ÉLECTIONS, LE DÉCRYPTAGE

ÉLECTIONS, LE DÉCRYPTAGEMais où est donc passé le raz de marée anti-sarko.51,62 contre 48,38, seulement, la garde rapprochée du « président sorti », en a profité pour tenter de faire croire, que « le rejet prétendu » de son champion était une vue de l’esprit, l’invention de contradicteurs méchants et mal intentionnés. Pourtant le rejet a bien eu lieu, avec une ampleur significative, bien qu’il ait été escamoté par la structure du vote. Comme chacun sait, les bulletins blancs et nuls, comptabilisés, ne sont pas pris en compte dans l’expression du suffrage. Or ceux-ci qui étaient 700 000 au premier tour et sont passés à 2 millions 100 mille au deuxième. Ils ont été le fait, pour l’essentiel à n’en pas douter, de nombreux électeurs de Marine Le Pen et d’autres de François Bayrou, non disposés à voter Hollande, mais désireux de se débarrasser tout de même de Sarkozy. Pour prendre la mesure du rejet suscitée par la candidature de Nicolas Sarkozy, il convient donc bien de totaliser les voix obtenues par Hollande (17 millions 800 mille) avec le différentiel (1 million 400 000), d’un tour à l’autre, des votes blancs et nuls, soit un total de 19 millions 200 mille, 53,65 % des électeurs contre 46,35 % à Sarkozy.Une victoire molleQuand nous caractérisons de « molle » la victoire de François Hollande, loin de nous l’idée de nous attacher à un trait de la personnalité, que d’aucun lui prête à tord ou à raison. Nous aspirons, nous, à produire.une analyse éclairée et scientifique des modalités, du sens et des perspectives de celle-ci.1 million 100 mille de voix d’avance sur son rival, la victoire de François Hollande est incontestable, certes, mais molle, en parfaite adéquation avec les réalités qu’il porte. En voilà les explications.Du début jusqu’au terme de la campagne électorale, les caciques de l’UMP, à quelques exception près, ont réussit à garder les rangs serrés et à maintenir la cohésion et la discipline, autour du président sortant et cela malgré l’échec annoncé. C’est la première explication de ce « bon résultat » dans la défaite, du candidat Sarkozy. Les autres explications tiennent à « la peur du changement », au sens de la plongée dans l’inconnu, « celui-là on le connait l’autre pas », au matraquage médiatique sur « le seul homme capable de sauver la France dans la crise » opposé à la prodigalité supposé de Hollande et à son indécision, mais aussi bien entendu aux peurs agitées du flux migratoire, de la régularisation des sans-papiers, du vote des immigrés aux élections locales.Mais il y a d’autres explications de ce score sans gloire, qu’il convient de chercher du coté de François Hollande et du PS eux mêmes. L’impôt sur les riches à la marge Le retour à l’équilibre budgétaire ? Le retour à peine symbolique sur quelques détails de la réforme des retraites ? Le chômage ? Pas de véritables mesures contre les délocalisations, pas de politique de ré-industrialisation, mais toujours le traitement social, mais encore des allègements de charge des entreprises dans la mise en œuvre du « contrat de génération ». « Le programme du candidat » – qu’il ne faut pas confondre avec celui du PS – « un filet d’eau tiède » a-t-il été dit, n’était .pas de nature à soulever l’enthousiasme des foules.L’effet systèmeY avait-il seulement moyen de faire autrement ? Celui-ci aurait-il pu, par exemple creuser l’écart, s’il avait été en mesure de convaincre des électeurs du FN et du Modem, de préférer au bulletin blanc le vote en positif sur son nom.On le voit bien, un programme plus radical, capable d’enthousiasmer des foules, Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche nous ont donné un exemple de ce que cela pouvait-être, n’aurait en aucun cas pu réunir la majorité absolue des voix, requise pour l’élection du président de la république au suffrage universel. Nous avons sous les yeux une illustration grandeur nature de ce que c’est que le « système » et comment sa fonctionne, qui oblige pour réunir cette majorité requise, a vendre son âme quand on en a une, et à se couler le plus possible dans le moule commun de la pensée unique. Dans cette élection 2012, il y avait en toile de fond, la crise économique et le surendettement de l’Etat. Cela pesait lourdement sur le climat de la campagne et sur les consciences des électeurs. On a vu que « le filet d’eau tiède » des « propositions » hollandaises, étaient déjà trop abondant et trop chaud pour les électeurs centristes et