LE MALENCONTREUX ORAL DE L’ÉLÈVE SARKOZY

LE MALENCONTREUX ORAL DE L’ÉLÈVE SARKOZYLes commentaires des journalistes sont désolants. Tant ils ne veulent pas prendre parti, tant ils veulent paraitre équilibrés, ils finissent par être insipides, voire même imbuvables et en définitive inaudibles : « Ils ont tous les deux gagné, si l’un était bon en çà, l’autre était bon en ci et vise et versa, ils ont dominé tour à tour, il n’y a pas de gagnant, il n’y pas de perdant, etc. ». C’est exactement ce que l’on appelle parler pour ne rien dire, mais c’est surtout, l’air de n’y pas toucher, une méthode de perversion de la vérité.Nous avons nous un vrai ressenti, de vraies émotions, de ces choses que n’expriment jamais « la langue de bois » médiatique. Nous avons décidé de dire en termes précis, triviaux, même, si la vérité a quelque chose à y gagner, ce que nous a inspiré vraiment le débat du soir du 2 mai. Une fois n’est pas coutume nous nous attacherons moins au fond qu’à la formeLes traits creusés, la mine contrite, les yeux battus, le regard presque effaré, une douleur dans le dos entre les omoplates, des crampes dans les intestins. Sarkozy est mal à l’aise comme un élève médiocre à l’oral du bac. Et ça se voit. 21 heures 56, « Robocop » s’agite, roule des épaules à son insu. Il est enfoncé sur sa chaise, on devine qu’une sueur froide glisse le long de son échine, les fesses serrées et suintantes, a-t-il taché son siège ? La bouche pâteuse, la langue ankylosée et fourche à plusieurs reprises. Il bafouille. La terreur le tenaille et perturbe son élocution. Une fois, quelques instants on a même l’impression qu’il ne finira pas sa phrase. Il est comme l’animal traqué qui a peur de cette foudre qui va s’abattre sur lui. Alors, il fait le gros dos, se hérisse, sort les griffes, et souffle, triture les revers de sa veste, se passe nerveusement le doigt sous le nez, réflexe canin, retrousse sa « babine » supérieure. Il peste : mensonge, vous mentez, c’est un mensonge, cela revient tant, comme un leitmotiv que hollande finit par s’en amuser. Ça ira même plus loin, ça pourrait dégénérer en pugilat si François Hollande et les journalistes présents ne prenaient le parti de ne pas relever, À 23 h27 Sarkozy lâche en effet : « vous êtes un petit calomniateur en disant çà ». Et à 23heures 30, « Ponce-Pilate, s’exclame-t-il ! »Il devait scotcher Hollande, le débusquer de « son trou d’animal fuyant » avait-il laissé entendre à la cantonade. Mais c’est lui qui est acculé, sur la défensive. 22 heures 10. « Monsieur Hollande, je ne veux pas répondre à vos questions, je veux développer mon raisonnement. » 22 heures 16 « j’ai introduit « la pénibilité ! » Hollande : « non, l’invalidité » Sarkozy : « Quand on est invalide, c’est que le travail est pénible » !?!? – 22 heures 35. « Il est de la PPE ou il n’est pas de la PPE ? Répètes Hollande plusieurs fois, sur un ton impératif : « répondez à ma question ? ». Réponse de Sarkozy : « Je ne suis pas votre élève ». Il perd enfin la raison et son bon sens, quand il croit sur le nucléaire tenir un sujet encombrant pour son adversaire : « Nous n’avons pas de pétrole, nous n’avons pas de gaz, mais nous avons le nucléaire ». A-t-il donc oublié que nous n’avons pas d’Uranium non plus et qu’à l’instar de « Total » qui exploite le pétrole arabe et africain, « Areva » exploite l’uranium au Niger en Centre Afrique et au Gabon ? Seule différence notable, alors que l’on est tenu à quelques égards à l’endroit des pays producteurs de pétrole, on tient pour partie négligeables les « nations nègres » d’où on tire notre combustible nucléaire, tellement qu’on en oublie même leur existence et que l’on considère leur richesse comme la notre propre. Et puis la perle, celle qui mérite de figurer au « guestbook » de la bêtise, celle qui aurait dû provoquer un scandale, une pluie de réprobations et de critiques, et que pourtant personne n’a relevée, pas même les écologistes : « Fukushima, ça n’a pas été un problème de nucléaire, mais un problème de tsunami ».Voilà en peu de mots un compte rendu qui remet les choses bien à leur place. Marine Le Pen a dit le lendemain que Hollande avait dominé le débat et que Sarkozy s’était comporté en « challenger », « Libération » titrait, concis et percutant : « Hollande préside le débat », telle fut bien la réalité. Sarkozy fut lamentable, en dessous de tout. Seule la servilité obséquieuse des médias a permis que n’éclate cette vérité et de limiter, pour Sarkozy, les dégâts que devait logiquement produire sa malencontreuse prestation.

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