considérer deux choses dans cette phrase : 1 – « intervention oui » 2 – « avec un vote de l’ONU ». « L’intervention oui », cela signifiait que le futur président ne rompait pas radicalement avec le positionnement international de l’impérialisme occidental, qui conduit à l’agression. Dans cette optique une intervention militaire restait de l’ordre du possible. Condition préalable « un vote de l’ONU », si l’on considère que le véto persistant de la Russie et de la Chine, justifié par des motifs géostratégiques rédhibitoires, n’a aucune raison d’être levé, alors la réponse de François Hollande pourrait être lue comme une fin de non-recevoir. À moins que ce soit une réponse de Normand : « peut-être ben que oui, peut-être ben que non ». Un nouveau cours ? Le président, pouvoir exorbitant, est maitre, sous la cinquième République de la politique internationale de la France. Historiquement et culturellement, le personnel politique français issu de la mouvance sociale-démocrate est américanophile et atlantiste. François Mitterrand pourtant, avait tant bien que mal, honoré le positionnement gaulliste de la politique internationale et particulièrement arabe de notre diplomatie. Après le honteux intermède sarkozyste de vassalisation de la France au grand Suzerain anglo-américain, nous ne pouvons, en l’état des choses, que souhaiter ardemment que François Hollande restaure les particularités et l’indépendance de la diplomatie française. Finir l’agression en Syrie Comme en Lybie, l’opposition syrienne seule n’a pas la moindre chance de victoire. La prétendue « révolution syrienne » n’a de réalité et de « possible » que dans l’agression extérieure dont elle est le cheval de Troie. C’est pourquoi, la fin, sans ambigüité de « l’hypothèse » entretenue d’une éventuelle intervention de l’OTAN en Syrie, chapeautée par la France, comme ce fut le cas en Lybie, serait la meilleure façon et la plus rapide de mettre fin à l’agression contre cette pauvre nation martyrisée et d’y voir rétablie la paix et la stabilité. Nous ne voulons pas croire que l’homme, devenu Président, qui a mis à l’agenda de ses premières mesures, le retrait immédiat des forces françaises d’Afghanistan ferait dans le même temps l’erreur d’engager notre pays dans une poudrière bien pire et bien plus dangereuse pour la paix du monde ?