modérés, sans lesquels pourtant il n’y aurait pas eu de majorité possible. Alors songez un peu, si le candidat avait fait des propositions seulement un peu plus radicales ?Cette nécessité politique d’être dans le moule imposé pour réunir une majorité a bien sûr un effet pervers. A force d’être au plus près des propositions de la droite, pas étonnant que les scores se côtoient. Dans ses conditions, la différence ne saurait se faire sur de véritables choix sociaux-économiques, mais seulement à la marge, sur des questions secondaires ne touchant surtout jamais à ce qui parait-être les fondements intangibles de notre société garanties par les institutions financières et les « marchés ». Considérant cela, on peut affirmer d’une certaine manière : heureusement pour Hollande et son « staff » de campagne, que Sarkozy a fait le choix de la dérive droitière de sa campagne. Les questions sociétales liées à l’immigration, sont les seuls vrais thèmes qui ont marqués la différence, et qui au bout du compte, même s’ils ont permis à Sarkozy de gagner de nombreux électeurs et de remonter la pente des sondages très défavorables du début, ont tout de même scellé son sort et décidé de sa défaite.La raison du vainqueurLe système, avec la bénédiction de Nicolas Sarkozy, s’était choisit il est vrai, un autre candidat « de gauche » en la personne de Dominique Strauss Kahn. On se souvient que le Président sortant préférait celui-là. Il aurait pu en effet le faire exploser en vol et assurer ainsi sa réélection malgré le rejet dont lui même faisait l’objet. C’est l’effacement contraint de DSK qui a laissé le champ libre à Hollande. Mais celui-ci ne partait pas de rien, depuis presque deux ans déjà, Jacques Chirac et quelques fidèles s’était employé à le légitimer et à en faire un possible candidat « du système ».« Flamby » « fraise des bois » « filet d’eau tiède » « capitaine de pédalo » est devenu le 7ème président de la 5ème république. Fabius ne rêve plus. Le mollasson sans génie est paré à présent de toutes les qualités : Les mêmes qui le ridiculisaient, le trouve tout à coup intelligent, pugnace, droit, calme, etc. Il avait 16 ans à peine, ( en pédalo ne convenait-il pas qu’il partisse à point) quand il a mis le cap de sa destiné sur l’Elysée de la rue Saint Honoré.Nous ne nous étendrons pas sur la mauvaise foi des analystes, politologues, journalistes et politiques, qui adaptent si aisément leurs jugements à l’air du temps. Ceux-là n’ont pas les moindres états d’âme à découvrir un génie dans « l’idiot » de la veille. Souvenez-vous, nous avions connu la même chose au milieu des années 90, quand Lionel Jospin n’était encore que « Yoyo, l’homme qui n’avait qu’une idée à la fois », juste avant de devenir génial par sa victoire aux législatives anticipées de 1997. Or, les ignares institutionnels qui s’autorisent de telles embardées de la raison n’ont pas même la décence de dire en ce cas qu’ils se sont trompé », non, c’est lui qui cachait bien son jeux.La réalité est plus prosaïque. C’est là la magie de la victoire, et cela s’applique aux nations comme aux individus. Dans tous les domaines de la vie publique, le vainqueur a toujours raison, et sa raison s’impose à tous. En vérité, la victoire de François Hollande n’est pas le produit de son seul « génie » personnel, pas plus que ne le furent celles de Jacques Chirac en 1995 et 2002 ou celle de Sarkozy en 2007. Le parcours de sélection et de qualification de François Hollande et sa victoire à l’élection présidentielle, procède avant tout « du système », c’est-à-dire des institutions, l’élection du président de la république au suffrage universel, le bipartisme et l’alternance. Les deux candidats officiellement investit par chacun des deux partis de l’alternance, accèdent illico au titre distinctif de candidats éligibles. Secrets de l’enflure médiatico-institutionnelle, la grenouille devient bœuf. Sa stature politique hypertrophiée devient plus grande que sa personnalité propre. C’est la fonction qui fait l’homme plus que l’inverse. Encore faut-il que « le matériau », cette argile que s’emploie à modeler Clio* ait les capacités et aptitudes nécessaires sans lesquelles la transcendance ne saurait se faire. C’est la mésaventure qui advînt avec le prédécesseur de François Hollande, le 6ème président de la cinquième qui n’a jamais réussit à endosser le costume.* La muse de l’histoire dans la mythologie grecque.

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